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Corrigé détaillé · L3

Une dimension fractale détecte l’infinité des nombres premiers

Après avoir cherché le sujet, comparez votre démarche avec cette correction et repérez les écarts de méthode, de précision ou de rédaction.

I — Mesurer un ensemble à l'échelle ε\varepsilon

(a) Si F={x1,,xm}F=\{x_1,\ldots,x_m\}, chaque point peut être recouvert par un intervalle de longueur ε\varepsilon. On obtient donc Nε(F)mN_\varepsilon(F)\le m. Comme FF est non vide, tout recouvrement utilise au moins un intervalle, donc Nε(F)1N_\varepsilon(F)\ge1. Ainsi

1Nε(F)m.1\le N_\varepsilon(F)\le m.

(b) On peut recouvrir [0,1][0,1] par les intervalles

[0,ε], [ε,2ε],[0,\varepsilon],\ [\varepsilon,2\varepsilon],\ldots

jusqu'à dépasser 11. Il suffit de 1/ε\lceil1/\varepsilon\rceil intervalles ; en particulier

Nε([0,1])1ε1ε+11ε+2.N_\varepsilon([0,1])\le\left\lceil\frac1\varepsilon\right\rceil \le \frac1\varepsilon+1 \le \frac1\varepsilon+2.

(c) Considérons les points

0, 2ε, 4ε,, 2kε0,\ 2\varepsilon,\ 4\varepsilon,\ldots,\ 2k\varepsilon

qui appartiennent à [0,1][0,1], avec k=1/(2ε)k=\lfloor1/(2\varepsilon)\rfloor. Deux de ces points sont à distance au moins 2ε>ε2\varepsilon>\varepsilon ; un intervalle de longueur ε\varepsilon ne peut donc en contenir deux. Il faut au moins k+1k+1 intervalles. Pour 0<ε1/20<\varepsilon\le1/2,

k+1>12ε.k+1>\frac1{2\varepsilon}.

On peut donc prendre c=1/2c=1/2 :

Nε([0,1])12ε.N_\varepsilon([0,1])\ge\frac1{2\varepsilon}.

(a) Pour un ensemble fini non vide FF de cardinal mm, les estimations précédentes donnent

0logNε(F)logεlogmlogε.0\le \frac{\log N_\varepsilon(F)}{-\log\varepsilon} \le \frac{\log m}{-\log\varepsilon}.

Le membre de droite tend vers 00, donc

dimB(F)=0.\boxed{\overline{\dim}_B(F)=0.}

Pour [0,1][0,1], les estimations précédentes donnent, pour ε\varepsilon assez petit,

log(1/(2ε))logεlogNε([0,1])logεlog(1/ε+2)logε.\frac{\log(1/(2\varepsilon))}{-\log\varepsilon} \le \frac{\log N_\varepsilon([0,1])}{-\log\varepsilon} \le \frac{\log(1/\varepsilon+2)}{-\log\varepsilon}.

Les deux termes extrêmes tendent vers 11. Par encadrement,

dimB([0,1])=1.\boxed{\overline{\dim}_B([0,1])=1.}

(b) La minoration est immédiate : Nε(A)1N_\varepsilon(A)\ge1, donc le quotient qui définit la dimension est positif ou nul. Pour la majoration, comme AA est borné, il existe un intervalle [M,M][-M,M] qui le contient. On peut recouvrir cet intervalle par au plus

2Mε+2\frac{2M}{\varepsilon}+2

intervalles de longueur ε\varepsilon. Ainsi

Nε(A)2Mε+2.N_\varepsilon(A)\le \frac{2M}{\varepsilon}+2.

En prenant les logarithmes et le lim sup\limsup,

dimB(A)1.\overline{\dim}_B(A)\le1.

Donc

0dimB(A)1.\boxed{0\le\overline{\dim}_B(A)\le1.}

(c) Posons δ=cε\delta=c\varepsilon. Lorsque ε0+\varepsilon\to0^+, on a aussi δ0+\delta\to0^+, et

logNcε(A)logε=logNδ(A)logδlogδlogδ+logc.\frac{\log N_{c\varepsilon}(A)}{-\log\varepsilon} = \frac{\log N_\delta(A)}{-\log\delta} \cdot \frac{-\log\delta}{-\log\delta+\log c}.

Le second facteur tend vers 11. Le premier est borné supérieurement à long terme grâce à la majoration dimB(A)1\overline{\dim}_B(A)\le1 établie ci-dessus. Par conséquent, multiplier par le second facteur ne change pas le lim sup\limsup :

lim supε0+logNcε(A)logε=dimB(A).\boxed{ \limsup_{\varepsilon\to0^+} \frac{\log N_{c\varepsilon}(A)}{-\log\varepsilon} =\overline{\dim}_B(A).}

La dimension ignore donc les changements d'échelle par un facteur multiplicatif constant.

[IDÉE] Cette stabilité est le petit lemme technique qui permettra plus loin de remplacer ε\varepsilon par ε/(2R)\varepsilon/(2R) sans modifier l'exposant asymptotique.

II — Une infinité de points peut avoir une dimension nulle

(a) Posons

k=log(1/ε)logq.k=\left\lceil\frac{\log(1/\varepsilon)}{\log q}\right\rceil.

Alors qkεq^{-k}\le\varepsilon. Les termes 1,q1,,q(k1)1,q^{-1},\ldots,q^{-(k-1)} peuvent être recouverts séparément, tandis que toute la queue

{qk,q(k+1),}\{q^{-k},q^{-(k+1)},\ldots\}

est contenue dans [0,ε][0,\varepsilon]. Ainsi

Nε(Gq)k+12+log(1/ε)logq.N_\varepsilon(G_q)\le k+1 \le 2+\frac{\log(1/\varepsilon)}{\log q}.

(b) On obtient

0dimB(Gq)lim supε0+log ⁣(2+log(1/ε)logq)log(1/ε).0\le \overline{\dim}_B(G_q) \le \limsup_{\varepsilon\to0^+} \frac{\log\!\left(2+\frac{\log(1/\varepsilon)}{\log q}\right)}{\log(1/\varepsilon)}.

Le numérateur est de l'ordre de loglog(1/ε)\log\log(1/\varepsilon) et le dénominateur de l'ordre de log(1/ε)\log(1/\varepsilon) ; leur quotient tend vers 00. Donc

dimB(Gq)=0.\boxed{\overline{\dim}_B(G_q)=0.}

[IDÉE] La différence essentielle est une différence de vitesse : pour une suite géométrique, atteindre l'échelle ε\varepsilon ne demande qu'un nombre de termes proportionnel à log(1/ε)\log(1/\varepsilon).

III — Multiplier des ensembles sans faire exploser leur dimension

(a) Comme AA et BB sont bornés, on choisit R1R\ge1 tel que xR|x|\le R pour tout xABx\in A\cup B. Posons η=ε/(2R)\eta=\varepsilon/(2R). Pour a,aAa,a'\in A et b,bBb,b'\in B vérifiant aaη|a-a'|\le\eta et bbη|b-b'|\le\eta, on écrit

abab=a(bb)+b(aa).ab-a'b'=a(b-b')+b'(a-a').

Ainsi

abababb+baaRη+Rη=2Rε2R=ε.\begin{aligned} |ab-a'b'| &\le |a|\,|b-b'|+|b'|\,|a-a'|\\ &\le R\eta+R\eta\\ &=2R\frac{\varepsilon}{2R}=\varepsilon. \end{aligned}

(b) Prenons un recouvrement de AA par Nη(A)N_\eta(A) intervalles IiI_i de longueur η\eta, et un recouvrement de BB par Nη(B)N_\eta(B) intervalles JjJ_j de longueur η\eta. L'estimation précédente montre que le diamètre de

(AIi)(BJj)(A\cap I_i)(B\cap J_j)

est au plus ε\varepsilon. Tout sous-ensemble de R\mathbb R de diamètre au plus ε\varepsilon est contenu dans un intervalle de longueur ε\varepsilon. Les ensembles précédents, lorsque ii et jj varient, recouvrent ABAB : si abABab\in AB, alors aa appartient à un certain IiI_i et bb à un certain JjJ_j. Il y a au plus

Nη(A)Nη(B)N_\eta(A)N_\eta(B)

paires (i,j)(i,j). On obtient donc

Nε(AB)Nε/(2R)(A)Nε/(2R)(B).\boxed{ N_\varepsilon(AB) \le N_{\varepsilon/(2R)}(A)N_{\varepsilon/(2R)}(B).}

[IDÉE] On a ici formulé le recouvrement avec les intersections AIiA\cap I_i et BJjB\cap J_j. Cela garantit que les facteurs utilisés sont effectivement bornés par RR, ce qui rend l'estimation complètement explicite.

(a) En prenant les logarithmes dans l'inégalité de recouvrement obtenue ci-dessus,

logNε(AB)logεlogNε/(2R)(A)logε+logNε/(2R)(B)logε.\frac{\log N_\varepsilon(AB)}{-\log\varepsilon} \le \frac{\log N_{\varepsilon/(2R)}(A)}{-\log\varepsilon} + \frac{\log N_{\varepsilon/(2R)}(B)}{-\log\varepsilon}.

En prenant le lim sup\limsup et en utilisant

lim sup(xε+yε)lim supxε+lim supyε,\limsup(x_\varepsilon+y_\varepsilon) \le \limsup x_\varepsilon+\limsup y_\varepsilon,

puis l'invariance par changement d'échelle constant avec c=1/(2R)c=1/(2R), on obtient

dimB(AB)dimB(A)+dimB(B).\boxed{ \overline{\dim}_B(AB) \le \overline{\dim}_B(A)+\overline{\dim}_B(B).}

(b) Pour r=2r=2, l'inégalité vient d'être établie. Supposons le résultat vrai pour r1r-1 ensembles. Alors

dimB(A1Ar)=dimB((A1Ar1)Ar)dimB(A1Ar1)+dimB(Ar)i=1rdimB(Ai).\begin{aligned} \overline{\dim}_B(A_1\cdots A_r) &=\overline{\dim}_B\big((A_1\cdots A_{r-1})A_r\big)\\ &\le \overline{\dim}_B(A_1\cdots A_{r-1})+\overline{\dim}_B(A_r)\\ &\le \sum_{i=1}^{r}\overline{\dim}_B(A_i). \end{aligned}

Ainsi

dimB(A1Ar)i=1rdimB(Ai).\boxed{ \overline{\dim}_B(A_1\cdots A_r) \le \sum_{i=1}^r\overline{\dim}_B(A_i).}

(c) Si chaque AiA_i a dimension supérieure de boîte nulle, alors la majoration précédente donne

0dimB(A1Ar)0.0\le\overline{\dim}_B(A_1\cdots A_r)\le0.

Donc

dimB(A1Ar)=0.\boxed{\overline{\dim}_B(A_1\cdots A_r)=0.}

IV — Ce que prédirait un nombre fini de nombres premiers

(a) Supposons que les seuls nombres premiers soient p1,,prp_1,\ldots,p_r. Montrons d'abord

EAp1Apr.E\subset A_{p_1}\cdots A_{p_r}.

Soit 1/nE1/n\in E. Si n=1n=1, on prend tous les exposants nuls. Si n2n\ge2, l'existence d'une factorisation première donne des entiers e1,,er0e_1,\ldots,e_r\ge0 tels que

n=p1e1prer.n=p_1^{e_1}\cdots p_r^{e_r}.

Alors

1n=p1e1prer,\frac1n=p_1^{-e_1}\cdots p_r^{-e_r},

et chaque facteur pieip_i^{-e_i} appartient à ApiA_{p_i}. Donc 1/n1/n appartient au produit d'ensembles.

Réciproquement, soit

xAp1Apr.x\in A_{p_1}\cdots A_{p_r}.

Il existe e1,,er0e_1,\ldots,e_r\ge0 tels que

x=p1e1prer=1p1e1prer.x=p_1^{-e_1}\cdots p_r^{-e_r} =\frac1{p_1^{e_1}\cdots p_r^{e_r}}.

Le dénominateur est un entier strictement positif ; donc xEx\in E. Ainsi

E=Ap1Apr.\boxed{E=A_{p_1}\cdots A_{p_r}.}

(b) Chaque ApiA_{p_i} est un ensemble GqG_q avec q=pi>1q=p_i>1. D'après l'étude des suites géométriques,

dimB(Api)=0.\overline{\dim}_B(A_{p_i})=0.

La sous-additivité pour les produits finis donne alors

dimB(E)=0\boxed{\overline{\dim}_B(E)=0}

sous l'hypothèse qu'il n'existe qu'un nombre fini de nombres premiers.

[IDÉE] C'est le basculement central de la preuve : l'arithmétique ne fournit plus un entier auxiliaire comme chez Euclide ; elle impose une décomposition géométrique de tout l'ensemble des inverses des entiers.

V — La géométrie réelle de E={1/n}E=\{1/n\}

(a) Pour 1nm11\le n\le m-1,

1n1n+1=1n(n+1).\frac1n-\frac1{n+1}=\frac1{n(n+1)}.

Ces écarts décroissent avec nn ; le plus petit écart entre deux termes consécutifs de

1,12,,1m1,\frac12,\ldots,\frac1m

vaut donc

1(m1)m.\frac1{(m-1)m}.

Or

1(m1)m>1m(m+1)=εm.\frac1{(m-1)m}>\frac1{m(m+1)}=\varepsilon_m.

Deux points distincts de la liste sont ainsi séparés par une distance strictement supérieure à εm\varepsilon_m. Un intervalle de longueur εm\varepsilon_m ne peut en contenir deux.

(b) Il faut donc au moins mm intervalles pour recouvrir les mm premiers points, et a fortiori pour recouvrir EE :

Nεm(E)m.N_{\varepsilon_m}(E)\ge m.

Comme εm0\varepsilon_m\to0,

dimB(E)lim supmlogNεm(E)logεmlimmlogmlogm+log(m+1)=12.\overline{\dim}_B(E) \ge \limsup_{m\to\infty} \frac{\log N_{\varepsilon_m}(E)}{-\log\varepsilon_m} \ge \lim_{m\to\infty} \frac{\log m}{\log m+\log(m+1)} =\frac12.

Ainsi

dimB(E)12.\boxed{\overline{\dim}_B(E)\ge\frac12.}

[IDÉE] Cette seule minoration suffit à la preuve de l'infinité des nombres premiers. Saito rappelle dans son article la valeur exacte dimB(E)=1/2\overline{\dim}_B(E)=1/2, mais son argument n'a besoin de redémontrer que cette minoration. La majoration suivante est un complément du présent DM.

(a) Fixons 0<ε<10<\varepsilon<1 et posons

m=ε1/2.m=\left\lceil\varepsilon^{-1/2}\right\rceil.

On recouvre séparément les mm premiers points de EE. Les autres points appartiennent à

[0,1m+1],\left[0,\frac1{m+1}\right],

qui peut être recouvert par au plus

1(m+1)ε\left\lceil\frac1{(m+1)\varepsilon}\right\rceil

intervalles de longueur ε\varepsilon. Par conséquent

Nε(E)m+1(m+1)ε.N_\varepsilon(E) \le m+\left\lceil\frac1{(m+1)\varepsilon}\right\rceil.

Comme mε1/2+1m\le\varepsilon^{-1/2}+1 et (m+1)1m1ε1/2(m+1)^{-1}\le m^{-1}\le\varepsilon^{1/2},

Nε(E)2ε1/2+2.N_\varepsilon(E)\le2\varepsilon^{-1/2}+2.

On peut donc prendre, par exemple, C=4C=4 pour tout ε\varepsilon assez petit.

(b) La majoration précédente donne

dimB(E)lim supε0+log(Cε1/2)logε=12.\overline{\dim}_B(E) \le \limsup_{\varepsilon\to0^+} \frac{\log(C\varepsilon^{-1/2})}{-\log\varepsilon} =\frac12.

Avec la minoration obtenue précédemment,

dimB(E)=12.\boxed{\overline{\dim}_B(E)=\frac12.}

(a) Supposons qu'il n'existe qu'un nombre fini de nombres premiers p1,,prp_1,\ldots,p_r. Pour chaque ii, posons

Api={1,pi1,pi2,}.A_{p_i}=\{1,p_i^{-1},p_i^{-2},\ldots\}.

Chacun de ces ensembles a une dimension supérieure de boîte nulle, car son nombre de recouvrement croît au plus logarithmiquement lorsque l'échelle tend vers 00. L'existence d'une décomposition de tout entier en produit de nombres premiers donne

E={1n:n1}=Ap1Apr.E=\left\{\frac1n:n\ge1\right\}=A_{p_1}\cdots A_{p_r}.

La sous-additivité de la dimension supérieure de boîte pour les produits finis entraîne

dimB(E)i=1rdimB(Api)=0,\overline{\dim}_B(E) \le \sum_{i=1}^r\overline{\dim}_B(A_{p_i}) =0,

donc dimB(E)=0\overline{\dim}_B(E)=0. Mais l'étude directe de EE donne

dimB(E)=12.\overline{\dim}_B(E)=\frac12.

Contradiction. Ainsi

l’ensemble des nombres premiers est infini.\boxed{\text{l'ensemble des nombres premiers est infini.}}

(b) Non. Pour obtenir l'inclusion

EAp1Apr,E\subset A_{p_1}\cdots A_{p_r},

il suffit que chaque entier positif possède au moins une factorisation en nombres premiers. Réciproquement, tout choix d'exposants e1,,er0e_1,\ldots,e_r\ge0 fournit l'inverse de l'entier p1e1prerp_1^{e_1}\cdots p_r^{e_r}. L'égalité des ensembles ne demande donc jamais que la factorisation soit unique.

[IDÉE] Le cœur de la preuve est un changement de langage : une hypothèse arithmétique sur les nombres premiers devient une contrainte géométrique sur l'ensemble des inverses des entiers. La mesure directe de cette géométrie rend la contrainte impossible.

Prolongement facultatif - indépendant de la preuve principale

(a) Soit f(x)=xαf(x)=x^{-\alpha} sur (0,+)(0,+\infty). On a

f(x)=αxα1.f'(x)=-\alpha x^{-\alpha-1}.

Par le théorème des accroissements finis, il existe ξn(n,n+1)\xi_n\in(n,n+1) tel que

nα(n+1)α=αξnα1.n^{-\alpha}-(n+1)^{-\alpha} =\alpha\xi_n^{-\alpha-1}.

La fonction xxα1x\mapsto x^{-\alpha-1} étant décroissante,

(n+1)α1ξnα1nα1.(n+1)^{-\alpha-1} \le \xi_n^{-\alpha-1} \le n^{-\alpha-1}.

En multipliant par α>0\alpha>0,

α(n+1)α1nα(n+1)ααnα1.\boxed{ \alpha(n+1)^{-\alpha-1} \le n^{-\alpha}-(n+1)^{-\alpha} \le \alpha n^{-\alpha-1}.}

(b) Parmi les mm premiers points

1,2α,,mα,1,2^{-\alpha},\ldots,m^{-\alpha},

le plus petit écart entre deux points consécutifs est au moins

αmα1.\alpha m^{-\alpha-1}.

Posons par exemple

εm=α2mα1.\varepsilon_m=\frac{\alpha}{2}m^{-\alpha-1}.

Alors un intervalle de longueur εm\varepsilon_m ne peut contenir deux de ces mm points. Donc

Nεm(Eα)m.N_{\varepsilon_m}(E_\alpha)\ge m.

Ainsi

dimB(Eα)limmlogmlogεm.\overline{\dim}_B(E_\alpha) \ge \lim_{m\to\infty} \frac{\log m}{-\log\varepsilon_m}.

Or

logεm=(α+1)logmlog(α/2),-\log\varepsilon_m =(\alpha+1)\log m-\log(\alpha/2),

donc

dimB(Eα)1α+1.\boxed{\overline{\dim}_B(E_\alpha)\ge\frac1{\alpha+1}.}

(c) Fixons 0<ε<10<\varepsilon<1 et

m=ε1/(α+1).m=\left\lceil\varepsilon^{-1/(\alpha+1)}\right\rceil.

Les mm premiers points sont recouverts par mm intervalles. La queue est contenue dans

[0,(m+1)α],[0,(m+1)^{-\alpha}],

et nécessite au plus

mαε+1\frac{m^{-\alpha}}{\varepsilon}+1

intervalles. Comme mε1/(α+1)m\ge\varepsilon^{-1/(\alpha+1)},

mαεεα/(α+1)ε1=ε1/(α+1).\frac{m^{-\alpha}}{\varepsilon} \le \varepsilon^{\alpha/(\alpha+1)}\varepsilon^{-1} = \varepsilon^{-1/(\alpha+1)}.

De plus,

mε1/(α+1)+1.m\le\varepsilon^{-1/(\alpha+1)}+1.

Donc

Nε(Eα)2ε1/(α+1)+2.N_\varepsilon(E_\alpha) \le 2\varepsilon^{-1/(\alpha+1)}+2.

En passant au lim sup\limsup,

dimB(Eα)1α+1.\overline{\dim}_B(E_\alpha) \le\frac1{\alpha+1}.

Avec la minoration précédente,

dimB(Eα)=1α+1.\boxed{\overline{\dim}_B(E_\alpha)=\frac1{\alpha+1}.}

[IDÉE] Ce prolongement montre que la valeur 1/21/2 n'est pas accidentelle : elle correspond au cas α=1\alpha=1 de la loi générale dimB{nα}=1/(α+1)\overline{\dim}_B\{n^{-\alpha}\}=1/(\alpha+1). Cette généralisation n'intervient cependant pas dans la preuve de l'infinité des nombres premiers.

Sources

[SOURCE] Kota Saito, A Fractal Proof of the Infinitude of Primes, Lithuanian Mathematical Journal 59 (2019), no. 3, p. 408–411. DOI : 10.1007/s10986-019-09449-6. C'est la source publiée originale de la preuve : définition par recouvrements de diamètre contrôlé, sous-additivité pour les produits, minoration de la dimension de {1/n}\{1/n\} et dimension nulle des suites géométriques.

[SOURCE] Version auteur accessible : arXiv:1810.05955. Dans R\mathbb R, notre formulation par intervalles de longueur ε\varepsilon est équivalente à la formulation de Saito par ensembles de diamètre au plus ε\varepsilon. Le DM adapte en outre la preuve du lemme de produit en travaillant explicitement avec AIiA\cap I_i et BJjB\cap J_j, puis ajoute une démonstration de la majoration dimB(E)1/2\overline{\dim}_B(E)\le1/2.