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DM n°01 · CPGE scientifiques · PCSI

Inversion et théorème de Ptolémée · Nombres complexes · Trigonométrie · Géométrie plane · Inégalité triangulaire

Un cercle devient une droite

Un problème de PCSI où l’inversion complexe transforme un cercle en droite et le théorème de Ptolémée en une addition de longueurs. La même idée conduit ensuite à l’inégalité générale de Ptolémée et caractérise précisément son cas d’égalité.

Temps indicatif
≈ 3 h
Chapitres
Nombres complexes · Trigonométrie · Géométrie plane · Inégalité triangulaire

Objectifs

Ce que ce DM fait travailler

  • 01Traduire une transformation géométrique en calcul complexe et contrôler ce qu’elle fait aux distances
  • 02Choisir une transformation qui simplifie une configuration avant de revenir au problème initial
  • 03Faire passer une identité géométrique d’un cas particulier à une portée plus générale
  • 04Analyser un cas d’égalité pour comprendre quand une inégalité devient exacte

Notions

Notions utiles pour ce devoir

Ce problème mobilise notamment les notions suivantes.

  • Module, argument et conjugaison des nombres complexes
  • Exponentielle complexe et formules trigonométriques usuelles
  • Interprétation géométrique des nombres complexes
  • Inégalité triangulaire et manipulations algébriques élémentaires

Méthode

Comment l’utiliser

1. Chercher

Prévoir environ 3 h et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.

2. Rédiger

Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.

3. Comparer

Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.

Énoncé

Le devoir

Une identité métrique sur quatre points d’un cercle peut sembler difficile à deviner. L’idée de ce problème est de modifier complètement la figure : une transformation simple fera d’un cercle une droite, et une relation non linéaire deviendra alors une addition de longueurs.

Le plan est identifié à C\mathbb C dans un repère orthonormé direct d’origine OO. Si M≠OM\neq O a pour affixe zz, on définit son inverse M⋆M^\star par

z⋆=1z‾=z∣z∣2.z^\star=\frac{1}{\overline z}=\frac{z}{|z|^2}.

L’inversion est ici entièrement définie par cette formule : aucune connaissance préalable sur cette transformation n’est supposée.

I — Changer un cercle en droite

  1. Soient M,N≠OM,N\neq O, d’affixes respectives zz et ww.

(a) Montrer que MM et M⋆M^\star appartiennent à une même demi-droite issue de OO et que

OM⋅OM⋆=1.OM\cdot OM^\star=1.

(b) En déduire que l’inversion est involutive,

(M⋆)⋆=M,(M^\star)^\star=M,

et déterminer ses points fixes.

(c) Établir la formule de transformation des distances

M⋆N⋆=MNOM ON.M^\star N^\star=\frac{MN}{OM\,ON}.
  1. Soit C\mathcal C un cercle passant par OO, de centre CC d’affixe c≠0c\neq0.

(a) Montrer que, pour tout point MM d’affixe zz,

M∈C⟺∣z∣2−2Re⁡(c‾z)=0.M\in\mathcal C \quad\Longleftrightarrow\quad |z|^2-2\operatorname{Re}(\overline c z)=0.

(b) Montrer que l’inversion réalise une bijection de C∖{O}\mathcal C\setminus\{O\} sur la droite

Dc:Re⁡(c‾u)=12.\mathcal D_c: \operatorname{Re}(\overline c u)=\frac12.
  1. Après une rotation du repère, on peut supposer c=r>0c=r>0. Le cercle C\mathcal C est alors paramétré, hors du point OO, par
z(t)=r(1+eit),−π<t<π.z(t)=r(1+e^{it}), \qquad -\pi<t<\pi.

(a) Montrer que

z(t)⋆=12r(1+itan⁡t2).z(t)^\star = \frac1{2r}\left(1+i\tan\frac t2\right).

(b) Montrer que, pour −π<t1<t2<π-\pi<t_1<t_2<\pi,

Im⁡(z(t1)⋆)<Im⁡(z(t2)⋆).\operatorname{Im}\bigl(z(t_1)^\star\bigr) < \operatorname{Im}\bigl(z(t_2)^\star\bigr).

Autrement dit, l’ordre des paramètres correspond à l’ordre vertical des points inverses sur Dr\mathcal D_r.

II — Ptolémée : une addition cachée

Soient A,B,C,DA,B,C,D quatre points distincts d’un même cercle, placés dans cet ordre sur le cercle. On choisit AA pour origine et on applique l’inversion précédente aux trois autres sommets. Après une rotation, et si nécessaire une symétrie par rapport à l’axe réel, les paramètres de la question 3 peuvent être choisis de sorte que

−π<tB<tC<tD<π.-\pi<t_B<t_C<t_D<\pi.

(a) Montrer que B⋆,C⋆,D⋆B^\star,C^\star,D^\star sont alignés et que

C⋆∈[B⋆,D⋆].C^\star\in[B^\star,D^\star].

En déduire

B⋆D⋆=B⋆C⋆+C⋆D⋆.B^\star D^\star = B^\star C^\star+C^\star D^\star.

(b) À l’aide de la formule de transformation des distances obtenue à la question 1, démontrer le théorème de Ptolémée :

AC⋅BD=AB⋅CD+AD⋅BC.AC\cdot BD = AB\cdot CD+AD\cdot BC.

III — Deux conséquences

  1. Un rectangle de côtés aa et bb a pour diagonale dd. Montrer qu’il est inscriptible dans un cercle, puis retrouver le théorème de Pythagore en appliquant Ptolémée à ses quatre sommets :
d2=a2+b2.d^2=a^2+b^2.
  1. Dans un pentagone régulier inscrit dans un cercle, on note ss la longueur d’un côté et dd celle d’une diagonale. Appliquer Ptolémée à quatre sommets consécutifs pour établir
d2=s2+sd,d^2=s^2+sd,

puis déterminer exactement le rapport d/sd/s.

IV — Au-delà du cercle

  1. Soient maintenant A,B,C,DA,B,C,D quatre points distincts quelconques du plan. On choisit AA pour centre de l’inversion.

(a) Établir l’inégalité

B⋆D⋆⩽B⋆C⋆+C⋆D⋆,B^\star D^\star\leqslant B^\star C^\star+C^\star D^\star,

puis utiliser la question 1 pour démontrer l’inégalité de Ptolémée

AC⋅BD⩽AB⋅CD+AD⋅BC.AC\cdot BD \leqslant AB\cdot CD+AD\cdot BC.

(b) Montrer que l’égalité a lieu dans cette inégalité si et seulement si

C⋆∈[B⋆,D⋆].C^\star\in[B^\star,D^\star].
  1. On complète maintenant la description géométrique de l’inversion.

(a) Montrer que toute droite D\mathcal D ne passant pas par OO peut s’écrire, pour un certain c∈C∗c\in\mathbb C^*,

D:Re⁡(c‾u)=12.\mathcal D: \operatorname{Re}(\overline c u)=\frac12.

En déduire de la question 2 que l’image de D\mathcal D par inversion est un cercle passant par OO, privé du point OO lui-même.

(b) On suppose qu’aucun triplet parmi A,B,C,DA,B,C,D n’est aligné. Montrer que l’égalité

AC⋅BD=AB⋅CD+AD⋅BCAC\cdot BD = AB\cdot CD+AD\cdot BC

est vérifiée si et seulement si les quatre points sont sur un même cercle dans l’ordre cyclique A,B,C,DA,B,C,D, ou dans l’ordre inverse.

L’inversion ne conserve pas les distances, mais elle les déforme suivant une règle assez précise pour transformer une identité quadratique en une simple addition sur une droite. Le même changement de point de vue donne ensuite l’inégalité générale de Ptolémée et explique exactement quand l’égalité se produit.

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