Programme de mathématiques BCPST2
Programmes de la classe préparatoire scientifique BCPST
Bulletin officiel n°26 du 1er juillet 2021 · NOR ESRS2108111A
Application en deuxième année depuis la rentrée 2022-2023
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En BCPST2, l’analyse s’étend aux séries et intégrales généralisées, l’algèbre devient plus structurée avec les espaces vectoriels et la diagonalisation, et les probabilités s’élargissent jusqu’aux densités, lois normales et théorèmes limites.
La BCPST2 prolonge le parti pris de première année : les mathématiques doivent fournir des outils utilisables dans des problèmes scientifiques, et la modélisation reste centrale. Le programme approfondit l’analyse et l’algèbre tout en donnant une place particulièrement importante aux probabilités et aux statistiques.
La progression proposée dans l’annexe n’impose pas un ordre chronologique strict. Plusieurs chapitres reprennent d’abord les acquis de BCPST1 avant de les étendre à un cadre plus général.
Les séries numériques sont introduites surtout pour permettre le développement des probabilités discrètes. Le programme traite les sommes partielles, les séries à termes positifs, les comparaisons, la convergence absolue ainsi que quelques séries de référence.
Les frontières sont très nettes : tout critère de convergence autre que ceux explicitement prévus est hors programme, l’étude générale des séries de Riemann n’est pas demandée et les séries semi-convergentes sont exclues. Les résultats généraux sur les restes ne constituent pas non plus un attendu. Hors des probabilités, l’utilisation des séries doit rester exceptionnelle et liée à une démarche de modélisation.
Les intégrales généralisées sont présentées de façon comparable : convergence, propriétés usuelles, intégration par parties, changement de variable et comparaisons. La terminologie générale de fonction intégrable n’est pas introduite, les intégrales semi-convergentes sont hors programme et les critères de convergence restent limités à ceux énoncés dans l’annexe.
La deuxième année ajoute des exemples d’équations différentielles autonomes du premier ordre de la forme y′ = F(y). Il ne s’agit pas de développer une théorie générale : le programme demande que les études soient entièrement guidées.
Les exemples privilégiés viennent de la biologie des populations ou de la cinétique chimique, avec notamment des modèles malthusien, logistique ou de Gompertz. La méthode d’Euler peut être mobilisée en lien avec l’informatique, mais doit être rappelée dans un énoncé lorsqu’elle est nécessaire.
Le polynôme devient en BCPST2 un objet formel à coefficients réels ou complexes. Racines, multiplicité et factorisation complexe sont étudiées ; le théorème de d’Alembert-Gauss est admis. En revanche, la division euclidienne des polynômes et la factorisation générale dans ℝ[X] sont hors programme.
Le programme introduit ensuite les espaces vectoriels généraux, alors que la première année s’était concentrée sur ℝⁿ ou ℂⁿ. Sont étudiés sous-espaces, familles libres et génératrices, bases, dimension, rang, applications linéaires, noyau, image, théorème du rang, matrices d’applications linéaires et changements de base.
Cette généralisation reste calibrée : la somme de sous-espaces vectoriels n’est pas au programme, l’étude des espaces de suites n’est pas attendue et les développements abstraits doivent rester brefs afin de laisser une place importante aux exemples.
La BCPST2 introduit valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres et spectre, puis la diagonalisation des endomorphismes et des matrices. Le critère utilisé repose notamment sur la somme des dimensions des sous-espaces propres ; une matrice de taille n ayant n valeurs propres distinctes est diagonalisable.
La rubrique ne développe pas la théorie du polynôme caractéristique. La notion de polynôme annulateur est explicitement hors programme. La réduction reste donc limitée à la diagonalisation et à des phénomènes simples, conformément au préambule officiel.
Le produit scalaire usuel dans ℝⁿ, les bases orthonormales et la projection orthogonale complètent cette partie. Les algorithmes d’orthonormalisation ne sont pas au programme. Le théorème spectral est formulé pour les matrices symétriques réelles : toute matrice symétrique réelle est diagonalisable dans une base orthonormale, résultat dont la démonstration n’est pas exigible.
Le cadre probabiliste devient beaucoup plus général. La notion de tribu, ou σ-algèbre, est introduite pour définir proprement les probabilités, mais le programme précise qu’aucune question sur les tribus ne doit être proposée dans une épreuve de mathématiques.
Les variables aléatoires discrètes peuvent désormais prendre une infinité dénombrable de valeurs. Les lois géométrique et de Poisson rejoignent les lois étudiées en première année. Les couples de variables discrètes permettent d’aborder lois conjointes et marginales, indépendance et covariance ; les séries doubles et l’espérance conditionnelle ne sont pas des attendus.
Les variables aléatoires à densité constituent un chapitre propre. Le programme traite densité, fonction de répartition, espérance, variance, transformations simples et lois uniforme, exponentielle et normale. Les sommes de variables à densité indépendantes sont également abordées ; la formule de convolution doit être rappelée lorsqu’elle est nécessaire, sans exiger la démonstration de la convergence de l’intégrale.
La fin du programme introduit la loi faible des grands nombres, la convergence en loi, l’approximation d’une loi binomiale par une loi de Poisson, puis le théorème central limite, admis sous deux formes. Le théorème de de Moivre-Laplace apparaît comme cas particulier lié à la loi binomiale.
Ces résultats débouchent sur une introduction aux tests statistiques, en particulier le test de conformité à la moyenne et le cas d’une proportion. Les notions générales de risques α ou β et de puissance d’un test sont explicitement hors programme. Le mécanisme et la simulation des tests peuvent être travaillés en lien avec l’informatique.
La deuxième année ne cherche pas à reproduire l’ampleur théorique des filières où les mathématiques occupent une place plus centrale. Elle sélectionne plutôt les outils les plus utiles à la modélisation scientifique : diagonalisation, projection et moindres carrés, séries et intégrales nécessaires aux probabilités, variables discrètes ou continues, lois usuelles et théorèmes limites.
La difficulté vient donc moins d’une théorie exhaustive que de la capacité à mobiliser correctement ces outils dans des situations variées, souvent liées aux sciences expérimentales.
Sources officielles
Pour vérifier une définition, une limite du programme ou le statut d’une démonstration, consultez l’annexe officielle ci-dessous.
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