Aller au contenu

DM n°03 · Lycée général · Terminale · spécialité maths

Récurrence de Lyness · Suites · Récurrence · Calcul algébrique

Une récurrence qui boucle en cinq étapes

Partir d’un calcul élémentaire, établir une périodicité de période 5, puis introduire un invariant et comprendre ce qui rend le paramètre 1 particulier.

Temps indicatif
≈ 2 h
Chapitres
Suites · Récurrence · Calcul algébrique

Objectifs

Ce que ce DM fait travailler

  • 01Construire rigoureusement une suite récurrente en contrôlant l’existence et le signe de ses termes
  • 02Démontrer une propriété de périodicité à partir de calculs d’itérations
  • 03Manipuler des expressions rationnelles dans un raisonnement
  • 04Comprendre le rôle d’un invariant dans l’étude d’une récurrence

Notions

Notions utiles pour ce devoir

Ce problème mobilise notamment les notions suivantes.

  • Fractions algébriques simples
  • Équation du second degré
  • Suite définie par récurrence
  • Raisonnement par récurrence

Méthode

Comment l’utiliser

1. Chercher

Prévoir environ 2 h et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.

2. Rédiger

Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.

3. Comparer

Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.

Énoncé

Le devoir

En 1942, R. C. Lyness signale dans The Mathematical Gazette une famille de récurrences rationnelles capables de produire des cycles indépendamment, dans certains cas, des valeurs choisies au départ. Le problème étudie le plus célèbre de ces phénomènes.

Les réponses doivent être justifiées. Aucun résultat général sur les récurrences d’ordre 2 n’est supposé connu ; la relation ci-dessous suffit. Aucune calculatrice n’est nécessaire.

On fixe deux réels strictement positifs aa et bb. On pose

u0=a,u1=b.u_0=a,\qquad u_1=b.

À partir de deux termes consécutifs déjà construits, on souhaite poursuivre par la relation

un+2=1+un+1un(n≥0).u_{n+2}=\frac{1+u_{n+1}}{u_n}\qquad(n\ge 0).

Il faut d’abord vérifier que cette construction ne se bloque jamais.

I — La surprise des cinq pas

  1. Pour tout entier n≥0n\ge 0, on considère la proposition
Pn:« les termes u0,u1,…,un+1 sont deˊfinis et strictement positifs ».P_n:\quad \text{« les termes }u_0,u_1,\ldots,u_{n+1}\text{ sont définis et strictement positifs ».}

Démontrer par récurrence que PnP_n est vraie pour tout n≥0n\ge 0. En déduire que la relation précédente définit bien une suite (un)n≥0(u_n)_{n\ge 0} à tout rang et que tous ses termes sont strictement positifs.

  1. Calculer et simplifier successivement u2u_2, u3u_3, u4u_4, u5u_5 puis u6u_6 en fonction de aa et de bb.

  2. Les calculs précédents suggèrent que

un+5=un.u_{n+5}=u_n.

Démontrer cette égalité pour tout n≥0n\ge 0. On dira qu’une suite vérifiant cette propriété est 5-périodique.

  1. Une suite constante peut évidemment être 5-périodique.

(a) Déterminer l’unique réel c>0c>0 pour lequel la suite constante un=cu_n=c vérifie la relation de récurrence.

(b) En déduire que (un)(u_n) est constante si et seulement si

a=b=1+52.a=b=\frac{1+\sqrt5}{2}.

II — Une quantité qui refuse de bouger

Pour x>0x>0 et y>0y>0, on pose

H(x,y)=(1+x)(1+y)(1+x+y)xy.H(x,y)=\frac{(1+x)(1+y)(1+x+y)}{xy}.
  1. Soient x>0x>0, y>0y>0 et
z=1+yx.z=\frac{1+y}{x}.

(a) Simplifier 1+z1+z puis 1+y+z1+y+z.

(b) En déduire, sans développer tous les produits, que

H(y,z)=H(x,y).H(y,z)=H(x,y).
  1. Pour n≥0n\ge 0, on pose
In=H(un,un+1).I_n=H(u_n,u_{n+1}).

Montrer que In+1=InI_{n+1}=I_n pour tout n≥0n\ge 0. En déduire que la suite (In)(I_n) est constante et donner sa valeur en fonction de aa et de bb.

  1. Pour C>0C>0, on appelle ici courbe de niveau CC l’ensemble des points (x,y)(x,y) tels que x>0x>0, y>0y>0 et H(x,y)=CH(x,y)=C.

(a) Traduire géométriquement le résultat de la question précédente pour les points (un,un+1)(u_n,u_{n+1}).

(b) Expliquer pourquoi cette seule information ne suffit pas à démontrer que un+5=unu_{n+5}=u_n pour tout n≥0n\ge 0.

III — Pourquoi le nombre 1 est-il si spécial ?

On remplace maintenant le nombre 1 du numérateur par un paramètre λ>0\lambda>0. Dans cette partie seulement, on pose

v0=v1=1,v_0=v_1=1,

puis on poursuit par

vn+2=λ+vn+1vn(n≥0).v_{n+2}=\frac{\lambda+v_{n+1}}{v_n}\qquad(n\ge 0).

Comme λ>0\lambda>0, le raisonnement de la question 1 s’applique de la même façon : tous les termes vnv_n sont définis et strictement positifs.

  1. Calculer et simplifier v2v_2, v3v_3, v4v_4 puis v5v_5.

  2. Montrer que

v5=1⟺λ=1.v_5=1\Longleftrightarrow \lambda=1.
  1. Fixons λ>0\lambda>0. Pour tous x>0x>0 et y>0y>0, le raisonnement de la question 1 montre que la construction donnée par les deux valeurs initiales et la relation ci-dessous est bien définie à tout rang et reste strictement positive.

On considère l’affirmation Aλ\mathcal A_\lambda suivante : pour tous x>0x>0 et y>0y>0, la suite (wn)(w_n) définie par

w0=x,w1=y,wn+2=λ+wn+1wnw_0=x,\qquad w_1=y,\qquad w_{n+2}=\frac{\lambda+w_{n+1}}{w_n}

est 5-périodique.

Montrer que Aλ\mathcal A_\lambda est vraie si et seulement si λ=1\lambda=1.

Synthèse. Le calcul exact des itérations révèle ici une périodicité exceptionnelle. La fonction HH, elle, fournit une grandeur qui reste inchangée lorsque le couple (un,un+1)(u_n,u_{n+1}) évolue. Dans des systèmes plus compliqués, repérer de telles grandeurs conservées permet souvent de comprendre une dynamique que l’on ne sait plus calculer explicitement.

Continuer

Explorer d’autres devoirs