Devoir maison de mathématiques · Approcher π par polygones, intégrales et probabilités
Trois façons d'approcher π
Construire trois procédures pour approcher π, prouver leurs garanties d’erreur et comparer leur efficacité : polygones emboîtés, intégrale transformée en sommes rapidement convergentes, puis estimation de Monte-Carlo contrôlée par Bienaymé-Tchebychev.
Objectifs
Ce que ce DM fait travailler
- Construire des encadrements de π par des polygones réguliers
- Transformer une intégrale en sommes finies avec un reste contrôlé
- Comprendre comment une identité peut accélérer une approximation
- Construire un estimateur de Monte-Carlo et quantifier son risque d'erreur
- Comparer garanties déterministes et probabilistes
Avant de commencer
Prérequis utiles
Il n’est pas nécessaire de tout maîtriser parfaitement, mais ces notions doivent être déjà connues pour que le devoir reste un travail de raisonnement plutôt qu’un rattrapage de cours.
- Dérivation des fonctions sinus et cosinus
- Suites, limites et encadrements
- Intégrales et primitives
- Variables de Bernoulli, espérance et variance
- Boucles et fonctions simples en Python
Méthode
Comment l’utiliser
Prévoir environ 3 h 30 et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.
Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.
Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.
Énoncé en ligne
Le problème, directement en HTML
Le contenu ci-dessous reprend le sujet du devoir. La version PDF reste disponible pour l’impression et le travail hors ligne ; le corrigé reste séparé pour préserver une vraie phase de recherche.
Approcher ne consiste pas seulement à produire des décimales : une approximation devient mathématiquement intéressante lorsqu'on sait expliquer d'où elle vient et ce que vaut son erreur. Dans ce problème, on construira trois procédés très différents — par des polygones, par une intégrale, puis par le hasard — avant de comparer la nature et le coût de leurs garanties.
Dans tout le problème, on définit, pour ,
Aucune connaissance préalable sur la fonction tangente n'est supposée. On pourra utiliser les identités usuelles
ainsi que .
I — Coincer le cercle entre deux polygones
- Soit .
(a) En étudiant la fonction , montrer que .
(b) En étudiant la fonction , montrer que .
(c) Conclure que
- On considère le cercle de rayon . Pour un entier , on note
(a) Expliquer géométriquement pourquoi est le périmètre du polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle et pourquoi est celui du polygone régulier à côtés circonscrit au cercle.
(b) À l'aide de la question 1, montrer que
(c) Calculer exactement et .
- L'intérêt de la construction précédente serait limité s'il fallait déjà connaître pour calculer et . On va donc fabriquer les encadrements suivants uniquement à partir des précédents.
(a) Déduire des formules d'addition que, pour ,
(b) Montrer que
(c) Montrer ensuite que
- Pour , on pose
(a) Écrire , puis les relations permettant de calculer et à partir de et seulement.
(b) Montrer que, pour tout ,
(c) Interpréter cette chaîne d'inégalités en termes d'encadrements successifs de .
- Il reste à savoir à quelle vitesse l'étau se resserre. Soit et .
(a) Montrer que
(b) À partir de
montrer que
(c) En déduire que et convergent vers .
(d) On pose . Montrer que
- En utilisant uniquement les relations de récurrence de la question 4, calculer et à la calculatrice ou avec un court programme, avec suffisamment de chiffres pour obtenir un encadrement décimal de de largeur inférieure à .
La première méthode construit donc un intervalle déterministe autour de . La deuxième va conserver cette idée de garantie, mais remplacer les polygones par une intégrale puis par des sommes de nombres rationnels.
II — Transformer un angle en somme calculable
- On commence par donner un rôle analytique à la tangente.
(a) À partir de sa définition, montrer que, pour ,
(b) Pour , on définit
Montrer que la fonction a pour dérivée sur .
(c) En déduire que
- Pour et , on pose
(a) Vérifier l'identité finie, valable pour ,
(b) En intégrant entre et , montrer qu'il existe un réel tel que
avec
- Une première idée consiste à prendre directement .
(a) Montrer que, pour tout ,
(b) Montrer que la largeur de cet encadrement vaut exactement
(c) Déterminer le plus petit entier qui garantit une largeur strictement inférieure à .
Cette convergence est certaine, mais lente. Plutôt que d'ajouter des milliers de termes, on va changer la manière d'écrire .
- Pour , on a déjà .
(a) Justifier que
(b) À l'aide des formules d'addition, établir, lorsque les deux membres sont définis,
(c) En prenant et , montrer que
- On définit maintenant
(a) Montrer que lorsque est pair et lorsque est impair.
(b) Montrer que
(c) Calculer et . En déduire un nouvel encadrement décimal de .
(d) Comparer ce résultat à la question 9 : qu'a-t-on réellement « accéléré » ?
III — Transformer une aire en fréquence
La troisième méthode change la nature de la garantie. On choisit au hasard des points dans le carré . On admet le modèle suivant : pour un point choisi uniformément dans ce carré, la probabilité d'appartenir à une région est égale au quotient de l'aire de cette région par l'aire du carré.
- Soit un point choisi selon ce modèle et soit la variable aléatoire qui vaut si , et sinon.
(a) Montrer que suit une loi de Bernoulli de paramètre
(b) Expliquer pourquoi observer la fréquence des points qui tombent dans le disque peut fournir une approximation de .
- On répète l'expérience fois de façon indépendante. On note les variables obtenues et
(a) Calculer .
(b) Montrer que
- On rappelle l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev : si une variable aléatoire possède une espérance et une variance, alors, pour tout ,
(a) Montrer que
(b) Pour un risque , donner une condition suffisante sur pour que l'intervalle aléatoire
contienne avec une probabilité au moins égale à .
(c) Combien de tirages cette garantie demande-t-elle pour et un risque de ?
- On considère le programme suivant.
from random import random
def approche_pi(N):
dedans = 0
for _ in range(N):
x = 2 * random() - 1
y = 2 * random() - 1
if x*x + y*y <= 1:
dedans += 1
return 4 * dedans / N
(a) Expliquer pourquoi la valeur renvoyée est une réalisation de .
(b) Une exécution donne un nombre très proche de . Pourquoi cela ne constitue-t-il pas, à lui seul, un encadrement démontré de ?
(c) Le majorant obtenu à la question 14 est volontairement universel. Que peut-on dire de la qualité de cette garantie par rapport aux deux méthodes déterministes précédentes ?
IV — Trois approximations, trois garanties
- On veut maintenant comparer les méthodes en visant une erreur au plus égale à .
(a) Pour la méthode des polygones, déterminer le plus petit que le majorant de la question 5(d) permet de choisir afin de garantir .
(b) Vérifier que, pour la méthode analytique accélérée, le majorant de la question 11(b) est déjà inférieur à pour .
(c) Pour la méthode de Monte-Carlo, rappeler le nombre de tirages suffisant obtenu à la question 14(c) pour une garantie à .
(d) Les paramètres , et ne comptent pas les mêmes opérations. Malgré cela, rédiger une courte synthèse expliquant ce que révèle chacune des trois approches sur , et distinguer clairement garantie déterministe et garantie probabiliste.
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