Pn:« les termes u0,u1,…,un+1 sont deˊfinis et strictement positifs ».
Initialisation. Pour n=0, les deux termes
u0=aetu1=b
sont définis par les données de l’énoncé. Comme a>0 et b>0, la proposition P0 est vraie.
Hérédité. Soit n≥0. Supposons Pn vraie. Les termes u0,…,un+1 sont donc déjà définis et strictement positifs. En particulier,
un>0,
donc un=0. La formule
un+2=un1+un+1
permet alors effectivement de définir le terme suivant. De plus,
1+un+1>0etun>0,
donc
un+2>0.
Ainsi les termes u0,…,un+2 sont définis et strictement positifs : c’est exactement la proposition Pn+1.
Conclusion. Par récurrence, Pn est vraie pour tout n≥0. La construction ne se bloque donc à aucun rang : elle définit une suite (un)n≥0 à tout rang, et
un>0pour tout n≥0.
Éclairage. L’existence des termes et leur positivité sont établies simultanément. C’est précisément ce qui évite d’utiliser la relation de récurrence à un rang où le dénominateur n’aurait pas encore été justifié comme non nul.
Éclairage. La preuve ne dépend pas des valeurs particulières a et b : à n’importe quel rang, les deux termes consécutifs un et un+1 jouent exactement le rôle des deux valeurs initiales.
(a) Si la suite est constante, égale à un réel c>0, la relation de récurrence impose
c=c1+c.
Comme c>0, on peut multiplier par c :
c2=c+1,
soit
c2−c−1=0.
Le discriminant vaut
Δ=1+4=5.
Les deux solutions sont
21−5et21+5.
La première est négative. L’unique solution strictement positive est donc
c=φ=21+5.
(b) Si (un) est constante, alors u0=u1=c. D’après (a), nécessairement c=φ, donc
a=b=φ.
Réciproquement, supposons
a=b=φ.
Comme φ vérifie φ2=φ+1, on a
φ1+φ=φφ2=φ.
Considérons la propriété
Rn:un=un+1=φ.
Elle est vraie pour n=0. Si Rn est vraie, alors
un+2=un1+un+1=φ1+φ=φ,
donc Rn+1 est vraie. Par récurrence, tous les termes sont égaux à φ.
Ainsi
(un) est constante⟺a=b=21+5.
II — Une quantité qui refuse de bouger
On pose
z=x1+y.
(a) On a
1+z=1+x1+y=x1+x+y.
D’autre part,
1+y+z=1+y+x1+y=(1+y)(1+x1)=x(1+x)(1+y).
Ainsi
1+z=x1+x+y,1+y+z=x(1+x)(1+y).
(b) Par définition,
H(y,z)=yz(1+y)(1+z)(1+y+z).
Or
yz=yx1+y=xy(1+y).
En utilisant les expressions de (a),
H(y,z)=xy(1+y)(1+y)x1+x+yx(1+x)(1+y).
On simplifie un facteur 1+y ainsi qu’un facteur x :
H(y,z)=xy(1+x)(1+y)(1+x+y).
C’est exactement H(x,y). Donc
H(y,x1+y)=H(x,y).
Pour tout n≥0,
un+2=un1+un+1.
La question 5 s’applique avec
x=un,y=un+1,z=un+2,
car les termes de la suite sont strictement positifs. Elle donne
H(un+1,un+2)=H(un,un+1).
Autrement dit,
In+1=Inpour tout n≥0.
La suite (In) est donc constante. Sa valeur est celle du premier terme :
In=I0=H(a,b).
Ainsi
In=ab(1+a)(1+b)(1+a+b)pour tout n≥0.
Éclairage. Une quantité qui garde la même valeur au cours de l’évolution est appelée un invariant. Ici, cette conservation se vérifie directement à partir de la relation de récurrence.
(a) La question 6 montre que, pour tout n≥0,
H(un,un+1)=H(a,b).
Ainsi chaque point
(un,un+1)
appartient à la même courbe de niveau, celle de niveau H(a,b).
(b) Cette conservation ne suffit pas à elle seule à prouver la 5-périodicité. En effet, une courbe de niveau peut contenir beaucoup plus de cinq points. Savoir que tous les couples (un,un+1) restent sur une même courbe indique où l’évolution peut se déplacer, mais ne dit pas qu’après cinq étapes on retrouve exactement le point de départ.
La relation
un+5=un
a été obtenue dans la première partie grâce au calcul exact des itérations.
III — Pourquoi le nombre 1 est-il si spécial ?
Comme λ>0 et v0=v1=1>0, le même raisonnement qu’à la question 1 montre successivement que chaque dénominateur est non nul, que le terme suivant est défini et qu’il reste strictement positif. La suite (vn) est donc bien définie à tout rang.
Fixons λ>0. Pour tous x>0 et y>0, le même raisonnement qu’à la question 1 garantit d’abord que la relation de récurrence définit une suite à tout rang et que tous ses termes restent strictement positifs.
Supposons d’abord λ=1. La suite définie par
w0=x,w1=y,wn+2=wn1+wn+1
est exactement du type étudié dans la partie I. La question 3 montre donc que
wn+5=wnpour tout n≥0.
Ainsi A1 est vraie.
Réciproquement, supposons Aλ vraie. Cette affirmation doit alors être vraie en particulier pour le choix
x=y=1.
La suite obtenue est précisément (vn). Puisqu’elle est 5-périodique,
v5=v0=1.
D’après la question 9, cela impose
λ=1.
On a donc
Aλ est vraie⟺λ=1.
Synthèse. Pour λ=1, le calcul explicite force le retour exact après cinq étapes, quelles que soient les deux valeurs initiales positives. L’invariant H décrit en parallèle une grandeur conservée le long de l’évolution. Lorsque le paramètre change, la périodicité universelle disparaît : le cas initial v0=v1=1 suffit déjà à le détecter.
Ouverture. La récurrence de Lyness est un exemple de système dynamique discret : l’état au rang n peut être représenté par le couple (un,un+1). Pour le paramètre étudié ici, tous les états positifs reviennent après cinq itérations. Dans des versions plus générales, les orbites peuvent au contraire parcourir des courbes invariantes sans être périodiques.
Sources
[SOURCE] R. C. Lyness — Cycles. Lien direct
[SOURCE] Gasull, Mañosa et Xarles — Rational Periodic Sequences for the Lyness Recurrence. Lien direct