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Corrigé détaillé · PCSI

Un cercle devient une droite

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Correction en ligne

Solution détaillée et rédaction

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L’inversion utilisée ici est l’inversion géométrique de centre OO et de puissance 11 : elle conserve la demi-droite issue de OO et remplace la distance à OO par son inverse.

I — Changer l’échelle sans changer la direction

  1. Comme
z=zz2,z^\star=\frac{z}{|z|^2},

le quotient z/z=1/z2z^\star/z=1/|z|^2 est un réel strictement positif. Les points MM et MM^\star appartiennent donc à la même demi-droite issue de OO. De plus

z=1z,|z^\star|=\frac1{|z|},

d’où OMOM=1OM\cdot OM^\star=1.

En appliquant deux fois la relation précédente, la direction est conservée et la distance à OO redevient OMOM : (M)=M(M^\star)^\star=M.

Enfin MM est fixe si et seulement si OM=1OM=1. Les points fixes sont donc exactement les points du cercle unité.

  1. On calcule
zw=1z1w=wzzw.z^\star-w^\star =\frac1{\overline z}-\frac1{\overline w} =\frac{\overline w-\overline z}{\overline z\,\overline w}.

En prenant les modules,

zw=wzzw.|z^\star-w^\star| =\frac{|w-z|}{|z|\,|w|}.

Ainsi

MN=MNOMON.M^\star N^\star=\frac{MN}{OM\,ON}.
  1. Le cercle C\mathcal C est défini par zc=c|z-c|=|c|. En élevant au carré,
(zc)(zc)=cc,(z-c)(\overline z-\overline c)=c\overline c,

soit

z2zczc=0.|z|^2-z\overline c-\overline z c=0.

Ainsi

z22Re(cz)=0.|z|^2-2\operatorname{Re}(\overline c z)=0.

Si z0z\neq0, on divise par z2|z|^2 et on utilise z=z/z2z^\star=z/|z|^2 :

Re(cz)=12.\operatorname{Re}(\overline c z^\star)=\frac12.

L’image de C{O}\mathcal C\setminus\{O\} est donc contenue dans Dc\mathcal D_c.

Réciproquement, si uDcu\in\mathcal D_c, alors u0u\neq0 car Re(cu)=1/2\operatorname{Re}(\overline c u)=1/2. Posons z=uz=u^\star. L’involutivité montre que u=zu=z^\star, et le calcul précédent lu à l’envers donne zc=c|z-c|=|c|. Ainsi tout point de Dc\mathcal D_c est atteint.

  1. Pour t(π,π)t\in(-\pi,\pi),
z(t)r=reit,z(t)-r=re^{it},

donc z(t)r=r|z(t)-r|=r. Réciproquement, tout point du cercle différent de OO s’écrit sous cette forme avec un unique t(π,π)t\in(-\pi,\pi).

On utilise

1+eit=2cost2eit/2.1+e^{it}=2\cos\frac t2\,e^{it/2}.

Comme t/2(π/2,π/2)t/2\in(-\pi/2,\pi/2), on a cos(t/2)>0\cos(t/2)>0. Alors

z(t)2=4r2cos2t2,|z(t)|^2=4r^2\cos^2\frac t2,

puis

z(t)=2rcos(t/2)eit/24r2cos2(t/2)=12reit/2cos(t/2)=12r(1+itant2).z(t)^\star =\frac{2r\cos(t/2)e^{it/2}}{4r^2\cos^2(t/2)} =\frac1{2r}\frac{e^{it/2}}{\cos(t/2)} =\frac1{2r}\left(1+i\tan\frac t2\right).

Tous les points inverses ont donc la même partie réelle 1/(2r)1/(2r), et leur partie imaginaire est proportionnelle à tan(t/2)\tan(t/2). La fonction tangente étant strictement croissante sur (π/2,π/2)(-\pi/2,\pi/2), l’ordre des paramètres est exactement l’ordre des points sur cette droite.

II — Ptolémée : une addition cachée

  1. Le cercle passant par A=OA=O est transformé en une droite d’après la question 3. Ainsi B,C,DB^\star,C^\star,D^\star sont alignés. Comme tB<tC<tDt_B<t_C<t_D, la question 4 montre que CC^\star est entre BB^\star et DD^\star. Par conséquent
BD=BC+CD.B^\star D^\star=B^\star C^\star+C^\star D^\star.
  1. La formule de la question 2, appliquée avec centre d’inversion AA, donne
BD=BDABAD,BC=BCABAC,CD=CDACAD.B^\star D^\star=\frac{BD}{AB\,AD}, \qquad B^\star C^\star=\frac{BC}{AB\,AC}, \qquad C^\star D^\star=\frac{CD}{AC\,AD}.

On remplace dans l’égalité de la question 5 puis on multiplie par ABACADAB\,AC\,AD :

ACBD=ADBC+ABCD.AC\cdot BD=AD\cdot BC+AB\cdot CD.

[IDÉE] Le théorème paraît quadratique parce qu’il contient des produits de distances. Après inversion, ces produits sont exactement ceux qui compensent la déformation des longueurs, et il ne reste qu’une addition sur une droite.

III — Ce que l’identité sait faire

  1. Les diagonales d’un rectangle se coupent en leur milieu et ont même longueur : leur point d’intersection est donc équidistant des quatre sommets. Le rectangle est ainsi inscriptible dans un cercle. Ses diagonales ont longueur dd. Ptolémée donne
dd=aa+bb,d\cdot d=a\cdot a+b\cdot b,

donc

d2=a2+b2.d^2=a^2+b^2.
  1. Prenons quatre sommets consécutifs A,B,C,DA,B,C,D du pentagone régulier. On a
AB=BC=CD=s,AC=BD=AD=d.AB=BC=CD=s, \qquad AC=BD=AD=d.

Ptolémée donne

d2=s2+sd.d^2=s^2+sd.

En posant x=d/s>0x=d/s>0,

x2=x+1.x^2=x+1.

La solution positive est

ds=1+52.\frac ds=\frac{1+\sqrt5}{2}.

Le nombre d’or apparaît donc comme le rapport diagonale/côté du pentagone régulier.

  1. Si u=eiθ1u=e^{i\theta_1} et v=eiθ2v=e^{i\theta_2}, alors
uv=ei(θ1+θ2)/2(ei(θ1θ2)/2ei(θ1θ2)/2)=2sinθ1θ22.|u-v| =\left|e^{i(\theta_1+\theta_2)/2}\left(e^{i(\theta_1-\theta_2)/2}-e^{-i(\theta_1-\theta_2)/2}\right)\right| =2\left|\sin\frac{\theta_1-\theta_2}{2}\right|.

Notons A,B,C,DA,B,C,D les quatre points indiqués. Les longueurs utiles sont

AC=2sin(α+β),BD=2,AC=2\sin(\alpha+\beta),\qquad BD=2, AB=2sinα,CD=2cosβ,AB=2\sin\alpha,\qquad CD=2\cos\beta, AD=2cosα,BC=2sinβ.AD=2\cos\alpha,\qquad BC=2\sin\beta.

Ptolémée donne alors

4sin(α+β)=4sinαcosβ+4cosαsinβ,4\sin(\alpha+\beta) =4\sin\alpha\cos\beta+4\cos\alpha\sin\beta,

d’où

sin(α+β)=sinαcosβ+cosαsinβ.\sin(\alpha+\beta)=\sin\alpha\cos\beta+\cos\alpha\sin\beta.

IV — Le cercle comme cas d’égalité

  1. Développons le membre de droite :
(ab)(cd)+(ad)(bc)=acadbc+bd+abacbd+cd,(a-b)(c-d)+(a-d)(b-c) =ac-ad-bc+bd+ab-ac-bd+cd,

soit

abadbc+cd=(ac)(bd).ab-ad-bc+cd=(a-c)(b-d).

L’identité est démontrée. En prenant les modules puis en utilisant l’inégalité triangulaire,

acbdabcd+adbc.|a-c|\,|b-d| \leqslant |a-b|\,|c-d|+|a-d|\,|b-c|.

Ainsi

ACBDABCD+ADBC.AC\cdot BD\leqslant AB\cdot CD+AD\cdot BC.

Pour quatre points cocycliques pris dans l’ordre, le théorème de Ptolémée donne précisément l’égalité.

  1. Dans l’égalité triangulaire u+v=u+v|u+v|=|u|+|v| avec u,v0u,v\neq0, les nombres uu et vv ont le même argument, c’est-à-dire u/vR>0u/v\in\mathbb R_{>0}. Ici
u=(ab)(cd),v=(ad)(bc).u=(a-b)(c-d), \qquad v=(a-d)(b-c).

Donc

(ab)(cd)(ad)(bc)R>0.\frac{(a-b)(c-d)}{(a-d)(b-c)}\in\mathbb R_{>0}.

À un signe près,

(ba)(dc)(da)(bc)=(ab)(cd)(ad)(bc),\frac{(b-a)(d-c)}{(d-a)(b-c)} =-\frac{(a-b)(c-d)}{(a-d)(b-c)},

ce quotient est donc réel.

Il reste à obtenir la cocyclicité sans invoquer de critère extérieur. Les transformations zzaz\mapsto z-a, zeiθzz\mapsto e^{i\theta}z et zkzz\mapsto kz avec k>0k>0 sont respectivement une translation, une rotation et une homothétie ; elles transforment les cercles en cercles. En les composant, on peut supposer

a=0,d=1.a=0, \qquad d=1.

Écrivons b=x+iyb=x+iy et c=s+itc=s+it. Comme A,B,DA,B,D ne sont pas alignés, y0y\neq0.

Tout cercle passant par 00 a une équation

X2+Y2+αX+βY=0.X^2+Y^2+\alpha X+\beta Y=0.

Le passage par 11 impose α=1\alpha=-1. Le passage par b=(x,y)b=(x,y) impose alors

x2+y2x+βy=0,x^2+y^2-x+\beta y=0,

d’où

β=λ=xx2y2y.\beta=\lambda=\frac{x-x^2-y^2}{y}.

Le cercle Γ\Gamma passant par 00, 11 et bb a donc pour équation

X2+Y2X+xx2y2yY=0.X^2+Y^2-X+\frac{x-x^2-y^2}{y}Y=0.

Dans la normalisation a=0a=0, d=1d=1, la condition obtenue en (b) est

b(1c)bcR.\frac{b(1-c)}{b-c}\in\mathbb R.

Elle équivaut à l’égalité de ce nombre avec son conjugué. Après multiplication par les dénominateurs non nuls puis simplification, on obtient

y(s2+t2s)+t(xx2y2)=0.y(s^2+t^2-s)+t(x-x^2-y^2)=0.

Comme y0y\neq0,

s2+t2s+xx2y2yt=0.s^2+t^2-s+\frac{x-x^2-y^2}{y}t=0.

Ainsi c=(s,t)c=(s,t) appartient au même cercle Γ\Gamma que 00, 11, bb. En revenant par la similitude inverse, on conclut que A,B,C,DA,B,C,D sont cocycliques.

Ainsi, hors cas dégénérés, l’égalité dans cette forme de l’inégalité de Ptolémée caractérise les configurations cocycliques avec l’ordre correspondant des quatre points.

Le problème a fait apparaître deux visages d’une même relation : géométriquement, l’inversion transforme un cercle en droite ; algébriquement, l’identité complexe de la dernière partie donne l’inégalité générale. Pour l’ordre de points considéré, la concyclicité est précisément la situation où l’inégalité triangulaire cachée devient une égalité.

Sources

[SOURCE] H. S. M. Coxeter et S. L. Greitzer, Geometry Revisited, Mathematical Association of America : Lien direct.

[SOURCE] Evan Chen, Euclidean Geometry in Mathematical Olympiads : Lien direct.

[SOURCE] M. Chamberland et D. Zeilberger, A Short Proof of a Ptolemy-Like Relation for an Even Number of Points on a Circle : Lien direct.