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DM n°01 · CPGE scientifiques · PC

Équation différentielle, invariant quadratique, rotation complexe et discrétisation · Équations différentielles · Nombres complexes · Matrices et systèmes linéaires · Suites récurrentes · Analyse asymptotique

L'oscillateur vu de quatre façons

Une même équation différentielle est étudiée par quatre représentations mathématiques : solution explicite, invariant quadratique, rotation complexe puis systèmes récurrents, afin de comparer conservation, stabilité, périodicité et déformation de phase.

Temps indicatif
≈ 4 h
Chapitres
Équations différentielles · Nombres complexes · Matrices et systèmes linéaires · Suites récurrentes · Analyse asymptotique

Objectifs

Ce que ce DM fait travailler

  • 01Changer de représentation pour faire apparaître des propriétés différentes d’une même dynamique
  • 02Repérer et exploiter une quantité conservée pour comprendre la géométrie du mouvement
  • 03Comparer une évolution exacte à une approximation discrète en termes de conservation et de stabilité
  • 04Relier comportement à long terme et erreur de phase à des propriétés algébriques et asymptotiques

Notions

Notions utiles pour ce devoir

Ce problème mobilise notamment les notions suivantes.

  • Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants
  • Nombres complexes, exponentielle complexe et trigonométrie
  • Calcul matriciel en dimension 2 et déterminants
  • Suites récurrentes linéaires homogènes d'ordre 2 à coefficients constants
  • Dérivation, fonctions circulaires réciproques et développements limités

Méthode

Comment l’utiliser

1. Chercher

Prévoir environ 4 h et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.

2. Rédiger

Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.

3. Comparer

Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.

Énoncé

Le devoir

On étudie l'équation différentielle

x′′+ω2x=0,x''+\omega^2x=0,

où ω>0\omega>0. L'objectif est de comparer quatre descriptions mathématiques de ses solutions : expression explicite, invariant quadratique, coordonnée complexe puis systèmes récurrents. Chaque changement de représentation fera apparaître une structure différente du même problème.

On considère donc x∈C2(R,R)x\in\mathcal C^2(\mathbb R,\mathbb R) vérifiant

x′′(t)+ω2x(t)=0,x''(t)+\omega^2x(t)=0,

avec

x(0)=x0,x′(0)=v0.x(0)=x_0,\qquad x'(0)=v_0.

I — Résoudre et paramétrer les solutions

  1. Résoudre le problème de Cauchy. Distinguer soigneusement la solution nulle des solutions non constantes.

Dans le cas non constant, déterminer un réel A>0A>0 et une phase φ\varphi, définie modulo 2π2\pi, tels que

x(t)=Acos⁡(ωt−φ).x(t)=A\cos(\omega t-\varphi).

Exprimer AA et caractériser φ\varphi à partir de x0x_0 et v0v_0. En déduire l'image de xx, la valeur maximale de ∣x′∣|x'| et la plus petite période strictement positive de xx.

L'expression explicite détermine chaque valeur de la solution. Cherchons maintenant des relations algébriques indépendantes de tt.

II — Invariant quadratique et courbe de niveau

  1. Pour (α,β)∈R2(\alpha,\beta)\in\mathbb R^2, on considère
Iα,β(t)=αx′(t)2+βx(t)2.I_{\alpha,\beta}(t)=\alpha x'(t)^2+\beta x(t)^2.

Déterminer tous les couples (α,β)(\alpha,\beta) pour lesquels Iα,βI_{\alpha,\beta} est constante pour toute solution de l'équation différentielle. Pour α=1\alpha=1, noter HH l'invariant ainsi obtenu et exprimer sa valeur en fonction de x0x_0 et v0v_0.

  1. On pose désormais
y(t)=x′(t)ω,U(t)=(x(t)y(t)).y(t)=\frac{x'(t)}{\omega}, \qquad U(t)=\begin{pmatrix}x(t)\\y(t)\end{pmatrix}.

Sans reprendre l'expression explicite de xx obtenue dans la partie I, déterminer, pour une solution non constante :

  • l'image de l'application UU ;
  • l'orientation du paramétrage de cette courbe ;
  • la valeur de ∥U′(t)∥\|U'(t)\|.

Retrouver la plus petite période strictement positive de UU. Décrire aussi son image dans les coordonnées (x,x′)(x,x') et expliquer le rôle du changement de variable y=x′/ωy=x'/\omega.

L'invariant décrit une courbe et le système différentiel son paramétrage. On cherche maintenant une coordonnée qui rassemble ces deux informations.

III — Coordonnée complexe et rotation

  1. Pour c∈R∗c\in\mathbb R^*, on définit
zc(t)=x(t)+ic x′(t).z_c(t)=x(t)+ic\,x'(t).

Déterminer tous les couples (c,λ)∈R∗×C(c,\lambda)\in\mathbb R^*\times\mathbb C tels que, pour toute solution xx,

zc′(t)=λzc(t).z_c'(t)=\lambda z_c(t).

Dans la suite, on retient le choix c=1/ωc=1/\omega et l'on note simplement z=z1/ωz=z_{1/\omega}.

  1. Établir une formule explicite donnant z(t)z(t) en fonction de z(0)z(0). Montrer comment cette formule permet de retrouver les paramètres AA et φ\varphi, l'invariant HH, l'orientation du paramétrage et la période.

  2. Pour h>0h>0, on considère les valeurs de la solution aux instants nhnh. On pose

a=ωh,Znex=z(nh),Xnex=x(nh),Ynex=x′(nh)ω.a=\omega h, \qquad Z_n^{\mathrm{ex}}=z(nh), \qquad X_n^{\mathrm{ex}}=x(nh), \qquad Y_n^{\mathrm{ex}}=\frac{x'(nh)}{\omega}.

(a) Déterminer la transformation qui fait passer de ZnexZ_n^{\mathrm{ex}} à Zn+1exZ_{n+1}^{\mathrm{ex}}, puis sa matrice réelle dans les coordonnées (Xex,Yex)(X^{\mathrm{ex}},Y^{\mathrm{ex}}).

(b) Établir une récurrence linéaire d'ordre 22 vérifiée par (Xnex)(X_n^{\mathrm{ex}}), valable pour toute valeur de aa.

(c) Lorsque Z0ex≠0Z_0^{\mathrm{ex}}\neq0, caractériser les pas hh pour lesquels la suite (Znex)(Z_n^{\mathrm{ex}}) est périodique. Si

a2π=pq\frac{a}{2\pi}=\frac pq

avec p∈Zp\in\mathbb Z, q∈N∗q\in\mathbb N^* et p/qp/q irréductible, déterminer sa plus petite période en nombre de pas.

La suite précédente est obtenue par restriction d'une solution exacte. Nous comparons maintenant cette récurrence à deux systèmes discrets définis directement.

IV — Systèmes discrets : invariants et stabilité

Dans toute cette partie, a=ωh>0a=\omega h>0.

  1. On considère le système récurrent
{Xn+1E=XnE+aYnE,Yn+1E=YnE−aXnE.\begin{cases} X_{n+1}^{\mathrm E}=X_n^{\mathrm E}+aY_n^{\mathrm E},\\ Y_{n+1}^{\mathrm E}=Y_n^{\mathrm E}-aX_n^{\mathrm E}. \end{cases}

Déterminer Rn2R_n^2 en fonction de nn, où

Rn2=(XnE)2+(YnE)2.R_n^2=(X_n^{\mathrm E})^2+(Y_n^{\mathrm E})^2.

En déduire si les suites (XnE,YnE)(X_n^{\mathrm E},Y_n^{\mathrm E}) associées à des données initiales non nulles sont bornées. Comparer avec l'invariant de la partie II.

  1. On considère maintenant le système
{Yn+1=Yn−aXn,Xn+1=Xn+aYn+1.(S)\begin{cases} Y_{n+1}=Y_n-aX_n,\\ X_{n+1}=X_n+aY_{n+1}. \end{cases} \tag{S}

Déterminer sa matrice SaS_a et son déterminant. Établir ensuite une récurrence linéaire d'ordre 22 vérifiée par la suite (Xn)(X_n).

  1. Déterminer tous les triplets (α,β,γ)∈R3(\alpha,\beta,\gamma)\in\mathbb R^3 tels que
αXn2+βXnYn+γYn2\alpha X_n^2+\beta X_nY_n+\gamma Y_n^2

soit constant pour toute suite vérifiant (S)(S).

Choisir une normalisation simple et noter QaQ_a la forme quadratique ainsi obtenue. Caractériser les valeurs de a>0a>0 pour lesquelles la conservation de QaQ_a contrôle la norme euclidienne de tous les itérés. Décrire alors les courbes de niveau positives de QaQ_a.

  1. Caractériser exactement les valeurs de a>0a>0 pour lesquelles toutes les suites (Xn,Yn)(X_n,Y_n) vérifiant (S)(S) sont bornées. Les valeurs frontières doivent être traitées séparément.

Comparer cette conclusion avec celle de la question 9. La condition det⁡Sa=1\det S_a=1 suffit-elle à garantir cette propriété ?

  1. On suppose désormais que 0<a<20<a<2.

Déterminer la forme générale des suites réelles (Xn)(X_n) vérifiant la récurrence de la question 8. Faire apparaître un angle θ∈(0,π)\theta\in(0,\pi), l'exprimer en fonction de aa et comparer θ\theta à aa.

On pose

ωh=θh.\omega_h=\frac{\theta}{h}.

Comparer ωh\omega_h et ω\omega, puis montrer que, lorsque aa est proche de 00,

ωhω=1+a224+o(a2).\frac{\omega_h}{\omega} =1+\frac{a^2}{24}+o(a^2).

Montrer également que, lorsque aa est proche de 00,

2cos⁡a=2−a2+a412+o(a4).2\cos a =2-a^2+\frac{a^4}{12}+o(a^4).

Comparer alors la récurrence exacte de la question 6 avec celle de (S)(S) et relier les deux écarts asymptotiques obtenus.

V — Synthèse des représentations

  1. Sans nouveau calcul, relier explicitement les quatre descriptions rencontrées. Pour chacune, préciser l'objet mathématique utilisé, ce qu'elle rend particulièrement simple ou visible et, pour les systèmes discrets de la partie IV, ce qui constitue une approximation de la solution initiale.

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