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Corrigé détaillé · MPSI / MP2I

Approcher π par polygones, intégrales et probabilités · Trigonométrie et géométrie · Calcul intégral · Probabilités · Suites et limites · Algorithmique

Trois façons d'approcher π

Après avoir cherché le sujet, comparez votre démarche avec cette correction et repérez les écarts de méthode, de précision ou de rédaction.

I — Coincer le cercle entre deux polygones

  1. Il faut établir séparément les deux inégalités.

Pour la première, considérons

f(x)=x−sin⁡x.f(x)=x-\sin x.

Sur [0,π/2][0,\pi/2],

f′(x)=1−cos⁡x≥0,f'(x)=1-\cos x\geq0,

avec même f′(x)>0f'(x)>0 pour x∈]0,π/2]x\in]0,\pi/2]. Comme f(0)=0f(0)=0, on obtient, pour x>0x>0,

sin⁡x<x.\sin x<x.

Pour la seconde, on cherche à comparer sin⁡x\sin x à xcos⁡xx\cos x. Posons

g(x)=sin⁡x−xcos⁡x.g(x)=\sin x-x\cos x.

Alors

g′(x)=xsin⁡x>0g'(x)=x\sin x>0

pour x∈]0,π/2[x\in]0,\pi/2[ et g(0)=0g(0)=0. Donc g(x)>0g(x)>0. Comme cos⁡x>0\cos x>0,

sin⁡x>xcos⁡x⟹x<sin⁡xcos⁡x=tan⁡x.\sin x>x\cos x \quad\Longrightarrow\quad x<\frac{\sin x}{\cos x}=\tan x.

Finalement,

sin⁡x<x<tan⁡x.\boxed{\sin x<x<\tan x}.

(a) Dans le polygone régulier inscrit à mm côtés, un côté sous-tend au centre un angle 2π/m2\pi/m. En coupant le triangle isocèle correspondant en deux, la demi-longueur d'un côté vaut sin⁡(π/m)\sin(\pi/m). Le périmètre vaut donc

2msin⁡(πm)=2ℓm.2m\sin\left(\frac\pi m\right)=2\ell_m.

Pour le polygone régulier circonscrit, le rayon mené au point de tangence est perpendiculaire au côté. Le demi-côté vaut alors tan⁡(π/m)\tan(\pi/m), donc le périmètre vaut

2mtan⁡(πm)=2um.2m\tan\left(\frac\pi m\right)=2u_m.

D'après la question 1 appliquée à π/m\pi/m,

sin⁡(πm)<πm<tan⁡(πm).\sin\left(\frac\pi m\right)<\frac\pi m<\tan\left(\frac\pi m\right).

En multipliant par m>0m>0,

ℓm<π<um.\boxed{\ell_m<\pi<u_m}.

(b) Pour m=4m=4,

ℓ4=4sin⁡(π4)=22,u4=4tan⁡(π4)=4.\ell_4=4\sin\left(\frac\pi4\right)=2\sqrt2, \qquad u_4=4\tan\left(\frac\pi4\right)=4.

Ainsi

22<π<4.\boxed{2\sqrt2<\pi<4}.

IDÉELe principe géométrique est celui utilisé par Archimède dans La Mesure du cercle : encadrer la circonférence par des polygones réguliers inscrits et circonscrits, puis doubler le nombre de côtés. Dans sa proposition 3, Archimède part de l'hexagone et atteint 9696 côtés ; nous partons ici du carré. Les formules trigonométriques employées sont une modernisation de ce principe, et non sa notation historique.

  1. Posons x=π/mx=\pi/m. On a
sin⁡x=ℓmm,tan⁡x=umm,cos⁡x=sin⁡xtan⁡x=ℓmum.\sin x=\frac{\ell_m}{m}, \qquad \tan x=\frac{u_m}{m}, \qquad \cos x=\frac{\sin x}{\tan x}=\frac{\ell_m}{u_m}.

Les formules d'addition donnent

sin⁡x=2sin⁡(x2)cos⁡(x2),1+cos⁡x=2cos⁡2(x2),\sin x=2\sin\left(\frac x2\right)\cos\left(\frac x2\right), \qquad 1+\cos x=2\cos^2\left(\frac x2\right),

d'où

tan⁡(x2)=sin⁡x1+cos⁡x.\tan\left(\frac x2\right)=\frac{\sin x}{1+\cos x}.

Ainsi

u2m=2mtan⁡(x2)=2ℓm1+ℓm/um=2ℓmumℓm+um.u_{2m} =2m\tan\left(\frac x2\right) =\frac{2\ell_m}{1+\ell_m/u_m} =\boxed{\frac{2\ell_m u_m}{\ell_m+u_m}}.

Ensuite,

ℓ2m2=4m2sin⁡2(x2)=2m2(1−cos⁡x).\ell_{2m}^2 =4m^2\sin^2\left(\frac x2\right) =2m^2(1-\cos x).

Par ailleurs,

ℓmu2m=msin⁡x×2mtan⁡(x2)=2m2(1−cos⁡x).\ell_m u_{2m} =m\sin x\times2m\tan\left(\frac x2\right) =2m^2(1-\cos x).

Toutes les quantités étant positives,

ℓ2m=ℓmu2m.\boxed{\ell_{2m}=\sqrt{\ell_m u_{2m}}}.

Ces deux relations ne font plus intervenir π\pi.

(a) Comme

a0=22,b0=4,a_0=2\sqrt2, \qquad b_0=4,

la question 3 donne

bn+1=2anbnan+bn,an+1=anbn+1.\boxed{b_{n+1}=\frac{2a_nb_n}{a_n+b_n}}, \qquad \boxed{a_{n+1}=\sqrt{a_nb_{n+1}}}.

Puisque 0<an<bn0<a_n<b_n,

bn+1>an⟺bn>anb_{n+1}>a_n \Longleftrightarrow b_n>a_n

et

bn+1<bn⟺an<bn.b_{n+1}<b_n \Longleftrightarrow a_n<b_n.

Donc

an<bn+1<bn.a_n<b_{n+1}<b_n.

Or an+1a_{n+1} est la moyenne géométrique de ana_n et bn+1b_{n+1} ; elle est donc strictement comprise entre les deux. Ainsi

an<an+1<bn+1<bn.\boxed{a_n<a_{n+1}<b_{n+1}<b_n}.

Les intervalles [an,bn][a_n,b_n] sont emboîtés et contiennent tous π\pi.

(b) Posons encore x=π/mx=\pi/m. On dispose déjà de

sin⁡x<x.\sin x<x.

De plus,

1−cos⁡x=2sin⁡2(x2)≤2(x2)2=x22.1-\cos x =2\sin^2\left(\frac x2\right) \leq2\left(\frac x2\right)^2 =\frac{x^2}{2}.

Comme m≥4m\geq4, on a 0<x≤π/40<x\leq\pi/4, donc

cos⁡x≥cos⁡(π4)=22.\cos x\geq\cos\left(\frac\pi4\right)=\frac{\sqrt2}{2}.

Enfin,

um−ℓm=msin⁡x(1cos⁡x−1)=msin⁡x 1−cos⁡xcos⁡x≤m x x22 2=π32 m2.\begin{aligned} u_m-\ell_m &=m\sin x\left(\frac1{\cos x}-1\right)\\ &=m\sin x\,\frac{1-\cos x}{\cos x}\\ &\leq m\,x\,\frac{x^2}{2}\,\sqrt2\\ &=\frac{\pi^3}{\sqrt2\,m^2}. \end{aligned}

La question 2 donne π<4\pi<4, donc π3<64\pi^3<64 et l'on peut retenir par exemple

0<um−ℓm<322m2.\boxed{0<u_m-\ell_m<\frac{32\sqrt2}{m^2}}.

Pour mn=4×2nm_n=4\times2^n,

0<bn−an<322(4×2n)2=224n.0<b_n-a_n<\frac{32\sqrt2}{(4\times2^n)^2} =\frac{2\sqrt2}{4^n}.

Puisque an<π<bna_n<\pi<b_n,

0<π−an<bn−an,0<bn−π<bn−an.0<\pi-a_n<b_n-a_n, \qquad 0<b_n-\pi<b_n-a_n.

Ainsi

an⟶π,bn⟶π.\boxed{a_n\longrightarrow\pi}, \qquad \boxed{b_n\longrightarrow\pi}.

Pour le milieu cn=(an+bn)/2c_n=(a_n+b_n)/2,

∣cn−π∣≤bn−an2<24n.|c_n-\pi|\leq\frac{b_n-a_n}{2} <\boxed{\frac{\sqrt2}{4^n}}.
  1. En partant de
a0=22,b0=4,a_0=2\sqrt2, \qquad b_0=4,

et en utilisant uniquement les deux récurrences de la question 4, on obtient :

nanbnbn−an53,14127725093,14222362999,46379×10−463,14151380113,14175036922,36568×10−473,14157294043,14163208075,91403×10−5\begin{array}{c|c|c|c} n&a_n&b_n&b_n-a_n\\ \hline 5&3{,}1412772509&3{,}1422236299&9{,}46379\times10^{-4}\\ 6&3{,}1415138011&3{,}1417503692&2{,}36568\times10^{-4}\\ 7&3{,}1415729404&3{,}1416320807&5{,}91403\times10^{-5} \end{array}

La première largeur strictement inférieure à 10−410^{-4} est donc obtenue pour

n=7,\boxed{n=7},

avec, par exemple après arrondi vers l'extérieur,

3,14157<π<3,14164.\boxed{3{,}14157<\pi<3{,}14164}.

Le majorant général de la question 4 ne garantit une largeur inférieure à 10−410^{-4} que lorsque

224n<10−4.\frac{2\sqrt2}{4^n}<10^{-4}.

Pour n=7n=7, le membre de gauche vaut environ 1,73×10−41{,}73\times10^{-4} ; le majorant général ne suffit donc pas encore. Pour n=8n=8, il vaut environ 4,32×10−54{,}32\times10^{-5}. Le calcul effectif des bornes est ici meilleur que le majorant uniforme utilisé pour la preuve.

II — Transformer un angle en somme calculable

  1. Pour x∈]−π/2,π/2[x\in]-\pi/2,\pi/2[,
tan⁡′(x)=cos⁡2x+sin⁡2xcos⁡2x=1cos⁡2x=1+tan⁡2x>0.\tan'(x) =\frac{\cos^2x+\sin^2x}{\cos^2x} =\frac1{\cos^2x} =1+\tan^2x>0.

La tangente est donc continue et strictement croissante sur [0,π/4][0,\pi/4], avec

tan⁡0=0,tan⁡(π4)=1.\tan 0=0, \qquad \tan\left(\frac\pi4\right)=1.

Le théorème des valeurs intermédiaires assure alors que, pour tout z∈[0,1]z\in[0,1], il existe un unique u∈[0,π/4]u\in[0,\pi/4] tel que tan⁡u=z\tan u=z.

D'autre part,

F′(z)=11+z2.F'(z)=\frac1{1+z^2}.

Pour u∈[0,π/4]u\in[0,\pi/4], considérons

H(u)=F(tan⁡u)−u.H(u)=F(\tan u)-u.

Alors

H′(u)=tan⁡′(u)1+tan⁡2u−1=0.H'(u) =\frac{\tan'(u)}{1+\tan^2u}-1 =0.

Comme H(0)=0H(0)=0, on obtient

F(tan⁡u)=u.F(\tan u)=u.

Pour l'unique réel uu tel que tan⁡u=z\tan u=z, cela donne donc F(z)=uF(z)=u.

En particulier,

F(1)=∫01dt1+t2=π4.\boxed{F(1)=\int_0^1\frac{dt}{1+t^2}=\frac\pi4}.

Ainsi

π=4∫01dt1+t2.\boxed{\pi=4\int_0^1\frac{dt}{1+t^2}}.

IDÉELa fonction FF joue ici le rôle de la fonction réciproque de la tangente sur [0,π/4][0,\pi/4], sans qu'il soit nécessaire d'introduire l'arctangente comme nouvelle fonction.

  1. On compare les dérivées :
Tn′(z)=∑k=0n(−1)kz2k.T_n'(z)=\sum_{k=0}^n(-1)^kz^{2k}.

La somme géométrique finie donne

(1+z2)∑k=0n(−1)kz2k=1+(−1)nz2n+2.(1+z^2)\sum_{k=0}^n(-1)^kz^{2k} =1+(-1)^nz^{2n+2}.

Donc

11+z2−Tn′(z)=(−1)n+1z2n+21+z2.\frac1{1+z^2}-T_n'(z) =(-1)^{n+1}\frac{z^{2n+2}}{1+z^2}.

Comme F(0)=Tn(0)=0F(0)=T_n(0)=0, l'intégration entre 00 et zz donne

F(z)=Tn(z)+Rn(z),F(z)=T_n(z)+R_n(z),

avec

Rn(z)=(−1)n+1∫0zx2n+21+x2 dx.\boxed{R_n(z)=(-1)^{n+1}\int_0^z\frac{x^{2n+2}}{1+x^2}\,dx}.

L'intégrande est positive, donc

(−1)n+1Rn(z)≥0.\boxed{(-1)^{n+1}R_n(z)\geq0}.

Enfin,

0≤x2n+21+x2≤x2n+2,0\leq\frac{x^{2n+2}}{1+x^2}\leq x^{2n+2},

d'où

∣Rn(z)∣≤z2n+32n+3.\boxed{|R_n(z)|\leq\frac{z^{2n+3}}{2n+3}}.
  1. Comme F(1)=π/4F(1)=\pi/4, le signe du reste donne, pour tout p∈Np\in\mathbb N,
4T2p+1(1)<π<4T2p(1).\boxed{4T_{2p+1}(1)<\pi<4T_{2p}(1)}.

Les deux sommes diffèrent seulement par le dernier terme :

T2p(1)−T2p+1(1)=14p+3.T_{2p}(1)-T_{2p+1}(1)=\frac1{4p+3}.

La largeur vaut donc

44p+3.\boxed{\frac4{4p+3}}.

Pour qu'elle soit strictement inférieure à 10−310^{-3}, il faut

44p+3<10−3,\frac4{4p+3}<10^{-3},

soit 4p+3>40004p+3>4000. Le plus petit entier est

p=1000.\boxed{p=1000}.

Il faut donc calculer T2001(1)T_{2001}(1) ; T2000(1)T_{2000}(1) en est le préfixe. Comme T2001T_{2001} contient les termes d'indices 00 à 20012001, le nombre minimal de termes à calculer est

2002.\boxed{2002}.
  1. D'après la question 6,
tan⁡(F(1p))=1p,tan⁡(F(1q))=1q.\tan\left(F\left(\frac1p\right)\right)=\frac1p, \qquad \tan\left(F\left(\frac1q\right)\right)=\frac1q.

Les formules d'addition de sin⁡\sin et cos⁡\cos donnent

tan⁡(α+β)=tan⁡α+tan⁡β1−tan⁡αtan⁡β\tan(\alpha+\beta) =\frac{\tan\alpha+\tan\beta}{1-\tan\alpha\tan\beta}

lorsque le dénominateur est non nul. Pour que la tangente de

F(1p)+F(1q)F\left(\frac1p\right)+F\left(\frac1q\right)

soit égale à 11, il faut et il suffit que

1/p+1/q1−1/(pq)=1.\frac{1/p+1/q}{1-1/(pq)}=1.

Après multiplication par pqpq,

p+q=pq−1,p+q=pq-1,

donc

(p−1)(q−1)=2.(p-1)(q-1)=2.

Avec p,q≥2p,q\geq2 entiers, les seules possibilités sont

(p,q)=(2,3)ou(3,2).\boxed{(p,q)=(2,3)\quad\text{ou}\quad(3,2)}.

Comme F(1/2)+F(1/3)∈]0,π/2[F(1/2)+F(1/3)\in]0,\pi/2[ et que la tangente est strictement croissante sur cet intervalle,

F(12)+F(13)=F(1)=π4.\boxed{F\left(\frac12\right)+F\left(\frac13\right)=F(1)=\frac\pi4}.

(a) D'après la question 7,

π−An=4(Rn(12)+Rn(13)).\pi-A_n =4\left(R_n\left(\frac12\right)+R_n\left(\frac13\right)\right).

Les deux restes ont le signe (−1)n+1(-1)^{n+1}. Ainsi

An>π si n est pair,An<π si n est impair.\boxed{A_n>\pi\text{ si }n\text{ est pair}}, \qquad \boxed{A_n<\pi\text{ si }n\text{ est impair}}.

De plus,

∣An−π∣≤42n+3(122n+3+132n+3).\boxed{|A_n-\pi|\leq \frac4{2n+3} \left(\frac1{2^{2n+3}}+\frac1{3^{2n+3}}\right)}.

(b) Pour n=2n=2, ce majorant vaut environ

4,73×10−3,4{,}73\times10^{-3},

alors que pour n=3n=3 il vaut environ

8,91×10−4.8{,}91\times10^{-4}.

Le plus petit entier convenable est donc

n=3.\boxed{n=3}.

(c) Pour un argument z∈]0,1]z\in]0,1], deux sommes partielles consécutives Tr−1(z)T_{r-1}(z) et Tr(z)T_r(z) encadrent F(z)F(z), et leur différence en valeur absolue vaut

dr(z)=z2r+12r+1.d_r(z)=\frac{z^{2r+1}}{2r+1}.

Calculer les deux bornes jusqu'à l'indice rr demande r+1r+1 termes, puisque la somme d'indice r−1r-1 est déjà un préfixe de celle d'indice rr.

Si l'on s'arrête aux indices rr pour z=1/2z=1/2 et ss pour z=1/3z=1/3, la largeur de l'encadrement correspondant de π\pi est donc

Wr,s=4(122r+1(2r+1)+132s+1(2s+1)).W_{r,s}=4\left( \frac{1}{2^{2r+1}(2r+1)} + \frac{1}{3^{2s+1}(2s+1)} \right).

Pour avoir Wr,s<10−4W_{r,s}<10^{-4}, chacun des deux termes positifs doit lui-même être strictement inférieur à 10−410^{-4}. Or

4211×11>10−4,437×7>10−4.\frac4{2^{11}\times11}>10^{-4}, \qquad \frac4{3^7\times7}>10^{-4}.

Il faut donc nécessairement

r≥6,s≥4.r\geq6, \qquad s\geq4.

Cela impose au moins

(r+1)+(s+1)≥7+5=12(r+1)+(s+1)\geq7+5=12

termes au total. Pour r=6r=6 et s=4s=4,

W6,4=4(1213×13+139×9)≈6,014×10−5<10−4.W_{6,4} =4\left(\frac1{2^{13}\times13}+\frac1{3^9\times9}\right) \approx6{,}014\times10^{-5}<10^{-4}.

Le minimum est donc bien

12 termes au total.\boxed{12\text{ termes au total}}.

Comme 66 et 44 sont pairs, les bornes les plus proches sont

4(T5(12)+T3(13))<π<4(T6(12)+T4(13)).4\left(T_5\left(\frac12\right)+T_3\left(\frac13\right)\right) <\pi< 4\left(T_6\left(\frac12\right)+T_4\left(\frac13\right)\right).

Un calcul des deux bornes donne l'encadrement extérieur

3,1415410604<π<3,1416012008.3{,}1415410604<\pi<3{,}1416012008.

En arrondissant davantage vers l'extérieur,

3,14154<π<3,14161.\boxed{3{,}14154<\pi<3{,}14161}.

La largeur de cet encadrement décimal est 7×10−57\times10^{-5}.

(d) On n'a pas modifié la quantité cherchée. On a remplacé l'évaluation de FF en 11 par deux évaluations en 1/21/2 et 1/31/3. Or le reste contient la puissance z2n+3z^{2n+3} : lorsque z<1z<1, cette puissance décroît exponentiellement en nn. L'accélération vient donc de la représentation choisie avant même d'additionner davantage de termes.

IDÉELa série alternée obtenue ici est la série classique associée à l'arctangente. Des séries de ce type apparaissent dans la tradition mathématique du Kerala, notamment dans les travaux attribués à Mādhava. La démonstration utilisée ici est moderne et autonome.

III — Transformer une aire en fréquence

  1. Le disque unité a pour aire π\pi et le carré [−1,1]2[-1,1]^2 a pour aire 44. Ainsi
P(B=1)=π4.\mathbb P(B=1)=\frac\pi4.

Donc BB suit une loi de Bernoulli de paramètre

p=π4.p=\frac\pi4.

Pour des répétitions indépendantes, la somme

SN=∑i=1NBiS_N=\sum_{i=1}^N B_i

vérifie

E(SN)=Np.\mathbb E(S_N)=Np.

L'estimateur naturel est alors

π^N=4N∑i=1NBi.\boxed{\widehat\pi_N=\frac4N\sum_{i=1}^N B_i}.

En effet,

E(π^N)=4N Np=4p=π.\mathbb E(\widehat\pi_N)=\frac4N\,Np=4p=\pi.

Par indépendance,

Var⁡(SN)=Np(1−p),\operatorname{Var}(S_N)=Np(1-p),

donc

Var⁡(π^N)=16N2Np(1−p)=16p(1−p)N.\operatorname{Var}(\widehat\pi_N) =\frac{16}{N^2}Np(1-p) =\frac{16p(1-p)}N.

Comme

p(1−p)=14−(p−12)2≤14,p(1-p)=\frac14-\left(p-\frac12\right)^2\leq\frac14,

on obtient

Var⁡(π^N)≤4N.\boxed{\operatorname{Var}(\widehat\pi_N)\leq\frac4N}.
  1. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à π^N\widehat\pi_N donne
P(∣π^N−π∣≥ε)≤4Nε2.\mathbb P\left(|\widehat\pi_N-\pi|\geq\varepsilon\right) \leq\frac{4}{N\varepsilon^2}.

On souhaite que la probabilité d'échec soit au plus α\alpha. Il suffit donc que

4Nε2≤α,\frac4{N\varepsilon^2}\leq\alpha,

soit

N≥4αε2.\boxed{N\geq\frac4{\alpha\varepsilon^2}}.

Comme NN est entier, on peut prendre le plafond du membre de droite.

Pour

ε=10−3,α=0,05,\varepsilon=10^{-3}, \qquad \alpha=0{,}05,

on obtient

N≥40,05×10−6=80 000 000.N\geq\frac4{0{,}05\times10^{-6}} =80\,000\,000.

Ainsi

N=80 000 000\boxed{N=80\,000\,000}

tirages suffisent pour assurer, avec l'inégalité utilisée ici, une probabilité d'au moins 95%95\% que l'erreur soit strictement inférieure à 10−310^{-3}.

  1. Une implémentation possible est :
from random import random

def approche_pi(N):
    dedans = 0
    for _ in range(N):
        x = 2 * random() - 1
        y = 2 * random() - 1
        if x*x + y*y <= 1:
            dedans += 1
    return 4 * dedans / N

La variable dedans est une réalisation de SN=∑BiS_N=\sum B_i. La valeur renvoyée est donc une réalisation de π^N\widehat\pi_N.

Une exécution particulière très proche de π\pi ne constitue pas un encadrement démontré : la valeur obtenue est aléatoire. La propriété démontrée porte sur la probabilité que l'erreur dépasse un seuil fixé avant l'expérience.

La borne de Bienaymé-Tchebychev est universelle : elle ne fait appel qu'à la variance. Cette robustesse se paie par une majoration généralement très pessimiste. Ici, pour une précision de 10−310^{-3} et un risque d'au plus 5%5\%, elle conduit à 8080 millions de tirages. Les méthodes déterministes précédentes obtiennent des bornes d'erreur comparables avec des paramètres beaucoup plus petits. Cela ne signifie pas que chaque tirage de Monte-Carlo « coûte autant » qu'une étape géométrique ou qu'un terme analytique : les opérations ne sont pas de même nature.

IV — Trois approximations, trois contrôles de l'erreur

  1. Pour la méthode géométrique, la question 4 donne
∣cn−π∣<24n.|c_n-\pi|<\frac{\sqrt2}{4^n}.

On cherche donc

24n<10−3.\frac{\sqrt2}{4^n}<10^{-3}.

Pour n=5n=5, le membre de gauche vaut environ 1,38×10−31{,}38\times10^{-3} ; pour n=6n=6, environ 3,45×10−43{,}45\times10^{-4}. Le plus petit choix certifié par ce majorant général est donc

n=6,\boxed{n=6},

ce qui correspond à

m6=256 coˆteˊs.\boxed{m_6=256\text{ côtés}}.

Pour la méthode analytique accélérée, la question 9(a) montre que le premier indice pour lequel le majorant assure

∣An−π∣<10−3|A_n-\pi|<10^{-3}

est

n=3.\boxed{n=3}.

Chacune des deux sommes T3(1/2)T_3(1/2) et T3(1/3)T_3(1/3) contient quatre termes. Il faut donc

8 termes au total.\boxed{8\text{ termes au total}}.

Pour Monte-Carlo avec un risque d'au plus 5%5\%, la question 11 donne

N=80 000 000.\boxed{N=80\,000\,000}.

On peut résumer :

MeˊthodeParameˋtre suffisant pour 10−3Type de controˆlePolygonesm=256borne d’erreur deˊterministeSommes acceˊleˊreˊes8 termes au totalborne d’erreur deˊterministeMonte-CarloN=80 000 000risque d’erreur ≤5%\begin{array}{c|c|c} \text{Méthode}&\text{Paramètre suffisant pour }10^{-3}&\text{Type de contrôle}\\ \hline \text{Polygones}&m=256&\text{borne d'erreur déterministe}\\ \text{Sommes accélérées}&8\text{ termes au total}&\text{borne d'erreur déterministe}\\ \text{Monte-Carlo}&N=80\,000\,000&\text{risque d'erreur }\leq5\% \end{array}

La valeur m=256m=256 vient ici du majorant uniforme de la question 4(b), conformément à l'énoncé de cette question de synthèse. Si l'on exploite plutôt les bornes effectivement calculées à la question 5, l'intervalle [a5,b5][a_5,b_5] a déjà une largeur inférieure à 10−310^{-3} ; son milieu est donc à moins de 5×10−45\times10^{-4} de π\pi, avec seulement m5=128m_5=128 côtés. Cette différence mesure précisément le caractère non optimal du majorant général.

La méthode géométrique encadre π\pi entre les périmètres de deux familles de polygones et produit des suites emboîtées. La méthode analytique transforme π\pi en intégrale puis en sommes finies ; surtout, elle montre qu'une identité bien choisie peut accélérer radicalement une approximation en remplaçant l'argument 11 par 1/21/2 et 1/31/3. Enfin, la méthode de Monte-Carlo relie π\pi à une aire et à une fréquence : elle est très simple à programmer et conceptuellement générale, mais le contrôle obtenu ici est probabiliste et la borne issue de Bienaymé-Tchebychev est très coûteuse pour une précision donnée.

Les trois paramètres ne mesurent pas la même chose : mm compte des côtés, le coût analytique compte des termes de sommes rationnelles, et NN des expériences aléatoires indépendantes. Ils ne doivent donc pas être lus comme trois temps de calcul directement comparables.

Ainsi, « approcher π\pi » peut signifier fabriquer un intervalle certain, contrôler un reste analytique ou accepter un risque quantifié. La qualité d'une approximation ne se mesure pas seulement au nombre de décimales affichées, mais aussi à la nature de l'estimation d'erreur qui accompagne ces décimales.

Sources

[SOURCE] T. L. Heath — Archimedes, The Measurement of a Circle. Lien direct [SOURCE] Hayashi, Kusuba et Yano — The Correction of the Mādhava Series for the Circumference of a Circle. Lien direct