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Corrigé détaillé · PC

L'oscillateur vu de quatre façons

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Correction en ligne

Solution détaillée et rédaction

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Le même oscillateur est décrit successivement par une formule temporelle, une courbe d'énergie, une rotation complexe puis un système discret. Les trois premières descriptions sont exactes et se traduisent les unes dans les autres ; la dernière permet de voir ce qu'une approximation peut conserver, déformer ou détruire.

I — Première façon : connaître exactement le mouvement

1.

L'équation caractéristique associée à

x+ω2x=0x''+\omega^2x=0

est r2+ω2=0r^2+\omega^2=0. Les solutions réelles sont donc

x(t)=Ccos(ωt)+Dsin(ωt).x(t)=C\cos(\omega t)+D\sin(\omega t).

Les conditions initiales donnent

C=x0,D=v0ω,C=x_0, \qquad D=\frac{v_0}{\omega},

d'où

x(t)=x0cos(ωt)+v0ωsin(ωt).\boxed{x(t)=x_0\cos(\omega t)+\frac{v_0}{\omega}\sin(\omega t).}

Posons

A=x02+v02ω2.A=\sqrt{x_0^2+\frac{v_0^2}{\omega^2}}.

Si A=0A=0, alors x0=v0=0x_0=v_0=0 et xx est identiquement nulle : c'est l'équilibre.

Supposons désormais A>0A>0. On a

(x0A)2+(v0ωA)2=1.\left(\frac{x_0}{A}\right)^2+ \left(\frac{v_0}{\omega A}\right)^2=1.

Il existe donc un réel φ\varphi, unique modulo 2π2\pi, tel que

cosφ=x0A,sinφ=v0ωA.\cos\varphi=\frac{x_0}{A}, \qquad \sin\varphi=\frac{v_0}{\omega A}.

Alors

x(t)=Acos(ωtφ).\boxed{x(t)=A\cos(\omega t-\varphi).}

On en déduit

x(t)=Aωsin(ωtφ).x'(t)=-A\omega\sin(\omega t-\varphi).

Ainsi

x(R)=[A,A],maxtRx(t)=ωA.\boxed{x(\mathbb R)=[-A,A]}, \qquad \boxed{\max_{t\in\mathbb R}|x'(t)|=\omega A}.

Comme A>0A>0, la plus petite période strictement positive est obtenue lorsque l'argument du cosinus augmente de 2π2\pi :

T=2πω.\boxed{T=\frac{2\pi}{\omega}.}

Dans le cas d'équilibre, l'image est {0}\{0\} et x=0|x'|=0. Tout réel strictement positif est alors une période, de sorte qu'il n'existe pas de plus petite période strictement positive.

II — Deuxième façon : découvrir ce qui ne change pas

2.

On dérive

Iα,β(t)=αx(t)2+βx(t)2.I_{\alpha,\beta}(t)=\alpha x'(t)^2+\beta x(t)^2.

En utilisant x=ω2xx''=-\omega^2x,

Iα,β(t)=2αx(t)x(t)+2βx(t)x(t)=2(βαω2)x(t)x(t).\begin{aligned} I_{\alpha,\beta}'(t) &=2\alpha x'(t)x''(t)+2\beta x(t)x'(t)\\ &=2(\beta-\alpha\omega^2)x(t)x'(t). \end{aligned}

Si β=αω2\beta=\alpha\omega^2, cette dérivée est nulle pour toute solution.

Réciproquement, si Iα,βI_{\alpha,\beta} est constante pour toute solution, on peut choisir des conditions initiales telles que x0v00x_0v_0\neq0. À t=0t=0,

0=Iα,β(0)=2(βαω2)x0v0,0=I_{\alpha,\beta}'(0) =2(\beta-\alpha\omega^2)x_0v_0,

donc nécessairement β=αω2\beta=\alpha\omega^2.

Les invariants cherchés sont donc exactement les multiples de

x(t)2+ω2x(t)2.x'(t)^2+\omega^2x(t)^2.

La normalisation usuelle consiste à poser

E(t)=12(x(t)2+ω2x(t)2).\boxed{E(t)=\frac12\bigl(x'(t)^2+\omega^2x(t)^2\bigr).}

Sa valeur est

E(t)=E(0)=12(v02+ω2x02).\boxed{E(t)=E(0)=\frac12\bigl(v_0^2+\omega^2x_0^2\bigr).}

Avec le nombre AA de la question 1,

E=ω2A22.E=\frac{\omega^2A^2}{2}.

3.

On pose y=x/ωy=x'/\omega. L'invariant précédent devient

x2+y2=A2.x^2+y^2=A^2.

Ainsi, lorsque A>0A>0, la trajectoire de

U(t)=(x(t)y(t))U(t)=\begin{pmatrix}x(t)\\y(t)\end{pmatrix}

est contenue dans le cercle de centre OO et de rayon AA.

Par définition de yy et grâce à l'équation différentielle,

{x=ωy,y=ωx.\boxed{ \begin{cases} x'=\omega y,\\ y'=-\omega x. \end{cases}}

On obtient

UU=xx+yy=x(ωy)+y(ωx)=0.U\cdot U'=xx'+yy' =x(\omega y)+y(-\omega x)=0.

Le vecteur vitesse est donc tangent au cercle. De plus,

U(t)=ωx(t)2+y(t)2=ωA,\|U'(t)\| =\omega\sqrt{x(t)^2+y(t)^2} =\omega A,

qui est constant et non nul.

Pour déterminer l'orientation sans utiliser la solution explicite, calculons le déterminant des deux vecteurs :

det(U,U)=xyyx=ω(x2+y2)=ωA2<0.\det(U,U') =xy'-yx' =-\omega(x^2+y^2) =-\omega A^2<0.

Le mouvement est donc partout orienté dans le sens horaire. Sur un cercle de rayon AA, une vitesse tangentielle constante égale à ωA\omega A correspond à une vitesse angulaire de module ω\omega ; toute la circonférence est parcourue uniformément.

La longueur d'un tour est 2πA2\pi A, donc le temps nécessaire pour effectuer un tour vaut

2πAωA=2πω.\frac{2\pi A}{\omega A} =\boxed{\frac{2\pi}{\omega}}.

On retrouve la période sans utiliser la formule trigonométrique de la partie I.

Dans les coordonnées (x,x)(x,x'), l'invariant s'écrit

x2+x2ω2=A2,x^2+\frac{x'^2}{\omega^2}=A^2,

soit, pour A>0A>0,

x2A2+x2ω2A2=1.\boxed{ \frac{x^2}{A^2}+ \frac{x'^2}{\omega^2A^2}=1.}

La trajectoire est une ellipse. Le changement y=x/ωy=x'/\omega normalise précisément cette ellipse en un cercle : il met les deux coordonnées à la même échelle géométrique.

III — Troisième façon : trouver la bonne coordonnée complexe

4.

Pour cRc\in\mathbb R^*,

zc=x+icx.z_c=x+icx'.

On a

zc=x+icx=xicω2x.z_c'=x'+icx''=x'-ic\omega^2x.

Supposons qu'il existe λC\lambda\in\mathbb C tel que, pour toute solution,

zc=λzc.z_c'=\lambda z_c.

Comme les valeurs de xx et xx' à un instant peuvent être choisies arbitrairement par les conditions initiales, on identifie les coefficients de xx et de xx' :

λ=icω2,icλ=1.\lambda=-ic\omega^2, \qquad i c\lambda=1.

La seconde égalité donne λ=i/c\lambda=-i/c. En comparant avec la première,

cω2=1c,c\omega^2=\frac1c,

donc

c2ω2=1.c^2\omega^2=1.

Puisque ω>0\omega>0,

c=1ωouc=1ω.\boxed{c=\frac1\omega\quad\text{ou}\quad c=-\frac1\omega.}

Les valeurs correspondantes de λ\lambda sont

(c,λ)=(1ω,iω)ou(1ω,iω).\boxed{ (c,\lambda)= \left(\frac1\omega,-i\omega\right) \quad\text{ou}\quad \left(-\frac1\omega,i\omega\right).}

Le choix c=1/ωc=1/\omega correspond à l'orientation horaire déjà observée.

5.

Avec

z=x+ixω,z=x+i\frac{x'}{\omega},

on a

z=iωz.z'=-i\omega z.

La dérivée de eiωtz(t)e^{i\omega t}z(t) est nulle :

ddt(eiωtz(t))=iωeiωtz(t)+eiωtz(t)=0.\frac d{dt}\bigl(e^{i\omega t}z(t)\bigr) =i\omega e^{i\omega t}z(t)+e^{i\omega t}z'(t)=0.

Par conséquent,

z(t)=z(0)eiωt.\boxed{z(t)=z(0)e^{-i\omega t}.}

Or

z(0)=x0+iv0ω.z(0)=x_0+i\frac{v_0}{\omega}.

Dans le cas non constant, les relations de la question 1 donnent

z(0)=A(cosφ+isinφ)=Aeiφ.z(0)=A(\cos\varphi+i\sin\varphi)=Ae^{i\varphi}.

Ainsi

z(t)=Aei(φωt).\boxed{z(t)=Ae^{i(\varphi-\omega t)}.}

Cette seule formule contient les descriptions précédentes :

  • z(t)=A|z(t)|=A, donc x2+(x/ω)2=A2x^2+(x'/\omega)^2=A^2 et l'invariant est conservé ;
  • l'argument vaut φωt\varphi-\omega t, ce qui code la phase ;
  • l'argument décroît à vitesse ω\omega, donc le mouvement est horaire ;
  • un tour correspond à une variation d'argument de 2π2\pi, d'où T=2π/ωT=2\pi/\omega.

6.

(a) Comme a=ωha=\omega h,

Zn+1ex=z((n+1)h)=z(nh)eiωh=eiaZnex.\begin{aligned} Z_{n+1}^{\mathrm{ex}} &=z((n+1)h)\\ &=z(nh)e^{-i\omega h}\\ &=e^{-ia}Z_n^{\mathrm{ex}}. \end{aligned}

Donc

Zn+1ex=eiaZnex.\boxed{Z_{n+1}^{\mathrm{ex}}=e^{-ia}Z_n^{\mathrm{ex}}.}

En prenant parties réelle et imaginaire,

(Xn+1exYn+1ex)=(cosasinasinacosa)(XnexYnex).\boxed{ \begin{pmatrix} X_{n+1}^{\mathrm{ex}}\\ Y_{n+1}^{\mathrm{ex}} \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} \cos a&\sin a\\ -\sin a&\cos a \end{pmatrix} \begin{pmatrix} X_n^{\mathrm{ex}}\\ Y_n^{\mathrm{ex}} \end{pmatrix}.}

Il s'agit exactement d'une rotation d'angle a-a.

(b) De la relation complexe,

Zn+1ex=eiaZnexetZn1ex=eiaZnex.Z_{n+1}^{\mathrm{ex}}=e^{-ia}Z_n^{\mathrm{ex}} \quad\text{et}\quad Z_{n-1}^{\mathrm{ex}}=e^{ia}Z_n^{\mathrm{ex}}.

En additionnant,

Zn+1ex+Zn1ex=2cos(a)Znex.Z_{n+1}^{\mathrm{ex}}+Z_{n-1}^{\mathrm{ex}} =2\cos(a)Z_n^{\mathrm{ex}}.

En prenant les parties réelles, on obtient, pour n1n\ge1,

Xn+1ex=2cos(a)XnexXn1ex.\boxed{ X_{n+1}^{\mathrm{ex}} =2\cos(a)X_n^{\mathrm{ex}}-X_{n-1}^{\mathrm{ex}}.}

Aucune division par sina\sin a n'a été utilisée : la formule est valable pour tout réel aa.

(c) Supposons Z0ex0Z_0^{\mathrm{ex}}\neq0. La suite est périodique s'il existe q1q\ge1 tel que

Zn+qex=ZnexZ_{n+q}^{\mathrm{ex}}=Z_n^{\mathrm{ex}}

pour tout nn. Or

Zn+qex=eiaqZnex.Z_{n+q}^{\mathrm{ex}} =e^{-iaq}Z_n^{\mathrm{ex}}.

Comme Znex0Z_n^{\mathrm{ex}}\neq0 pour tout nn, cela équivaut à

eiaq=1,e^{-iaq}=1,

c'est-à-dire

aq2πZ.aq\in2\pi\mathbb Z.

Ainsi la suite échantillonnée est périodique si et seulement si

a2πQ.\boxed{\frac{a}{2\pi}\in\mathbb Q.}

Si

a2π=pq\frac{a}{2\pi}=\frac pq

est irréductible avec q1q\ge1, alors eiaq=e2πip=1e^{-iaq}=e^{-2\pi ip}=1. Si un entier 1k<q1\le k<q était aussi une période, on aurait pk/qZpk/q\in\mathbb Z, donc qkq\mid k puisque pp et qq sont premiers entre eux, contradiction. La plus petite période en nombre de pas est donc

q.\boxed{q.}

Cette propriété illustre un phénomène propre à l'observation discrète : un mouvement continu périodique peut donner une suite échantillonnée non périodique si le pas n'est pas commensurable avec la période.

IV — Quatrième façon : discrétiser et tester la fidélité du modèle

7.

Le schéma d'Euler explicite est

{Xn+1E=XnE+aYnE,Yn+1E=YnEaXnE.\begin{cases} X_{n+1}^{\mathrm E}=X_n^{\mathrm E}+aY_n^{\mathrm E},\\ Y_{n+1}^{\mathrm E}=Y_n^{\mathrm E}-aX_n^{\mathrm E}. \end{cases}

On calcule

Rn+12=(XnE+aYnE)2+(YnEaXnE)2=(1+a2)((XnE)2+(YnE)2).\begin{aligned} R_{n+1}^2 &=(X_n^{\mathrm E}+aY_n^{\mathrm E})^2 +(Y_n^{\mathrm E}-aX_n^{\mathrm E})^2\\ &=(1+a^2)\bigl((X_n^{\mathrm E})^2+(Y_n^{\mathrm E})^2\bigr). \end{aligned}

Ainsi

Rn+12=(1+a2)Rn2\boxed{R_{n+1}^2=(1+a^2)R_n^2}

et, par récurrence,

Rn2=(1+a2)nR02.\boxed{R_n^2=(1+a^2)^nR_0^2.}

Comme a>0a>0, on a 1+a2>11+a^2>1. Pour toute donnée initiale non nulle,

Rn+.R_n\longrightarrow+\infty.

L'oscillateur continu conserve exactement x2+y2x^2+y^2 ; Euler explicite crée au contraire une croissance géométrique de cette quantité. Même pour un petit pas fixé, l'erreur qualitative devient donc majeure à long terme.

8.

Le schéma (S)(S) donne d'abord

Yn+1=aXn+Yn.Y_{n+1}=-aX_n+Y_n.

Puis

Xn+1=Xn+aYn+1=(1a2)Xn+aYn.X_{n+1} =X_n+aY_{n+1} =(1-a^2)X_n+aY_n.

Ainsi

Sa=(1a2aa1).\boxed{ S_a= \begin{pmatrix} 1-a^2&a\\ -a&1 \end{pmatrix}.}

Son déterminant vaut

detSa=(1a2)+a2=1.\boxed{\det S_a=(1-a^2)+a^2=1.}

À l'étape précédente,

Xn=Xn1+aYn,X_n=X_{n-1}+aY_n,

donc

aYn=XnXn1.aY_n=X_n-X_{n-1}.

En remplaçant dans l'expression de Xn+1X_{n+1},

Xn+1=(1a2)Xn+XnXn1=(2a2)XnXn1.\begin{aligned} X_{n+1} &=(1-a^2)X_n+X_n-X_{n-1}\\ &=(2-a^2)X_n-X_{n-1}. \end{aligned}

On obtient

Xn+1=(2a2)XnXn1.(R)\boxed{X_{n+1}=(2-a^2)X_n-X_{n-1}.} \tag{R}

9.

Posons

F(X,Y)=αX2+βXY+γY2.F(X,Y)=\alpha X^2+\beta XY+\gamma Y^2.

Sous l'action de (S)(S),

X=(1a2)X+aY,Y=aX+Y.X'=(1-a^2)X+aY, \qquad Y'=-aX+Y.

On veut l'identité polynomiale

F(X,Y)=F(X,Y)F(X',Y')=F(X,Y)

pour tous X,YX,Y.

Le coefficient de Y2Y^2 dans F(X,Y)F(X,Y)F(X',Y')-F(X,Y) vaut

a(αa+β).a(\alpha a+\beta).

Comme a>0a>0, il doit être nul, donc

β=aα.\beta=-a\alpha.

Le coefficient de XYXY vaut

2a(α(1a2)aβγ).2a\bigl(\alpha(1-a^2)-a\beta-\gamma\bigr).

En utilisant β=aα\beta=-a\alpha, il devient

2a(αγ),2a(\alpha-\gamma),

donc

γ=α.\gamma=\alpha.

Le coefficient de X2X^2 s'annule alors automatiquement. Les triplets cherchés sont donc exactement

(α,β,γ)=α(1,a,1),αR.\boxed{(\alpha,\beta,\gamma)=\alpha(1,-a,1),\qquad \alpha\in\mathbb R.}

En prenant α=1\alpha=1, on obtient l'invariant

Qa(X,Y)=X2+Y2aXY.\boxed{Q_a(X,Y)=X^2+Y^2-aXY.}

Pour 0<a<20<a<2, l'inégalité 2XYX2+Y22|XY|\le X^2+Y^2 donne

Qa(X,Y)(1a2)(X2+Y2).Q_a(X,Y) \ge\left(1-\frac a2\right)(X^2+Y^2).

Le coefficient 1a/21-a/2 est strictement positif. Comme Qa(Xn,Yn)Q_a(X_n,Y_n) est constant,

Xn2+Yn2Qa(X0,Y0)1a/2.X_n^2+Y_n^2 \le \frac{Q_a(X_0,Y_0)}{1-a/2}.

Toutes les trajectoires sont donc bornées.

Pour voir la géométrie, posons

u=X+Y2,v=XY2.u=\frac{X+Y}{\sqrt2}, \qquad v=\frac{X-Y}{\sqrt2}.

Alors

Qa=(1a2)u2+(1+a2)v2.Q_a =\left(1-\frac a2\right)u^2 +\left(1+\frac a2\right)v^2.

Lorsque 0<a<20<a<2, les deux coefficients sont strictement positifs : les niveaux Qa=c>0Q_a=c>0 sont des ellipses centrées en l'origine.

À a=2a=2,

Q2(X,Y)=(XY)2,Q_2(X,Y)=(X-Y)^2,

qui ne contrôle plus X2+Y2X^2+Y^2. Pour a>2a>2, QaQ_a prend des valeurs positives et négatives : par exemple

Qa(1,1)=2a<0.Q_a(1,1)=2-a<0.

Ainsi la conservation de cet invariant fournit à elle seule un contrôle de toutes les trajectoires exactement lorsque

0<a<2.\boxed{0<a<2.}

10.

La récurrence (R)(R) a pour polynôme caractéristique

Pa(r)=r2(2a2)r+1.P_a(r)=r^2-(2-a^2)r+1.

Son discriminant vaut

Δ=(2a2)24=a2(a24).\Delta =(2-a^2)^2-4 =a^2(a^2-4).

Cas 0<a<20<a<2.

On a Δ<0\Delta<0. Les deux racines sont complexes conjuguées et leur produit vaut 11. Elles ont donc toutes deux un module égal à 11. Toute solution réelle de la récurrence est une combinaison de termes oscillants et reste bornée.

Cas a=2a=2.

On a

P2(r)=(r+1)2.P_2(r)=(r+1)^2.

Les solutions sont de la forme

Xn=(C+Dn)(1)n.X_n=(C+Dn)(-1)^n.

Elles ne sont pas toutes bornées. Par exemple, pour (X0,Y0)=(1,0)(X_0,Y_0)=(1,0),

X1=(14)X0+2Y0=3.X_1=(1-4)X_0+2Y_0=-3.

On obtient C=1C=1 et D=2D=2, donc

Xn=(2n+1)(1)n,X_n=(2n+1)(-1)^n,

qui est non bornée.

Cas a>2a>2.

On a Δ>0\Delta>0. Les deux racines sont réelles, leur produit vaut 11, et leur somme vaut

2a2<2.2-a^2<-2.

Elles sont donc négatives et l'une d'elles a une valeur absolue strictement supérieure à 11. La récurrence possède alors des solutions croissant géométriquement en valeur absolue.

Comme a>0a>0, toute paire (X0,X1)(X_0,X_1) correspond à une unique valeur

Y0=X1(1a2)X0a,Y_0=\frac{X_1-(1-a^2)X_0}{a},

donc ces solutions de la récurrence correspondent bien à de véritables trajectoires du schéma (S)(S).

Finalement,

toutes les trajectoires de (S) sont borneˊes    0<a<2.\boxed{ \text{toutes les trajectoires de }(S)\text{ sont bornées} \iff 0<a<2.}

Cette conclusion coïncide exactement avec celle obtenue par l'invariant QaQ_a.

En revanche, detSa=1\det S_a=1 pour toute valeur de aa. Le déterminant égal à 11 exprime une conservation d'aire orientée, mais il ne garantit pas que les orbites restent dans une région bornée. Les cas a2a\ge2 montrent explicitement la différence entre préservation d'aire et stabilité.

11.

Dans le domaine stable 0<a<20<a<2, les deux racines peuvent s'écrire

r1=eiθ,r2=eiθ,r_1=e^{i\theta}, \qquad r_2=e^{-i\theta},

avec θ(0,π)\theta\in(0,\pi). Leur somme vaut à la fois 2cosθ2\cos\theta et 2a22-a^2, donc

cosθ=1a22.\boxed{\cos\theta=1-\frac{a^2}{2}.}

Comme

cos(2arcsin(a/2))=12(a2)2=1a22,\cos\bigl(2\arcsin(a/2)\bigr) =1-2\left(\frac a2\right)^2 =1-\frac{a^2}{2},

et comme 2arcsin(a/2)(0,π)2\arcsin(a/2)\in(0,\pi),

θ=2arcsin(a2).\boxed{\theta=2\arcsin\left(\frac a2\right).}

Comparons θ\theta à aa. Pour a(0,2)a\in(0,2), posons

g(a)=cosa1+a22.g(a)=\cos a-1+\frac{a^2}{2}.

On a g(0)=0g(0)=0 et

g(a)=asina>0g'(a)=a-\sin a>0

pour a>0a>0. Ainsi

cosa>1a22=cosθ.\cos a>1-\frac{a^2}{2}=\cos\theta.

Or a,θ(0,π)a,\theta\in(0,\pi) et le cosinus y est strictement décroissant, donc

θ>a.\boxed{\theta>a.}

Par conséquent

ωh=θh>ah=ω.\omega_h=\frac\theta h >\frac ah =\omega.

Le schéma oscille donc légèrement trop vite.

Au voisinage de 00,

arcsinu=u+u36+o(u3).\arcsin u=u+\frac{u^3}{6}+o(u^3).

Avec u=a/2u=a/2,

θ=2arcsin(a/2)=a+a324+o(a3).\theta =2\arcsin(a/2) =a+\frac{a^3}{24}+o(a^3).

Ainsi

ωhω=θa=1+a224+o(a2)=1+ω2h224+o(h2).\boxed{ \frac{\omega_h}{\omega} =\frac{\theta}{a} =1+\frac{a^2}{24}+o(a^2) =1+\frac{\omega^2h^2}{24}+o(h^2).}

La récurrence exacte de la question 6 est

Xn+1ex=2cos(a)XnexXn1ex,X_{n+1}^{\mathrm{ex}} =2\cos(a)X_n^{\mathrm{ex}}-X_{n-1}^{\mathrm{ex}},

tandis que le schéma (S)(S) donne

Xn+1=(2a2)XnXn1.X_{n+1} =(2-a^2)X_n-X_{n-1}.

Or

2cosa=2a2+a412+o(a4).2\cos a =2-a^2+\frac{a^4}{12}+o(a^4).

Les coefficients coïncident donc jusqu'à l'ordre 22 et commencent à se séparer à l'ordre 44 :

2cosa(2a2)=a412+o(a4).\boxed{ 2\cos a-(2-a^2) =\frac{a^4}{12}+o(a^4).}

Cette petite différence de coefficient correspond à une différence d'angle par pas

θa=a324+o(a3),\theta-a =\frac{a^3}{24}+o(a^3),

qui s'accumule au fil des itérations : c'est précisément l'erreur de phase du schéma.

V — Synthèse : pourquoi changer de représentation ?

12.

Les quatre points de vue portent sur le même oscillateur mais ne mettent pas en avant les mêmes structures.

La solution temporelle représente l'état par la fonction réelle x(t)x(t). Elle donne directement la position à un instant donné, l'amplitude AA, la phase φ\varphi et la période. Cette description est exacte.

La géométrie de l'énergie représente l'état par le point U=(x,x/ω)U=(x,x'/\omega) du plan. L'invariant devient l'équation d'un cercle ; l'orientation et la vitesse de parcours deviennent des propriétés géométriques. Cette description est encore exacte.

La coordonnée complexe représente l'état par

z=x+ixω.z=x+i\frac{x'}{\omega}.

Toute l'évolution se réduit à la multiplication par eiωte^{-i\omega t}. Le module code l'invariant, l'argument code la phase et la rotation code simultanément le sens et la période. L'échantillonnage exact de la question 6 reste lui aussi une description exacte de ce mouvement.

Enfin, le modèle discret numérique représente l'état par une suite de vecteurs et une matrice d'itération. Il rend visibles des propriétés qui n'ont pas d'analogue dans la simple formule exacte : croissance artificielle de l'énergie pour Euler explicite, invariant modifié pour (S)(S), domaine de stabilité et erreur de phase. Ici, il s'agit d'approximations du mouvement continu.

Dans la première représentation, le problème est surtout un problème de résolution d'équation différentielle. Dans la deuxième, il devient un problème de géométrie d'une courbe de niveau. Dans la troisième, toute l'évolution est condensée en une rotation complexe. Dans la quatrième, la question centrale n'est plus seulement « quelle est la solution ? », mais « quelles structures du modèle continu survivent après discrétisation ? ».

Changer de représentation est donc ici une méthode mathématique : on ne change pas l'objet étudié, mais on choisit les coordonnées et le langage dans lesquels la propriété recherchée devient la plus simple à voir, à calculer ou à démontrer.

Sources

[SOURCE] Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Programme de mathématiques de PCSI, Bulletin officiel spécial n°1 du 11 février 2021 : Lien direct.

[SOURCE] Ernst Hairer, Christian Lubich et Gerhard Wanner, Geometric Numerical Integration: Structure-Preserving Algorithms for Ordinary Differential Equations, Springer, 2e éd., 2006 : Lien direct.