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Corrigé détaillé · MP / MPI

Différences finies, base adaptée et formule de Newton · Polynômes · Algèbre linéaire · Coefficients binomiaux · Suites et sommes finies

Le calcul différentiel discret

Après avoir cherché le sujet, comparez votre démarche avec cette correction et repérez les écarts de méthode, de précision ou de rédaction.

I — Un opérateur qui abaisse le degré

  1. On obtient
Δ1=0,ΔX=1,\Delta 1=0, \qquad \Delta X=1, ΔX2=(X+1)2−X2=2X+1,\Delta X^2=(X+1)^2-X^2=2X+1,

et

ΔX3=(X+1)3−X3=3X2+3X+1.\Delta X^3=(X+1)^3-X^3=3X^2+3X+1.

Comme la dérivation usuelle, Δ\Delta annule les constantes et abaisse le degré des polynômes non constants d’une unité. En revanche, des termes de degré inférieur subsistent : par exemple

(X2)′=2Xalors queΔX2=2X+1.(X^2)'=2X \qquad\text{alors que}\qquad \Delta X^2=2X+1.
  1. Pour λ,μ∈R\lambda,\mu\in\mathbb R et P,Q∈R[X]P,Q\in\mathbb R[X],
Δ(λP+μQ)(X)=(λP+μQ)(X+1)−(λP+μQ)(X)=λΔP(X)+μΔQ(X).\begin{aligned} \Delta(\lambda P+\mu Q)(X) &=(\lambda P+\mu Q)(X+1)-(\lambda P+\mu Q)(X)\\ &=\lambda\Delta P(X)+\mu\Delta Q(X). \end{aligned}

De plus ΔP\Delta P est encore un polynôme. Ainsi Δ\Delta est un endomorphisme de R[X]\mathbb R[X].

Soit maintenant

P(X)=adXd+termes de degreˊ infeˊrieur,d⩾1,ad≠0.P(X)=a_dX^d+\text{termes de degré inférieur}, \qquad d\geqslant1, \qquad a_d\neq0.

La formule du binôme donne

(X+1)d−Xd=dXd−1+termes de degreˊ au plus d−2.(X+1)^d-X^d=dX^{d-1}+\text{termes de degré au plus }d-2.

Les termes de degré inférieur de PP ne peuvent pas contribuer au coefficient de Xd−1X^{d-1} dans ΔP\Delta P. Par conséquent

deg⁡(ΔP)=d−1\boxed{\deg(\Delta P)=d-1}

et le coefficient dominant de ΔP\Delta P vaut

d ad.\boxed{d\,a_d}.

Toutes les constantes appartiennent à ker⁡Δ\ker\Delta. Réciproquement, si PP n’est pas constant, alors ΔP\Delta P a degré deg⁡P−1\deg P-1 et n’est donc pas nul. Ainsi

ker⁡Δ=R.\boxed{\ker\Delta=\mathbb R}.
  1. Si P∈EnP\in E_n, alors ΔP∈En\Delta P\in E_n ; la restriction de Δ\Delta à EnE_n est donc un endomorphisme.

Chaque application de Δ\Delta abaisse exactement d’une unité le degré tant que le polynôme obtenu n’est pas constant. Il en résulte que

Δn+1=0sur En.\Delta^{n+1}=0 \quad\text{sur }E_n.

En revanche,

Δn(Xn)=n!≠0,\Delta^n(X^n)=n!\neq0,

puisque les coefficients dominants sont successivement multipliés par

n,n−1,…,1.n,n-1,\ldots,1.

L’indice de nilpotence de Δ\Delta sur EnE_n est donc

n+1.\boxed{n+1}.

Plus précisément, pour 0⩽k⩽n+10\leqslant k\leqslant n+1, un polynôme P∈EnP\in E_n vérifie ΔkP=0\Delta^kP=0 si et seulement si deg⁡P<k\deg P<k — avec le cas P=0P=0 inclus. Ainsi, avec la convention E−1={0}E_{-1}=\{0\},

ker⁡(Δk)=Ek−1.\boxed{\ker(\Delta^k)=E_{k-1}.}

Le théorème du rang donne alors

dim⁡Im⁡(Δk)=(n+1)−k.\dim\operatorname{Im}(\Delta^k) =(n+1)-k.

Par ailleurs, Δk\Delta^k abaisse le degré d’au plus kk, donc

Im⁡(Δk)⊂En−k.\operatorname{Im}(\Delta^k)\subset E_{n-k}.

Pour 0⩽k⩽n0\leqslant k\leqslant n, les deux espaces ont la même dimension n−k+1n-k+1, d’où

Im⁡(Δk)=En−k.\operatorname{Im}(\Delta^k)=E_{n-k}.

Pour k=n+1k=n+1, l’image est nulle, ce qui correspond encore à la convention E−1={0}E_{-1}=\{0\}. Finalement,

Im⁡(Δk)=En−k(0⩽k⩽n+1).\boxed{\operatorname{Im}(\Delta^k)=E_{n-k} \qquad(0\leqslant k\leqslant n+1).}

Enfin, si le coefficient de XnX^n dans PP est ana_n, alors après nn différences tous les termes de degré inférieur à nn ont disparu, tandis que le terme dominant fournit

ΔnP=n! an.\boxed{\Delta^nP=n!\,a_n.}

II — Une base adaptée aux différences finies

  1. Pour k⩾1k\geqslant1, le polynôme BkB_k est de degré kk et de coefficient dominant 1/k!1/k!. Les polynômes
B0,B1,…,BnB_0,B_1,\ldots,B_n

ont donc des degrés deux à deux distincts : ils sont linéairement indépendants. Comme EnE_n est de dimension n+1n+1,

(B0,…,Bn) est une base de En.\boxed{(B_0,\ldots,B_n)\text{ est une base de }E_n.}

Pour k⩾1k\geqslant1,

Bk(X+1)−Bk(X)=(X+1)X⋯(X−k+2)−X(X−1)⋯(X−k+1)k!=X(X−1)⋯(X−k+2)k!((X+1)−(X−k+1))=X(X−1)⋯(X−k+2)(k−1)!.\begin{aligned} B_k(X+1)-B_k(X) &=\frac{(X+1)X\cdots(X-k+2)-X(X-1)\cdots(X-k+1)}{k!}\\ &=\frac{X(X-1)\cdots(X-k+2)}{k!} \bigl((X+1)-(X-k+1)\bigr)\\ &=\frac{X(X-1)\cdots(X-k+2)}{(k-1)!}. \end{aligned}

Ainsi

ΔBk=Bk−1(k⩾1),\boxed{\Delta B_k=B_{k-1}\quad(k\geqslant1),}

et ΔB0=0\Delta B_0=0.

La relation précédente se réécrit

Bk(X+1)=Bk(X)+Bk−1(X).B_k(X+1)=B_k(X)+B_{k-1}(X).

En X=m∈NX=m\in\mathbb N, elle devient

(m+1k)=(mk)+(mk−1),\boxed{ \binom{m+1}{k} = \binom{m}{k} + \binom{m}{k-1}},

qui est la relation de Pascal.

  1. Dans la base (B0,…,Bn)(B_0,\ldots,B_n),
ΔB0=0,ΔB1=B0,…,ΔBn=Bn−1.\Delta B_0=0,\qquad \Delta B_1=B_0,\qquad\ldots,\qquad \Delta B_n=B_{n-1}.

La matrice de Δ\Delta est donc

Mat⁡(Δ)=(010⋯0001⋱⋮⋮⋱⋱⋱00⋯0010⋯⋯00).\boxed{ \operatorname{Mat}(\Delta)= \begin{pmatrix} 0&1&0&\cdots&0\\ 0&0&1&\ddots&\vdots\\ \vdots&\ddots&\ddots&\ddots&0\\ 0&\cdots&0&0&1\\ 0&\cdots&\cdots&0&0 \end{pmatrix}.}

Si l’on pose

Ck=Xkk!,C_k=\frac{X^k}{k!},

alors

C0′=0,Ck′=Ck−1(k⩾1).C_0'=0, \qquad C_k'=C_{k-1}\quad(k\geqslant1).

La dérivation possède donc exactement la même matrice dans la base (C0,…,Cn)(C_0,\ldots,C_n).

Cette matrice rend immédiatement visibles les résultats de la question 3 : sa puissance kk décale de kk positions, son noyau est engendré par les kk premiers vecteurs de base, son image par les n+1−kn+1-k premiers, et sa première puissance nulle est la puissance n+1n+1.

III — Reconstruire un polynôme sur une grille

  1. On calcule d’abord
Δ2f(x)=f(x+2)−2f(x+1)+f(x),\Delta^2f(x) =f(x+2)-2f(x+1)+f(x),

puis

Δ3f(x)=f(x+3)−3f(x+2)+3f(x+1)−f(x).\Delta^3f(x) =f(x+3)-3f(x+2)+3f(x+1)-f(x).

Les coefficients suggèrent la formule

Δkf(x)=∑j=0k(−1)k−j(kj)f(x+j).\boxed{ \Delta^kf(x) = \sum_{j=0}^{k} (-1)^{k-j}\binom{k}{j}f(x+j).}

Pour k=0k=0, elle redonne bien f(x)f(x).

Démontrons-la par récurrence. Supposons-la vraie à l’ordre kk. Alors

Δk+1f(x)=Δkf(x+1)−Δkf(x)=∑j=0k(−1)k−j(kj)f(x+j+1)−∑j=0k(−1)k−j(kj)f(x+j).\begin{aligned} \Delta^{k+1}f(x) &=\Delta^kf(x+1)-\Delta^kf(x)\\ &=\sum_{j=0}^{k}(-1)^{k-j}\binom{k}{j}f(x+j+1) -\sum_{j=0}^{k}(-1)^{k-j}\binom{k}{j}f(x+j). \end{aligned}

Dans la première somme, posons r=j+1r=j+1. Pour 1⩽r⩽k1\leqslant r\leqslant k, le coefficient de f(x+r)f(x+r) devient

(−1)k+1−r((kr−1)+(kr))=(−1)k+1−r(k+1r),(-1)^{k+1-r} \left( \binom{k}{r-1}+\binom{k}{r} \right) = (-1)^{k+1-r}\binom{k+1}{r},

par la relation de Pascal. Les deux termes extrêmes ont eux aussi les coefficients attendus. La formule est donc vraie à l’ordre k+1k+1.

  1. Écrivons, de façon unique,
P=∑k=0nakBk.P=\sum_{k=0}^{n}a_kB_k.

La question 4 donne, pour 0⩽j⩽n0\leqslant j\leqslant n,

ΔjP=∑k=jnakBk−j.\Delta^jP =\sum_{k=j}^{n}a_kB_{k-j}.

Or

B0(0)=1etBr(0)=0(r⩾1).B_0(0)=1 \qquad\text{et}\qquad B_r(0)=0\quad(r\geqslant1).

En évaluant en 00, seul le terme k=jk=j subsiste :

aj=ΔjP(0).\boxed{a_j=\Delta^jP(0).}

On obtient la formule de reconstruction

P(X)=∑k=0nΔkP(0) Bk(X).\boxed{ P(X)=\sum_{k=0}^{n}\Delta^kP(0)\,B_k(X).}

C’est la formule de Newton adaptée aux nœuds équidistants 0,1,…,n0,1,\ldots,n.

D’après la question 6,

ΔkP(0)=∑j=0k(−1)k−j(kj)P(j).\boxed{ \Delta^kP(0) = \sum_{j=0}^{k} (-1)^{k-j}\binom{k}{j}P(j).}

Chaque coordonnée de PP dans la base (Bk)(B_k) est donc déterminée par les valeurs P(0),…,P(k)P(0),\ldots,P(k). En particulier, les n+1n+1 valeurs

P(0),P(1),…,P(n)P(0),P(1),\ldots,P(n)

déterminent toutes les coordonnées de PP, donc PP lui-même.

  1. Les différences successives des valeurs données sont
(2,3,8,23),(2,3,8,23), (1,5,15),(1,5,15), (4,10),(4,10),

puis

(6).(6).

Les différences initiales valent donc

P(0)=2,ΔP(0)=1,Δ2P(0)=4,Δ3P(0)=6.P(0)=2,\qquad \Delta P(0)=1,\qquad \Delta^2P(0)=4,\qquad \Delta^3P(0)=6.

La formule de Newton donne

P=2B0+B1+4B2+6B3.\boxed{P=2B_0+B_1+4B_2+6B_3.}

Or

B1=X,B2=X(X−1)2,B3=X(X−1)(X−2)6.B_1=X,\qquad B_2=\frac{X(X-1)}2,\qquad B_3=\frac{X(X-1)(X-2)}6.

Ainsi

P(X)=2+X+2X(X−1)+X(X−1)(X−2)=X3−X2+X+2.\begin{aligned} P(X) &=2+X+2X(X-1)+X(X-1)(X-2)\\ &=\boxed{X^3-X^2+X+2}. \end{aligned}

IV — Inverser Δ\Delta et sommer

  1. Écrivons
P=∑k=0dakBk.P=\sum_{k=0}^{d}a_kB_k.

Puisque

ΔBk+1=Bk,\Delta B_{k+1}=B_k,

le polynôme

Q0=∑k=0dakBk+1Q_0=\sum_{k=0}^{d}a_kB_{k+1}

vérifie

ΔQ0=P.\Delta Q_0=P.

Il existe donc toujours une primitive discrète polynomiale.

Si QQ est une autre primitive discrète de PP, alors

Δ(Q−Q0)=0.\Delta(Q-Q_0)=0.

La question 2 donne Q−Q0∈RQ-Q_0\in\mathbb R. Ainsi toutes les primitives discrètes de PP sont

Q0+C,C∈R.\boxed{Q_0+C,\qquad C\in\mathbb R.}

Supposons PP non nul, de degré dd et de coefficient dominant α\alpha. Toute primitive discrète QQ est alors de degré d+1d+1. Si son coefficient dominant vaut β\beta, la question 2 appliquée à QQ donne

α=(d+1)β.\alpha=(d+1)\beta.

Par conséquent

β=αd+1.\boxed{\beta=\frac{\alpha}{d+1}.}

Enfin, pour a<ba<b entiers,

P(m)=Q(m+1)−Q(m).P(m)=Q(m+1)-Q(m).

La somme télescope :

∑m=ab−1P(m)=∑m=ab−1(Q(m+1)−Q(m))=Q(b)−Q(a).\begin{aligned} \sum_{m=a}^{b-1}P(m) &=\sum_{m=a}^{b-1}\bigl(Q(m+1)-Q(m)\bigr)\\ &=\boxed{Q(b)-Q(a)}. \end{aligned}
  1. Comme Bk+1B_{k+1} est une primitive discrète de BkB_k,
∑m=0n−1Bk(m)=Bk+1(n)−Bk+1(0).\sum_{m=0}^{n-1}B_k(m) =B_{k+1}(n)-B_{k+1}(0).

Pour k⩾0k\geqslant0, on a Bk+1(0)=0B_{k+1}(0)=0. Donc

∑m=0n−1Bk(m)=Bk+1(n)=(nk+1).\boxed{ \sum_{m=0}^{n-1}B_k(m)=B_{k+1}(n)=\binom{n}{k+1}.}

Les premières puissances s’écrivent dans la base (Bk)(B_k) sous la forme

X=B1,X=B_1, X2=B1+2B2,X^2=B_1+2B_2, X3=B1+6B2+6B3.X^3=B_1+6B_2+6B_3.

On en déduit

∑m=0n−1m=(n2)=n(n−1)2,\sum_{m=0}^{n-1}m =\binom n2 =\boxed{\frac{n(n-1)}2},

puis

∑m=0n−1m2=(n2)+2(n3)=n(n−1)(2n−1)6,\sum_{m=0}^{n-1}m^2 =\binom n2+2\binom n3 =\boxed{\frac{n(n-1)(2n-1)}6},

et enfin

∑m=0n−1m3=(n2)+6(n3)+6(n4)=(n(n−1)2)2.\sum_{m=0}^{n-1}m^3 =\binom n2+6\binom n3+6\binom n4 =\boxed{\left(\frac{n(n-1)}2\right)^2}.
  1. Soit QQ une primitive discrète de PP. La question 9 montre que QQ est de degré d+1d+1 et de coefficient dominant
ad+1.\frac{a}{d+1}.

Pour tout n∈Nn\in\mathbb N,

∑m=0n−1P(m)=Q(n)−Q(0).\sum_{m=0}^{n-1}P(m)=Q(n)-Q(0).

Le membre de droite est la valeur en nn du polynôme

S(X)=Q(X)−Q(0).S(X)=Q(X)-Q(0).

Soustraire une constante ne change ni le degré ni le coefficient dominant. Ainsi la fonction considérée coïncide sur N\mathbb N avec un polynôme de degré

d+1\boxed{d+1}

et de coefficient dominant

ad+1.\boxed{\frac{a}{d+1}}.

Le cas n=0n=0 est inclus : la somme est vide et vaut 0=S(0)0=S(0).

V — Quand les différences finissent par s’annuler

  1. Supposons d’abord qu’il existe P∈Rd[X]P\in\mathbb R_d[X] tel que
un=P(n)u_n=P(n)

pour tout n∈Nn\in\mathbb N. Alors

(Δu)n=P(n+1)−P(n)=(ΔP)(n).(\Delta u)_n=P(n+1)-P(n)=(\Delta P)(n).

Par récurrence,

(Δku)n=(ΔkP)(n).(\Delta^ku)_n=(\Delta^kP)(n).

Comme deg⁡P⩽d\deg P\leqslant d, la question 3 donne Δd+1P=0\Delta^{d+1}P=0. Donc

Δd+1u=0.\Delta^{d+1}u=0.

Réciproquement, supposons

Δd+1u=0.\Delta^{d+1}u=0.

Posons

ck=(Δku)0,0⩽k⩽d,c_k=(\Delta^ku)_0, \qquad 0\leqslant k\leqslant d,

et définissons

P(X)=∑k=0dckBk(X).\boxed{ P(X)=\sum_{k=0}^{d}c_kB_k(X).}

Ce polynôme appartient à Rd[X]\mathbb R_d[X]. Notons

vn=P(n).v_n=P(n).

D’après la relation ΔBk=Bk−1\Delta B_k=B_{k-1},

(Δkv)0=ck=(Δku)0(\Delta^kv)_0=c_k=(\Delta^ku)_0

pour 0⩽k⩽d0\leqslant k\leqslant d, et Δd+1v=0\Delta^{d+1}v=0.

Considérons w=u−vw=u-v. On a

Δd+1w=0\Delta^{d+1}w=0

et

(Δkw)0=0(0⩽k⩽d).(\Delta^kw)_0=0 \qquad(0\leqslant k\leqslant d).

La suite Δdw\Delta^dw a une différence nulle : elle est donc constante. Son premier terme étant nul, elle est identiquement nulle. Alors Δd−1w\Delta^{d-1}w est à son tour constante et son premier terme est nul ; elle est donc nulle. En descendant ainsi jusqu’à ww, on obtient

w=0.w=0.

Par conséquent

un=P(n)u_n=P(n)

pour tout n∈Nn\in\mathbb N.

Nous avons démontré

Δd+1u=0⟺∃P∈Rd[X], ∀n∈N, un=P(n).\boxed{ \Delta^{d+1}u=0 \quad\Longleftrightarrow\quad \exists P\in\mathbb R_d[X],\ \forall n\in\mathbb N,\ u_n=P(n).}

Le polynôme correspondant est explicitement

P(X)=∑k=0d(Δku)0 Bk(X).\boxed{ P(X)=\sum_{k=0}^{d}(\Delta^ku)_0\,B_k(X).}

Il est unique : deux polynômes de degré au plus dd prenant les mêmes valeurs pour tout n∈Nn\in\mathbb N ont une infinité de racines après soustraction, donc sont égaux.

Sources

[SOURCE] Isaac Newton — Methodus differentialis. Lien direct [SOURCE] Duncan C. Fraser — Newton's Interpolation Formulas. Lien direct [SOURCE] Charles Jordan — Calculus of Finite Differences. Lien direct