Une option appliquée, mais avec un vrai socle mathématique
Le texte officiel couvre à la fois la première et la deuxième année d’ECG. Son point de départ mérite d’être souligné : le niveau de référence à l’entrée est celui de Terminale mathématiques complémentaires, et non celui de Terminale spécialité mathématiques. Le programme demande donc une progression accessible à des étudiants aux parcours de lycée différents, sans renoncer à la rigueur.
L’orientation est explicitement appliquée. Les outils mathématiques et informatiques doivent servir à résoudre des problèmes concrets issus notamment de l’économie, de la gestion et des sciences sociales. Probabilités, statistiques, optimisation et algorithmique occupent ainsi une place structurante.
Première année : matrices, graphes, analyse et probabilités
La première année est organisée en deux semestres. L’algèbre linéaire commence par le calcul : systèmes linéaires, matrices et espaces munis d’une base naturelle. L’espace vectoriel comme objet abstrait n’est pas au programme en première année.
La théorie des graphes constitue une spécificité importante de l’option. Elle permet de modéliser des réseaux, de travailler avec des matrices et de mettre en œuvre des algorithmes, notamment autour des chemins et des problèmes de plus court chemin.
L’analyse développe les méthodes usuelles sur les suites et les fonctions d’une variable, la dérivation, l’intégration et les équations différentielles linéaires à coefficients constants. Les développements asymptotiques trop fins sont volontairement reportés : les notions générales de négligeabilité et d’équivalence ainsi que les intégrales généralisées appartiennent à la deuxième année.
Les probabilités commencent dans un cadre fini puis s’étendent aux variables aléatoires réelles discrètes. Les outils informatiques accompagnent le programme toute l’année : simulation, calcul matriciel, approximation numérique, statistiques descriptives et manipulation de données.
Deuxième année : diagonalisation et systèmes différentiels
La deuxième année généralise l’algèbre linéaire aux espaces vectoriels réels de dimension finie, aux applications linéaires, aux changements de base et aux matrices semblables. Elle introduit ensuite valeurs propres, spectre et matrices diagonalisables.
Le programme reste mesuré sur la réduction. Un polynôme annulateur peut être utilisé pour repérer des valeurs propres, mais aucune connaissance supplémentaire sur les polynômes annulateurs n’est exigible. L’objectif est surtout de savoir diagonaliser dans des situations adaptées et d’exploiter cette diagonalisation.
Ces outils sont appliqués aux puissances de matrices, aux suites récurrentes linéaires, aux systèmes différentiels linéaires à coefficients constants et, plus tard, aux chaînes de Markov. L’exponentielle de matrice n’est pas au programme.
Compléments d’analyse et fonctions de deux variables
Les comparaisons de suites et de fonctions deviennent plus précises en deuxième année avec les notations de négligeabilité et d’équivalence. Les séries sont approfondies et les intégrales généralisées sont introduites.
Le quatrième semestre ajoute les fonctions de deux variables : continuité sur ℝ², dérivées partielles, gradient, dérivées secondes et recherche d’extrema. Cette partie fournit les outils d’optimisation nécessaires à de nombreux modèles économiques.
Le programme privilégie là encore l’efficacité et l’interprétation. Les situations inutilement pathologiques ou les raffinements théoriques sans usage dans la filière ne sont pas l’objectif de la formation.
Probabilités, chaînes de Markov et statistiques
En deuxième année, les probabilités prennent une place encore plus importante. Le programme étudie les couples de variables aléatoires discrètes, puis les variables aléatoires à densité et les lois continues usuelles.
Les chaînes de Markov apparaissent à la fois comme objet probabiliste, comme application du calcul matriciel et comme thème informatique. Cette articulation entre probabilités, matrices et algorithmique est l’un des marqueurs les plus nets des mathématiques appliquées ECG.
La statistique passe aussi de la description à l’inférence : statistiques bivariées, estimation ponctuelle et estimation par intervalle de confiance. Les simulations et l’analyse de données font partie intégrante de l’apprentissage.
Ce qui distingue les mathématiques appliquées en ECG
L’option ne signifie pas « moins de mathématiques », mais un choix différent de contenus et de priorités. Elle donne une place particulièrement visible aux graphes, aux données, aux probabilités, aux statistiques, aux chaînes de Markov et à l’informatique, tout en construisant les outils d’analyse et d’algèbre linéaire nécessaires à leur utilisation.
Par rapport aux mathématiques approfondies, la théorie algébrique est moins développée et le calcul à plusieurs variables est plus ciblé, tandis que les applications, la modélisation et l’usage régulier de Python occupent une place encore plus structurante.