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Corrigé détaillé · MP

Le calcul différentiel discret

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Correction en ligne

Solution détaillée et rédaction

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La convention du sujet est la différence en avant de pas 11 : ΔP(X)=P(X+1)P(X)\Delta P(X)=P(X+1)-P(X). Toutes les formules ci-dessous utilisent cette convention.

I — Une dérivée sans limite ?

  1. On obtient
Δ1=0,\Delta 1=0, ΔX=1,\Delta X=1, ΔX2=2X+1,\Delta X^2=2X+1,

et

ΔX3=3X2+3X+1.\Delta X^3=3X^2+3X+1.

Comme la dérivation usuelle, Δ\Delta annule les constantes et abaisse ici le degré d'une unité. Mais les termes de degré inférieur ne disparaissent pas : par exemple (X2)=2X(X^2)'=2X tandis que ΔX2=2X+1\Delta X^2=2X+1.

(a) Pour λ,μR\lambda,\mu\in\mathbb R et P,QR[X]P,Q\in\mathbb R[X],

Δ(λP+μQ)(X)=(λP+μQ)(X+1)(λP+μQ)(X)=λ(P(X+1)P(X))+μ(Q(X+1)Q(X)).\begin{aligned} \Delta(\lambda P+\mu Q)(X) &=(\lambda P+\mu Q)(X+1)-(\lambda P+\mu Q)(X)\\ &=\lambda\bigl(P(X+1)-P(X)\bigr) +\mu\bigl(Q(X+1)-Q(X)\bigr). \end{aligned}

Ainsi

Δ(λP+μQ)=λΔP+μΔQ.\Delta(\lambda P+\mu Q)=\lambda\Delta P+\mu\Delta Q.

Donc Δ\Delta est linéaire.

(b) Écrivons

P(X)=adXd+termes de degreˊ infeˊrieur,ad0.P(X)=a_dX^d+\text{termes de degré inférieur}, \qquad a_d\neq0.

Alors

P(X+1)P(X)=ad((X+1)dXd)+R(X),P(X+1)-P(X) =a_d\bigl((X+1)^d-X^d\bigr)+R(X),

R=0R=0 si d=1d=1, et degRd2\deg R\leqslant d-2 si d2d\geqslant2. Or, par la formule du binôme,

(X+1)dXd=dXd1+termes de degreˊ au plus d2.(X+1)^d-X^d=dX^{d-1}+\text{termes de degré au plus }d-2.

Par conséquent

deg(ΔP)=d1\boxed{\deg(\Delta P)=d-1}

et le coefficient dominant de ΔP\Delta P vaut

dad.\boxed{d\,a_d}.

(c) Toutes les constantes appartiennent à kerΔ\ker\Delta. Réciproquement, si PP n'est pas constant, alors deg(ΔP)=degP1\deg(\Delta P)=\deg P-1, donc ΔP0\Delta P\neq0. Ainsi

kerΔ=R.\boxed{\ker\Delta=\mathbb R}.

(a) On écrit

P(X+1)=P(X)+ΔP(X),Q(X+1)=Q(X)+ΔQ(X).P(X+1)=P(X)+\Delta P(X), \qquad Q(X+1)=Q(X)+\Delta Q(X).

Donc

Δ(PQ)=P(X+1)Q(X+1)P(X)Q(X)=(P+ΔP)(Q+ΔQ)PQ=PΔQ+QΔP+(ΔP)(ΔQ).\begin{aligned} \Delta(PQ) &=P(X+1)Q(X+1)-P(X)Q(X)\\ &=(P+\Delta P)(Q+\Delta Q)-PQ\\ &=P\,\Delta Q+Q\,\Delta P+(\Delta P)(\Delta Q). \end{aligned}

Ainsi

Δ(PQ)=PΔQ+QΔP+(ΔP)(ΔQ).\boxed{\Delta(PQ)=P\,\Delta Q+Q\,\Delta P+(\Delta P)(\Delta Q)}.

(b) En ajoutant et retranchant P(X+1)Q(X)P(X+1)Q(X),

Δ(PQ)=P(X+1)(Q(X+1)Q(X))+Q(X)(P(X+1)P(X)),\begin{aligned} \Delta(PQ) &=P(X+1)\bigl(Q(X+1)-Q(X)\bigr)\\ &\quad+Q(X)\bigl(P(X+1)-P(X)\bigr), \end{aligned}

d'où

Δ(PQ)=P(X+1)ΔQ+QΔP.\boxed{\Delta(PQ)=P(X+1)\,\Delta Q+Q\,\Delta P}.

Une formule symétrique s'obtient en échangeant PP et QQ :

Δ(PQ)=PΔQ+Q(X+1)ΔP.\Delta(PQ)=P\,\Delta Q+Q(X+1)\,\Delta P.

Il existe donc bien une règle de produit, mais Δ\Delta n'est pas une dérivation au sens algébrique : la règle de Leibniz usuelle doit être corrigée par le terme (ΔP)(ΔQ)(\Delta P)(\Delta Q), ou bien par un décalage d'un des facteurs.

(a) Si PEnP\in E_n, alors ΔPEn1\Delta P\in E_{n-1} lorsque PP est non constant, et ΔP=0\Delta P=0 lorsqu'il est constant. Donc Δ(En)En\Delta(E_n)\subset E_n. Avec la linéarité de la question 2, Δ\Delta induit bien un endomorphisme de EnE_n.

(b) Pour n1n\geqslant1, le noyau de la restriction de Δ\Delta à EnE_n est l'espace des constantes, de dimension 11. Le théorème du rang donne donc

dimImΔ=(n+1)1=n.\dim\operatorname{Im}\Delta=(n+1)-1=n.

Or ImΔEn1\operatorname{Im}\Delta\subset E_{n-1} et dimEn1=n\dim E_{n-1}=n. Par conséquent

ImΔ=En1.\boxed{\operatorname{Im}\Delta=E_{n-1}}.

(c) Chaque application de Δ\Delta abaisse d'au moins une unité le degré d'un polynôme non constant. Ainsi

Δn+1=0sur En.\boxed{\Delta^{n+1}=0\quad\text{sur }E_n}.

Si le coefficient de XnX^n dans PP est ana_n, les coefficients dominants sont multipliés successivement par

n, n1,,1.n,\ n-1,\ldots,1.

On obtient donc

ΔnP=n!an.\boxed{\Delta^nP=n!\,a_n}.

II — Les bons monômes du monde discret

(a) Pour k=0k=0, B0=1B_0=1. Pour k1k\geqslant1, le numérateur de BkB_k est un produit de kk polynômes unitaires de degré 11. Ainsi

degBk=k\deg B_k=k

et son coefficient dominant vaut

1k!.\frac1{k!}.

(b) Les polynômes B0,,BnB_0,\ldots,B_n ont des degrés deux à deux distincts, donc la famille est libre. Elle comporte n+1n+1 éléments dans EnE_n, qui est de dimension n+1n+1. Ainsi

(B0,,Bn) est une base de En.\boxed{(B_0,\ldots,B_n)\text{ est une base de }E_n}.

(a) On a

ΔB0=0,ΔB1=1=B0.\Delta B_0=0, \qquad \Delta B_1=1=B_0.

De plus,

B2(X)=X(X1)2,B_2(X)=\frac{X(X-1)}2,

donc

ΔB2(X)=(X+1)XX(X1)2=X=B1(X).\Delta B_2(X) =\frac{(X+1)X-X(X-1)}2 =X=B_1(X).

Enfin,

B3(X)=X(X1)(X2)6,B_3(X)=\frac{X(X-1)(X-2)}6,

et

ΔB3(X)=(X+1)X(X1)X(X1)(X2)6=X(X1)6((X+1)(X2))=X(X1)2=B2(X).\begin{aligned} \Delta B_3(X) &=\frac{(X+1)X(X-1)-X(X-1)(X-2)}6\\ &=\frac{X(X-1)}6\bigl((X+1)-(X-2)\bigr)\\ &=\frac{X(X-1)}2 =B_2(X). \end{aligned}

La régularité suggère que Δ\Delta décale l'indice d'une unité vers le bas.

(b) Pour k1k\geqslant1,

Bk(X+1)Bk(X)=(X+1)X(Xk+2)X(X1)(Xk+1)k!=X(X1)(Xk+2)k!((X+1)(Xk+1))=kX(X1)(Xk+2)k!=Bk1(X).\begin{aligned} B_k(X+1)-B_k(X) &=\frac{(X+1)X\cdots(X-k+2)-X(X-1)\cdots(X-k+1)}{k!}\\ &=\frac{X(X-1)\cdots(X-k+2)}{k!} \bigl((X+1)-(X-k+1)\bigr)\\ &=\frac{k\,X(X-1)\cdots(X-k+2)}{k!}\\ &=B_{k-1}(X). \end{aligned}

Donc

ΔBk=Bk1(k1),\boxed{\Delta B_k=B_{k-1}\quad(k\geqslant1)},

avec ΔB0=0\Delta B_0=0.

(a) Si jkj\leqslant k, on applique jj fois la relation précédente :

ΔjBk=Bkj.\Delta^jB_k=B_{k-j}.

Si j>kj>k, après kk différences on obtient B0B_0, puis la différence suivante est nulle. Ainsi

ΔjBk={Bkj,jk,0,j>k.\boxed{ \Delta^jB_k= \begin{cases} B_{k-j},&j\leqslant k,\\ 0,&j>k. \end{cases}}

Cette formule contient bien le cas j=0j=0.

(b) Dans la base (B0,B1,,Bn)(B_0,B_1,\ldots,B_n),

ΔB0=0,ΔB1=B0,,ΔBn=Bn1.\Delta B_0=0,\quad \Delta B_1=B_0,\quad\ldots,\quad \Delta B_n=B_{n-1}.

Donc

Mat(Δ)=(010000100001000).\operatorname{Mat}(\Delta)= \begin{pmatrix} 0&1&0&\cdots&0\\ 0&0&1&\ddots&\vdots\\ \vdots&\ddots&\ddots&\ddots&0\\ 0&\cdots&0&0&1\\ 0&\cdots&\cdots&0&0 \end{pmatrix}.

(c) Si Ck=Xk/k!C_k=X^k/k!, alors pour k1k\geqslant1,

Ck=Ck1,C_k'=C_{k-1},

et C0=0C_0'=0. La dérivation dans la base (C0,,Cn)(C_0,\ldots,C_n) a donc exactement la même matrice. C'est le parallèle structurel précis entre les deux opérateurs.

  1. La relation de la question 6 s'écrit
Bk(X+1)Bk(X)=Bk1(X),B_k(X+1)-B_k(X)=B_{k-1}(X),

donc

Bk(X+1)=Bk(X)+Bk1(X).\boxed{B_k(X+1)=B_k(X)+B_{k-1}(X)}.

Pour mNm\in\mathbb N, on obtient

(m+1k)=(mk)+(mk1),\binom{m+1}{k} = \binom{m}{k} + \binom{m}{k-1},

c'est-à-dire la relation de Pascal.

III — Une formule de Taylor sur une grille

(a) On a

Δ2f(x)=Δf(x+1)Δf(x)=f(x+2)2f(x+1)+f(x).\Delta^2f(x) =\Delta f(x+1)-\Delta f(x) =f(x+2)-2f(x+1)+f(x).

Puis

Δ3f(x)=Δ2f(x+1)Δ2f(x)=f(x+3)3f(x+2)+3f(x+1)f(x).\begin{aligned} \Delta^3f(x) &=\Delta^2f(x+1)-\Delta^2f(x)\\ &=f(x+3)-3f(x+2)+3f(x+1)-f(x). \end{aligned}

(b) Les coefficients sont les coefficients binomiaux, avec des signes alternés. On conjecture

Δkf(x)=j=0k(1)kj(kj)f(x+j).\boxed{ \Delta^kf(x) = \sum_{j=0}^{k} (-1)^{k-j}\binom{k}{j}f(x+j)}.

Pour k=0k=0, le membre de droite vaut bien f(x)f(x).

(c) Supposons la formule vraie à l'ordre kk. Alors

Δk+1f(x)=Δkf(x+1)Δkf(x)=j=0k(1)kj(kj)f(x+j+1)j=0k(1)kj(kj)f(x+j).\begin{aligned} \Delta^{k+1}f(x) &=\Delta^kf(x+1)-\Delta^kf(x)\\ &=\sum_{j=0}^{k}(-1)^{k-j}\binom{k}{j}f(x+j+1) -\sum_{j=0}^{k}(-1)^{k-j}\binom{k}{j}f(x+j). \end{aligned}

Dans la première somme, on pose r=j+1r=j+1. Pour 1rk1\leqslant r\leqslant k, le coefficient de f(x+r)f(x+r) devient

(1)kr+1(kr1)(1)kr(kr)=(1)k+1r(k+1r),(-1)^{k-r+1}\binom{k}{r-1} -(-1)^{k-r}\binom{k}{r} = (-1)^{k+1-r}\binom{k+1}{r},

par la relation de Pascal. Les deux termes extrêmes ont également les coefficients attendus. On obtient donc la formule à l'ordre k+1k+1.

(a) Partons de

P=k=0nakBk.P=\sum_{k=0}^{n}a_kB_k.

Pour j{0,,n}j\in\{0,\ldots,n\},

ΔjP=k=jnakBkj.\Delta^jP = \sum_{k=j}^{n}a_kB_{k-j}.

En X=0X=0, on a B0(0)=1B_0(0)=1 et Br(0)=0B_r(0)=0 pour r1r\geqslant1. Il reste donc uniquement le terme k=jk=j :

ΔjP(0)=aj.\boxed{\Delta^jP(0)=a_j}.

(b) Les coordonnées de PP dans la base (B0,,Bn)(B_0,\ldots,B_n) sont donc

aj=ΔjP(0).a_j=\Delta^jP(0).

La formule de reconstruction est

P(X)=k=0nΔkP(0)Bk(X).\boxed{ P(X)=\sum_{k=0}^{n}\Delta^kP(0)\,B_k(X)}.

C'est la formule de Newton discrète dans ce cadre.

(c) La formule de Taylor polynomiale en 00 s'écrit

P(X)=k=0nP(k)(0)k!Xk.P(X)=\sum_{k=0}^{n}\frac{P^{(k)}(0)}{k!}X^k.

Dans le calcul continu, les polynômes Xk/k!X^k/k! satisfont

(Xkk!)=Xk1(k1)!.\left(\frac{X^k}{k!}\right)'=\frac{X^{k-1}}{(k-1)!}.

Dans le calcul discret, les BkB_k satisfont

ΔBk=Bk1.\Delta B_k=B_{k-1}.

Les BkB_k jouent donc le rôle des monômes divisés adaptés à Δ\Delta, et les dérivées successives en 00 sont remplacées par les différences successives en 00.

(a) La question 9 donne, en x=0x=0,

ΔkP(0)=j=0k(1)kj(kj)P(j).\boxed{ \Delta^kP(0) = \sum_{j=0}^{k} (-1)^{k-j}\binom{k}{j}P(j)}.

Ainsi chaque coordonnée de PP dans la base (Bk)(B_k) dépend uniquement des valeurs P(0),,P(k)P(0),\ldots,P(k).

En substituant dans la formule de Newton, on peut aussi écrire

P(X)=k=0n(j=0k(1)kj(kj)P(j))Bk(X).P(X)= \sum_{k=0}^{n} \left( \sum_{j=0}^{k} (-1)^{k-j}\binom{k}{j}P(j) \right)B_k(X).

(b) Les valeurs P(0),,P(n)P(0),\ldots,P(n) déterminent donc toutes les coordonnées de PP dans la base (B0,,Bn)(B_0,\ldots,B_n), donc déterminent PP lui-même.

On retrouve ici, pour les nœuds équidistants 0,1,,n0,1,\ldots,n, une autre forme de l'unicité connue par l'interpolation de Lagrange.

(a) La table des différences en avant est

j0123P(j)23823ΔP(j)1515Δ2P(j)410Δ3P(j)6\begin{array}{c|cccc} j&0&1&2&3\\ \hline P(j)&2&3&8&23\\ \Delta P(j)&1&5&15&\\ \Delta^2P(j)&4&10&&\\ \Delta^3P(j)&6&&& \end{array}

Ainsi

P(0)=2,ΔP(0)=1,Δ2P(0)=4,Δ3P(0)=6.P(0)=2,\qquad \Delta P(0)=1,\qquad \Delta^2P(0)=4,\qquad \Delta^3P(0)=6.

(b) La formule de Newton donne

P=2B0+B1+4B2+6B3.P=2B_0+B_1+4B_2+6B_3.

Or

B1=X,B2=X(X1)2,B3=X(X1)(X2)6.B_1=X,\qquad B_2=\frac{X(X-1)}2,\qquad B_3=\frac{X(X-1)(X-2)}6.

Donc

P(X)=2+X+2X(X1)+X(X1)(X2)=X3X2+X+2.\begin{aligned} P(X) &=2+X+2X(X-1)+X(X-1)(X-2)\\ &=X^3-X^2+X+2. \end{aligned}

IV — Primitives discrètes et sommes exactes

(a) Si

P=k=0nakBk,P=\sum_{k=0}^{n}a_kB_k,

alors, puisque ΔBk+1=Bk\Delta B_{k+1}=B_k,

Q=k=0nakBk+1Q=\sum_{k=0}^{n}a_kB_{k+1}

vérifie ΔQ=P\Delta Q=P. Plus généralement,

Q=C+k=0nakBk+1\boxed{ Q=C+\sum_{k=0}^{n}a_kB_{k+1}}

est une primitive discrète pour tout CRC\in\mathbb R.

(b) Si Q1Q_1 et Q2Q_2 sont deux primitives discrètes de PP, alors

Δ(Q1Q2)=0.\Delta(Q_1-Q_2)=0.

Donc Q1Q2Q_1-Q_2 est constant.

(c) Soit PP non nul de degré dd et de coefficient dominant aa. Si QQ est une primitive discrète de degré rr, alors

deg(ΔQ)=r1.\deg(\Delta Q)=r-1.

Comme ΔQ=P\Delta Q=P, on a r=d+1r=d+1. Si bb est le coefficient dominant de QQ, alors le coefficient dominant de ΔQ\Delta Q vaut (d+1)b(d+1)b. Ainsi

(d+1)b=a,(d+1)b=a,

donc

b=ad+1.\boxed{b=\frac{a}{d+1}}.

(a) Pour tout entier mm,

P(m)=Q(m+1)Q(m).P(m)=Q(m+1)-Q(m).

Par télescopage,

m=ab1P(m)=m=ab1(Q(m+1)Q(m))=Q(b)Q(a).\begin{aligned} \sum_{m=a}^{b-1}P(m) &=\sum_{m=a}^{b-1}\bigl(Q(m+1)-Q(m)\bigr)\\ &=Q(b)-Q(a). \end{aligned}

Donc

m=ab1P(m)=Q(b)Q(a).\boxed{ \sum_{m=a}^{b-1}P(m)=Q(b)-Q(a)}.

(b) Pour une primitive usuelle FF de ff,

abf(x)dx=F(b)F(a).\int_a^b f(x)\,dx=F(b)-F(a).

La somme finie joue ici le rôle de l'intégrale, tandis que ΔQ=P\Delta Q=P joue le rôle de Q=PQ'=P.

  1. Comme ΔBk+1=Bk\Delta B_{k+1}=B_k, le polynôme Bk+1B_{k+1} est une primitive discrète de BkB_k. La question 14 donne donc
m=0n1Bk(m)=Bk+1(n)Bk+1(0).\sum_{m=0}^{n-1}B_k(m) = B_{k+1}(n)-B_{k+1}(0).

Or Bk+1(0)=0B_{k+1}(0)=0. Ainsi

m=0n1Bk(m)=Bk+1(n)=(nk+1).\boxed{ \sum_{m=0}^{n-1}B_k(m) = B_{k+1}(n) = \binom{n}{k+1}}.

Le cas n=0n=0 est cohérent : la somme vide vaut 00.

(a) Pour P=XP=X,

P(0)=0,ΔP(0)=1,P(0)=0,\qquad \Delta P(0)=1,

d'où

X=B1.\boxed{X=B_1}.

Pour P=X2P=X^2,

ΔP=2X+1,Δ2P=2,\Delta P=2X+1,\qquad \Delta^2P=2,

donc

X2=B1+2B2.\boxed{X^2=B_1+2B_2}.

Pour P=X3P=X^3,

ΔP=3X2+3X+1,\Delta P=3X^2+3X+1, Δ2P=6X+6,\Delta^2P=6X+6,

et

Δ3P=6.\Delta^3P=6.

Ainsi

X3=B1+6B2+6B3.\boxed{X^3=B_1+6B_2+6B_3}.

(b) En utilisant la question 15,

m=0n1m=B2(n)=n(n1)2.\sum_{m=0}^{n-1}m = B_2(n) = \boxed{\frac{n(n-1)}2}.

Ensuite,

m=0n1m2=B2(n)+2B3(n)=n(n1)2+n(n1)(n2)3=n(n1)(2n1)6.\begin{aligned} \sum_{m=0}^{n-1}m^2 &=B_2(n)+2B_3(n)\\ &=\frac{n(n-1)}2+\frac{n(n-1)(n-2)}3\\ &=\boxed{\frac{n(n-1)(2n-1)}6}. \end{aligned}

Enfin,

m=0n1m3=B2(n)+6B3(n)+6B4(n)=n2(n1)24.\begin{aligned} \sum_{m=0}^{n-1}m^3 &=B_2(n)+6B_3(n)+6B_4(n)\\ &=\boxed{\frac{n^2(n-1)^2}{4}}. \end{aligned}
  1. D'après la question 13, PP possède une primitive discrète QQ. Choisissons-la de sorte que Q(0)=0Q(0)=0. Alors, pour tout nNn\in\mathbb N,
m=0n1P(m)=Q(n).\sum_{m=0}^{n-1}P(m)=Q(n).

La fonction considérée coïncide donc sur N\mathbb N avec le polynôme QQ. Si PP est de degré dd et de coefficient dominant aa, alors QQ est de degré d+1d+1 et de coefficient dominant

ad+1.\boxed{\frac{a}{d+1}}.

(a) Si un=P(n)u_n=P(n) avec degPd\deg P\leqslant d, alors

(Δu)n=(ΔP)(n).(\Delta u)_n=(\Delta P)(n).

Par récurrence,

(Δku)n=(ΔkP)(n).(\Delta^ku)_n=(\Delta^kP)(n).

Or Δd+1P=0\Delta^{d+1}P=0. Donc

Δd+1u=0.\boxed{\Delta^{d+1}u=0}.

(b) La formule de reconstruction de la partie III suggère de poser

R(X)=k=0d(Δku)0Bk(X).R(X)=\sum_{k=0}^{d}(\Delta^ku)_0\,B_k(X).

Alors RRd[X]R\in\mathbb R_d[X] et, pour tout j{0,,d}j\in\{0,\ldots,d\},

ΔjR(0)=(Δju)0.\Delta^jR(0)=(\Delta^ju)_0.

Posons

vn=unR(n).v_n=u_n-R(n).

On a donc

(Δjv)0=0(\Delta^jv)_0=0

pour 0jd0\leqslant j\leqslant d. De plus,

Δd+1v=0,\Delta^{d+1}v=0,

car Δd+1u=0\Delta^{d+1}u=0 par hypothèse et Δd+1R=0\Delta^{d+1}R=0.

La suite Δdv\Delta^dv a donc une différence nulle : elle est constante. Comme son premier terme vaut 00, on obtient

Δdv=0.\Delta^dv=0.

Alors Δd1v\Delta^{d-1}v est constante et son premier terme vaut encore 00, donc

Δd1v=0.\Delta^{d-1}v=0.

En répétant l'argument, on descend jusqu'à

v=0.v=0.

Ainsi, pour tout nNn\in\mathbb N,

un=R(n).u_n=R(n).

(c) On a finalement

Δd+1u=0PRd[X], nN, un=P(n).\boxed{ \Delta^{d+1}u=0 \quad\Longleftrightarrow\quad \exists P\in\mathbb R_d[X],\ \forall n\in\mathbb N,\ u_n=P(n)}.

Cette équivalence résume l'architecture du devoir : dans la base (Bk)(B_k), l'opérateur Δ\Delta devient un décalage ; la formule de Newton reconstruit un polynôme à partir de ses différences initiales ; et l'inversion de Δ\Delta transforme les sommes en primitives discrètes.

Sources

[SOURCE] Programme officiel de mathématiques de MPSI, Ministère de l'Éducation nationale : polynômes, formule de Taylor polynomiale, interpolation de Lagrange, espaces vectoriels, applications linéaires, sommes et coefficients binomiaux. Lien direct

[SOURCE] Isaac Newton, Analysis per quantitatum series, fluxiones, ac differentias (Londres, 1711), volume contenant la Methodus differentialis. Notice et exemplaire numérisé de la Library of Congress. Lien direct

[SOURCE] Duncan C. Fraser, « Newton's Interpolation Formulas », Journal of the Institute of Actuaries, vol. 51, no 2, octobre 1918, p. 77-106, DOI 10.1017/S0020268100028407. Étude historique des textes de Newton sur l'interpolation par différences finies. Lien direct

[SOURCE] Charles Jordan, Calculus of Finite Differences, 3e éd., AMS Chelsea Publishing, 1965. Référence classique sur les opérateurs de différence, l'interpolation et la sommation discrète. Lien direct