Le problème compare quatre représentations d'une même équation différentielle : expression explicite, invariant quadratique, coordonnée complexe puis systèmes récurrents. Les trois premières descriptions sont exactes ; la dernière permet de comparer une restriction exacte à deux discrétisations.
I — Résoudre et paramétrer les solutions
1.
L'équation caractéristique associée à
x′′+ω2x=0
est r2+ω2=0. Les solutions réelles sont donc
x(t)=Ccos(ωt)+Dsin(ωt).
Les conditions initiales donnent
C=x0,D=ωv0,
d'où
x(t)=x0cos(ωt)+ωv0sin(ωt).
Posons
A=x02+ω2v02.
Si A=0, alors x0=v0=0 et x est identiquement nulle.
Supposons A>0. Il existe un réel φ, unique modulo 2π, tel que
cosφ=Ax0,sinφ=ωAv0.
Ainsi
x(t)=Acos(ωt−φ).
Puis
x′(t)=−Aωsin(ωt−φ),
donc
x(R)=[−A,A],t∈Rmax∣x′(t)∣=ωA,
et la plus petite période strictement positive est
T=ω2π.
Pour la solution nulle, l'image est {0} et toute valeur strictement positive est une période ; il n'existe donc pas de plus petite période strictement positive.
La notation R(−t) désigne ici la rotation d'angle −ωt. Lorsque t parcourt R, cet angle parcourt toutes les valeurs réelles. Pour A>0, l'image est donc le cercle entier :
U(R)={(X,Y)∈R2;X2+Y2=A2}.
Une rotation fixe le vecteur non nul U(0) exactement lorsque son angle est un multiple de 2π. La plus petite période strictement positive de U est donc
T=ω2π.
Dans les coordonnées (x,x′), l'image est l'ellipse
A2x2+ω2A2x′2=1.
Le changement y=x′/ω transforme cette ellipse en cercle en normalisant les deux coordonnées.
III — Coordonnée complexe et rotation
4.
Pour
zc=x+icx′,
on a
zc′=x′−icω2x.
L'identité zc′=λzc doit être valable indépendamment des valeurs de x et x′ à l'instant considéré. L'identification des coefficients donne
λ=−icω2,icλ=1.
La seconde relation donne λ=−i/c. En la combinant avec la première,
c2ω2=1.
Ainsi
(c,λ)=(ω1,−iω)ou(−ω1,iω).
5.
Avec
z=x+iωx′,
on a
z′=−iωz.
Donc
dtd(eiωtz(t))=0,
et
z(t)=z(0)e−iωt.
Or
z(0)=x0+iωv0=Aeiφ,
d'où
z(t)=Aei(φ−ωt).
Cette formule donne simultanément
∣z∣=A,
l'argument initial φ, l'orientation horaire, la période 2π/ω et
En les additionnant puis en prenant les parties réelles,
Xn+1ex=2cos(a)Xnex−Xn−1ex(n≥1).
Cette démonstration ne divise pas par sina ; la relation reste valable pour toute valeur de a.
(c) Si Z0ex=0, alors
Zn+qex=Znex
pour tout n si et seulement si
e−iaq=1,
soit
aq∈2πZ.
La suite est donc périodique exactement lorsque
2πa∈Q.
Si a/(2π)=p/q est irréductible, alors q est une période. Si 1≤k<q en était une autre, on aurait pk/q∈Z, donc q∣k, contradiction. La plus petite période en nombre de pas est donc
q.
IV — Systèmes discrets : invariants et stabilité
7.
On calcule
Rn+12=(XnE+aYnE)2+(YnE−aXnE)2=(1+a2)Rn2.
Ainsi
Rn2=(1+a2)nR02.
Comme a>0, toute donnée initiale non nulle vérifie
Rn⟶+∞.
Ce système discret ne conserve donc pas la norme associée à l'invariant continu H ; il l'amplifie géométriquement.
8.
Le système (S) s'écrit
Yn+1=Yn−aXn
et
Xn+1=Xn+a(Yn−aXn)=(1−a2)Xn+aYn.
Ainsi
Sa=(1−a2−aa1)
et
detSa=1.
De
Xn=(1−a2)Xn−1+aYn−1
et
Yn=Yn−1−aXn−1,
on tire
aYn=Xn−Xn−1.
En reportant dans l'expression de Xn+1,
Xn+1=(1−a2)Xn+Xn−Xn−1,
d'où
Xn+1=(2−a2)Xn−Xn−1.
9.
Posons
q(X,Y)=αX2+βXY+γY2.
L'invariance pour toutes les données initiales signifie
q(Sa(X,Y))=q(X,Y)
comme identité polynomiale en X et Y. Or
Sa(X,Y)=((1−a2)X+aY,−aX+Y).
En développant et en identifiant les coefficients, on obtient, puisque a>0,
γ=α,β=−aα.
Réciproquement, ces relations rendent bien la forme invariante. Les triplets cherchés sont donc
(α,β,γ)=α(1,−a,1),α∈R.
On choisit la normalisation
Qa(X,Y)=X2−aXY+Y2.
Elle se réécrit
Qa(X,Y)=(X−2aY)2+(1−4a2)Y2.
Pour 0<a<2, Qa est définie positive. Il existe alors des constantes ma,Ma>0 telles que
ma(X2+Y2)≤Qa(X,Y)≤Ma(X2+Y2),
et la conservation de Qa impose la bornitude de tous les itérés. Les courbes
Qa(X,Y)=c,c>0,
sont des ellipses centrées en l'origine.
Pour a=2,
Q2(X,Y)=(X−Y)2,
qui ne contrôle pas la norme euclidienne. Pour a>2, la forme est indéfinie. Ainsi la conservation de Qa contrôle la norme de tous les itérés exactement pour
0<a<2.
10.
La récurrence est
Xn+1−(2−a2)Xn+Xn−1=0.
Son polynôme caractéristique est
Pa(r)=r2−(2−a2)r+1.
Son discriminant vaut
Δa=(2−a2)2−4=a2(a2−4).
Si 0<a<2, les deux racines sont complexes conjuguées, leur produit vaut 1, donc leur module vaut 1. Elles sont distinctes ; toutes les suites (Xn) sont bornées. Comme
Yn=aXn+1−(1−a2)Xn,
les suites (Yn) le sont aussi.
Si a=2, on a
P2(r)=(r+1)2.
La récurrence admet des solutions de la forme
Xn=(A+Bn)(−1)n.
Des données initiales avec B=0 donnent donc une suite non bornée.
Si a>2, les deux racines sont réelles distinctes et de produit 1. Leur somme vaut 2−a2<−2 ; l'une des deux a donc un module strictement supérieur à 1. Il existe des données initiales pour lesquelles (Xn), puis (Xn,Yn), n'est pas bornée.
Comme a>0, les valeurs X0 et X1 peuvent être choisies arbitrairement en choisissant convenablement Y0 ; aucune solution de la récurrence pertinente n'est exclue.
Ainsi
toutes les suites de (S) sont borneˊes⟺0<a<2.
On retrouve exactement la condition issue de Qa. En revanche,
detSa=1
pour tout a>0, y compris dans les régimes non bornés. La conservation du déterminant ne suffit donc pas à assurer la stabilité des itérés.
11.
Pour 0<a<2, les racines de Pa ont module 1 et ne sont pas réelles. Il existe donc un unique θ∈(0,π) tel qu'elles soient eiθ et e−iθ. Leur somme donne
2cosθ=2−a2,
soit
cosθ=1−2a2.
Comme
1−2a2=1−2sin2(2θ),
et 0<θ/2<π/2, on obtient
θ=2arcsin(2a).
La forme générale est donc
Xn=Acos(nθ)+Bsin(nθ).
Pour u∈(0,1), on a arcsinu>u. Ainsi
θ=2arcsin(a/2)>a.
Comme a=ωh,
ωωh=a/hθ/h=aθ>1.
Pour obtenir le développement nécessaire sans supposer connu celui de arcsin, posons f(u)=arcsinu au voisinage de 0. On a
f′(u)=1−u21,f′′(u)=(1−u2)3/2u,
et
f′′′(u)=(1−u2)5/21+2u2.
Ainsi
f(0)=0,f′(0)=1,f′′(0)=0,f′′′(0)=1.
La formule de Taylor-Young à l'ordre 3 donne donc
arcsinu=u+6u3+o(u3).
Avec u=a/2,
θ=2(2a+618a3+o(a3))=a+24a3+o(a3).
Par conséquent
ωωh=1+24a2+o(a2).
D'autre part,
cosa=1−2a2+24a4+o(a4),
donc
2cosa=2−a2+12a4+o(a4).
La récurrence exacte est
Xn+1ex=2cos(a)Xnex−Xn−1ex,
alors que (S) donne
Xn+1=(2−a2)Xn−Xn−1.
Leurs coefficients commencent donc à différer à l'ordre a4 :
2cosa−(2−a2)=12a4+o(a4).
Cette petite erreur locale sur le coefficient modifie l'angle par pas de a à
θ=a+24a3+o(a3),
ce qui produit une erreur relative d'ordre a2 sur la quantité ωh/ω.
V — Synthèse des représentations
12.
La première représentation est la solution réelle x(t) elle-même :
x(t)=Acos(ωt−φ).
Elle rend immédiatement accessibles les valeurs de la solution, son image, son amplitude et sa période.
La deuxième représentation utilise le vecteur
U(t)=(x(t),ωx′(t)).
L'invariant H devient la conservation de ∥U(t)∥2 ; les solutions non constantes sont des paramétrages uniformes de cercles. Dans les coordonnées (x,x′), ces mêmes courbes sont des ellipses.
La troisième représentation identifie U au nombre complexe
z=x+iωx′.
Toute l'évolution se réduit alors à une multiplication :
z(t)=z(0)e−iωt.
La restriction exacte aux instants nh devient la rotation discrète
Zn+1ex=e−iaZnex.
Enfin, la quatrième représentation remplace cette restriction exacte par des systèmes récurrents. Le premier fait croître la norme par le facteur 1+a2 à chaque étape. Le second conserve la forme quadratique
Qa(X,Y)=X2−aXY+Y2
et possède des itérés tous bornés exactement lorsque 0<a<2. Dans ce domaine, il remplace l'angle exact a par
θ=2arcsin(a/2),
ce qui préserve qualitativement une rotation bornée mais déforme sa phase.
Les quatre descriptions ne sont donc pas quatre problèmes différents : elles montrent comment un changement de représentation peut transformer une même relation en formule explicite, conservation géométrique, multiplication complexe ou récurrence.
Sources
[SOURCE] Hairer, Lubich et Wanner — Geometric Numerical Integration. Lien direct