Des changements de coordonnées aux invariants, à la loi d’inertie et à la classification complète des coniques réelles · Changements de coordonnées et coniques · Matrices symétriques et réduction orthogonale · Formes quadratiques et méthode de Gauss · Loi d’inertie de Sylvester · Classification des coniques réelles · Invariants affines et matrice homogénéisée
Formes quadratiques, réduction et classification des coniques
Après avoir cherché le sujet, comparez votre démarche avec cette correction et repérez les écarts de méthode, de précision ou de rédaction.
Le calcul concret des premières questions fait apparaître deux opérations de nature différente : une rotation agit sur les directions de la partie quadratique, tandis qu'une translation agit sur les termes affines. La réduction des formes quadratiques permet ensuite de séparer ces rôles et d'identifier les invariants qui gouvernent la classification.
I — Changer d'axes avant de changer de langage
Pour λ=0,
x2+y2+2x+2y+μ=0
équivaut à
(x+1)2+(y+1)2=2−μ.
Ainsi, si μ<2, C0,μ est le cercle de centre (−1,−1) et de rayon 2−μ ; si μ=2, C0,2={(−1,−1)} ; si μ>2, C0,μ=∅.
(a) Pour λ=1,
(x+y)2+2(x+y)+μ=0.
Avec s=x+y, cela donne
(s+1)2=1−μ.
Si μ<1, les deux valeurs s=−1±1−μ donnent deux droites parallèles distinctes
x+y=−1±1−μ.
Si μ=1, on obtient la droite x+y=−1, comptée double dans l'équation quadratique. Si μ>1, il n'existe aucune valeur réelle de s et l'ensemble est vide.
(b) Les vecteurs
eu=21(1,1),ev=21(−1,1)
sont unitaires, orthogonaux et vérifient det(eu,ev)=1 : ils forment donc une base orthonormée directe. Pour X=(x,y),
u=⟨X,eu⟩=2x+y,v=⟨X,ev⟩=2−x+y,
ce sont bien les coordonnées de X dans ce repère. La base (eu,ev) s'obtient par rotation d'angle π/4 du repère initial.
Pour λ=−1,
x2−2xy+y2+2x+2y+μ=0,
soit
(x−y)2+2(x+y)+μ=0.
Comme x+y=2u et x−y=−2v, l'équation devient
2v2+22u+μ=0,
c'est-à-dire
u=−2v2−22μ.
C'est une parabole propre pour tout μ. Son sommet a pour coordonnées
(u0,v0)=(−22μ,0),
donc, dans le repère initial,
(x0,y0)=(−4μ,−4μ).
Son axe est la droite parallèle à (1,1) passant par le sommet, et la parabole s'ouvre dans le sens opposé au vecteur (1,1).
Pour λ=1/2 et μ=0,
23u2+21v2+22u=0.
On obtient
23(u+322)2+21v2=34,
puis
8/9(u+322)2+8/3v2=1.
Le centre est (−22/3,0) dans le repère (u,v), donc
(−32,−32)
dans le repère initial. Les directions des axes sont celles de (1,1) et (−1,1). Les demi-axes correspondants ont pour longueurs respectives
98=322,38=326.
(a) Dans q(X+h,Y+k), les termes de degré 2 proviennent uniquement de AX2, BXY et CY2 ; les autres termes ont degré au plus 1. La partie homogène de degré 2 est donc
AX2+BXY+CY2.
Une translation ne modifie donc pas la partie quadratique et, en particulier, ne peut annuler un coefficient B initialement non nul.
(b) En remplaçant x et y par
x=ucosθ−vsinθ,y=usinθ+vcosθ,
le coefficient de uv est
−2Asinθcosθ+B(cos2θ−sin2θ)+2Csinθcosθ,
soit
(C−A)sin(2θ)+Bcos(2θ).
(c) Il faut donc annuler
(C−A)sin(2θ)+Bcos(2θ).
Si A=C et B=0, tout angle θ convient. Si A=C et B=0, il faut cos(2θ)=0, donc
θ=4π+k2π,k∈Z.
Si A=C, l'annulation équivaut à
tan(2θ)=A−CB,
et cette équation possède des solutions, par exemple
2θ=arctan(A−CB)+kπ.
II — La matrice de la partie quadratique
(a) On calcule
(xy)(AB/2B/2C)(xy)=Ax2+Bxy+Cy2.
Si une matrice symétrique (abbc) représente q, l'identification des coefficients impose a=A, 2b=B et c=C : la matrice est unique.
(b) Si X=PY, alors
q(X)=YTPTSPY.
La matrice dans les coordonnées Y est donc
S′=PTSP.
(c) Si P est orthogonale, PT=P−1, donc
S′=P−1SP.
La congruence est alors aussi une similitude. Une matrice diagonale représente une partie quadratique sans terme croisé ; diagonaliser orthogonalement S revient donc exactement à choisir des axes orthonormés dans lesquels le terme en uv disparaît.
(a) On a
χS(t)=det(tI2−S)=t2−(A+C)t+AC−4B2.
Son discriminant vaut
(A+C)2−4AC+B2=(A−C)2+B2≥0.
Les deux valeurs propres de S sont donc réelles, éventuellement confondues.
(b) Si Su=λu et Sv=νv, alors, puisque S est symétrique,
λ⟨u,v⟩=⟨Su,v⟩=⟨u,Sv⟩=ν⟨u,v⟩.
Lorsque λ=ν, on en déduit ⟨u,v⟩=0.
(c) Si S possède une valeur propre double, le discriminant précédent est nul. Ainsi (A−C)2+B2=0, donc A=C et B=0. Par conséquent S=AI2.
(d) Si les valeurs propres sont distinctes, on choisit un vecteur propre unitaire dans chacun des deux espaces propres ; la question précédente montre qu'ils forment une base orthonormée. Si la valeur propre est double, S est scalaire et toute base orthonormée est une base de vecteurs propres. Dans tous les cas, S est orthogonalement diagonalisable.
(e) Si une base orthonormée propre est indirecte, on remplace l'un de ses vecteurs par son opposé. Elle reste orthonormée et propre, mais devient directe. Sa matrice de passage appartient alors à SO(2), donc est une matrice de rotation. Dans ce repère, S est diagonale : le coefficient du terme croisé est nul. On retrouve ainsi l'existence de l'angle θ de la question 4.
(a) À partir de S′=PTSP,
detS′=det(PT)detSdetP=(detP)2detS.
Comme P est inversible, (detP)2>0, donc le signe de detS est conservé. De même,
rang(PTSP)=rangS
car la multiplication à gauche ou à droite par une matrice inversible ne change pas le rang.
(b) On a
detS=AC−4B2,
d'où
Δq=B2−4AC=−4detS.
(c) Les valeurs propres réelles de S ont pour produit detS. Si Δq<0, alors detS>0 : les deux valeurs propres sont non nulles et de même signe, donc q est définie positive ou définie négative. Si Δq>0, alors detS<0 : les valeurs propres sont de signes opposés, donc q est indéfinie. Enfin, si Δq=0, alors detS=0 ; comme q=0, on a S=0, donc rangS=1.
(d) Avec la même partie quadratique x2+y2, les équations
x2+y2=1,x2+y2=0,x2+y2+1=0
définissent respectivement une ellipse particulière, à savoir un cercle, un point et l'ensemble vide. Avec la partie quadratique y2, les équations
y2−x=0,y2−1=0,y2+1=0
définissent respectivement une parabole, deux droites parallèles et l'ensemble vide.
III — Formes quadratiques, réduction et signature
(a) Par bilinéarité et symétrie,
q(x+y)=φ(x+y,x+y)=q(x)+q(y)+2φ(x,y).
Ainsi
φ(x,y)=21(q(x+y)−q(x)−q(y)).
Cette formule détermine φ uniquement à partir de q, donc la forme bilinéaire symétrique associée est unique.
(b) Dans une base B=(e1,…,en), on pose sij=φ(ei,ej). La matrice SB=(sij) est symétrique et
q(XB)=XBTSBXB.
Pour un même vecteur, si XB=PXB′, alors
q=XB′TPTSBPXB′,
d'où
SB′=PTSBP.
(c) Dans la base B, la condition x∈Rad(q) s'écrit
XTSBY=0pour tout Y.
Comme SB est symétrique, cela équivaut à SBX=0. Le radical correspond donc au noyau de SB et, par le théorème du rang,
dimRad(q)=dimE−rang(SB).
Le rang est conservé par congruence. Ainsi rang(SB) ne dépend pas de la base ; c’est le rang de q, et la formule précédente s’écrit aussi dimRad(q)=dimE−rang(q).
(a) On raisonne par récurrence sur n=dimE. Le résultat est immédiat pour n=0 et pour la forme nulle. Supposons q=0 et choisissons une base. Si l'un des coefficients de carré est non nul, on place la variable correspondante en première position. Si tous les coefficients de carré sont nuls, q=0 impose l'existence d'un terme croisé non nul, c'est-à-dire de deux vecteurs de base ei,ej tels que φ(ei,ej)=0. Alors
q(ei+ej)=2φ(ei,ej)=0,
et le remplacement de ei par ei+ej fournit une base dans laquelle un coefficient de carré est non nul.
Après permutation éventuelle, on peut donc écrire
q=ax12+x1L(x2,…,xn)+R(x2,…,xn),a=0.
En posant
u1=x1+2aL(x2,…,xn),
on obtient
q=au12+R−4aL2.
Le changement (x1,x2,…,xn)↦(u1,x2,…,xn) est linéaire et inversible, et le second terme est une forme quadratique en n−1 variables. L'hypothèse de récurrence l'achève en une somme diagonale de carrés.
(b) L'identité
q0(x,y,z)=21(x+y+2z)2−21(x−y)2−2z2
se vérifie par développement. En posant
u=x+y+2z,v=x−y,w=z,
la matrice du changement de coordonnées a pour déterminant −2, donc il est inversible, et
q0=21u2−21v2−2w2.
À partir d'une forme diagonale, chaque coefficient positif λ est ramené à +1 par la substitution U=λu, et chaque coefficient négatif −ν à −1 par V=νv. On obtient donc
q=u12+⋯+up+2−v12−⋯−vp−2,
les autres coordonnées appartenant au radical.
(a) Dans une base adaptée à cette forme réduite, notons e1,…,en les vecteurs de base correspondant aux coordonnées affichées. Posons E+ égal au sous-espace engendré par les p+ vecteurs associés aux termes positifs, E− égal au sous-espace engendré par les p− vecteurs associés aux termes négatifs, et E0=Rad(q). La restriction de q à E+ est définie positive. Si F est un sous-espace sur lequel la restriction de q est définie positive, alors
F∩(E−⊕E0)={0},
car tout vecteur non nul de E−⊕E0 vérifie q(x)≤0. Par la formule des dimensions,
dimF+dim(E−⊕E0)≤dimE,
donc dimF≤p+. Ainsi p+ est la dimension maximale cherchée. De même, p− est la dimension maximale d'un sous-espace sur lequel la restriction de q est définie négative.
(b) Ces deux dimensions maximales sont définies intrinsèquement à partir de q, sans référence à une réduction particulière. Les entiers p+ et p− sont donc invariants : c'est la loi d'inertie de Sylvester.
(c) Dans la forme réduite, exactement p++p− coefficients sont non nuls, donc
rang(q)=p++p−.
Deux formes quadratiques sur le même espace de dimension finie ayant la même signature ont aussi le même nombre de coordonnées nulles ; après réduction, elles s'écrivent donc toutes deux sous la même forme canonique. Elles sont congruentes. Réciproquement, une congruence ne change ni p+ ni p− d'après la question précédente.
(d) La réduction de q0 obtenue à la question 9 comporte un coefficient positif et deux coefficients négatifs. Ainsi
signature(q0)=(1,2).
(e) Les deux formes ont la signature (2,0) : elles sont congruentes. Par exemple, dans x2+4y2, le changement inversible x=u, y=v/2 donne u2+v2. En revanche, sous un changement orthogonal la matrice est transformée par similitude et conserve donc son spectre. Les spectres {1,4} et {1,1} étant différents, les deux formes ne sont pas orthogonalement équivalentes.
Un changement linéaire inversible conserve donc le rang et la signature ; un changement orthogonal conserve en plus les valeurs propres et les données métriques qui en dépendent. Pour les coniques, une transformation affine peut modifier longueurs et angles, tandis qu'une transformation euclidienne, composée d'une translation et d'une transformation orthogonale, les préserve.
IV — Le rôle des termes affines
(a) En développant et en utilisant ST=S,
f(Y+h)=YTSY+2(Sh+ℓ)TY+hTSh+2ℓTh+γ.
(b) En soustrayant les expressions obtenues pour Y et −Y,
f(h+Y)−f(h−Y)=4(Sh+ℓ)TY.
Cette quantité est nulle pour tout Y si et seulement si Sh+ℓ=0.
(c) Si S est inversible, ce système possède l'unique solution
h=−S−1ℓ.
(a) Avec h=−S−1ℓ,
f(h+Y)=YTSY+γ−ℓTS−1ℓ.
Ainsi f(h+Y)=0 équivaut à
YTSY=ρ,ρ=ℓTS−1ℓ−γ.
(b) Soit ε∈{−1,1} tel que εS soit définie positive. Alors, pour Y=0,
εf(h+Y)−εf(h)=YT(εS)Y>0.
Le centre h est donc l'unique minimiseur de εf. Après diagonalisation orthogonale de εS, l'équation s'écrit
λ1u2+λ2v2=ερ,λ1,λ2>0.
Si ερ>0, on obtient une ellipse propre ; si ρ=0, l'unique solution est le centre, donc un point ; si ερ<0, l'ensemble est vide.
(c) Si S est indéfinie, une base orthonormée permet d'écrire
λu2−νv2=ρ,λ,ν>0.
Si ρ=0, après division par ∣ρ∣ on obtient l'une des deux équations canoniques d'une hyperbole propre. Si ρ=0,
(λu−νv)(λu+νv)=0,
donc l'ensemble est la réunion de deux droites sécantes passant par le centre. Leurs directions sont exactement les directions isotropes non nulles de q, c'est-à-dire les vecteurs Y=0 tels que YTSY=0.
L'équation est
σu2+2βu+2ηv+δ=0.
Si η=0, on pose U=u+β/σ ; l'équation devient
σU2+2ηv+δ−σβ2=0.
Une translation de v donne alors
σU2+2ηV=0,
soit V=−σU2/(2η) : c'est une parabole propre.
Si η=0, on obtient
σ(u+σβ)2+δ−σβ2=0,
donc, avec U=u+β/σ,
U2=σ2β2−σδ.
On a donc deux droites parallèles distinctes si β2−σδ>0, une droite double si β2−σδ=0, et l'ensemble vide si β2−σδ<0.
Dans ces coordonnées, kerS est dirigé par l'axe v et η est la composante de ℓ suivant cette direction. Comme S est symétrique,
ImS=(kerS)⊥.
Ainsi
η=0⟺∃z∈kerS,ℓTz=0⟺ℓ∈/ImS.
Pour une partie quadratique de rang 1, ces conditions caractérisent exactement une parabole propre.
V — Une matrice qui tient compte de toute l'équation
(a) Par multiplication matricielle,
(XT1)(SℓTℓγ)(X1)=XTSX+2ℓTX+γ=f(X).
(b) Posons X=(X1) et Y=(Y1). La relation X=PY+h s'écrit
X=HY,H=(P0h1).
Ainsi
g(Y)=f(PY+h)=YTHTMfHY.
Par unicité de la matrice symétrique représentant cette forme quadratique homogénéisée,
Mg=HTMfH.
(c) Comme P est inversible, H l'est aussi. La congruence précédente conserve donc le rang. De plus,
detMg=det(HT)detMfdetH=(detP)2detMf.
Le facteur (detP)2 étant strictement positif, la propriété detMf=0 est également invariante.
(a) Posons
K=(I20−S−1ℓ1).
Comme S est symétrique, S−1 l'est aussi, et un calcul par blocs donne
KTMfK=(S00γ−ℓTS−1ℓ).
Or detK=1. En prenant les déterminants,
detMf=detS(γ−ℓTS−1ℓ)=−detSρ.
(b) Dans les coordonnées de la question 13,
Mf=σ0β00ηβηδ.
Le développement suivant la deuxième ligne, ou suivant la deuxième colonne, donne
detMf=−ση2.
(c) Si rangS=2, alors detS=0 et
detMf=0⟺ρ=0.
Dans ce cas, la classification de la question 12 donne un point lorsque S est définie, et deux droites sécantes lorsque S est indéfinie. Si detMf=0, alors ρ=0 : on obtient une ellipse propre ou l'ensemble vide lorsque S est définie, selon le signe de ερ, et une hyperbole propre lorsque S est indéfinie.
Si rangS=1, la formule detMf=−ση2 montre que
detMf=0⟺η=0,
donc detMf=0 caractérise exactement la parabole propre. Lorsque detMf=0, on obtient deux droites parallèles, une droite double ou l'ensemble vide selon le signe de β2−σδ.
Enfin, detMf=0 ne garantit pas l'existence de points réels : l'équation
x2+y2+1=0
a pour matrice homogénéisée I3, de déterminant 1, mais n'a aucune solution réelle.
Si λ=±1, le centre a donc pour coordonnées initiales
(−1+λ1,−1+λ1).
La relation
detMλ,μ=(1−λ)((1+λ)μ−2)
donne
rangMλ,μ=⎩⎨⎧3,2,2,1,λ=1 et (1+λ)μ=2,λ=1 et (1+λ)μ=2,λ=1 et μ=1,(λ,μ)=(1,1).
Pour λ=−1, la première ligne s'applique pour tout μ, donc M−1,μ est toujours de rang 3.
Les lieux de changement dans le plan des paramètres sont donc les droites λ=−1 et λ=1, ainsi que la courbe
μ=1+λ2,λ=−1.
La classification complète est la suivante :
si −1<λ<1 et μ<2/(1+λ) : ellipse propre ;
si −1<λ<1 et μ=2/(1+λ) : un point ;
si −1<λ<1 et μ>2/(1+λ) : ensemble vide ;
si ∣λ∣>1 et μ=2/(1+λ) : hyperbole propre ;
si ∣λ∣>1 et μ=2/(1+λ) : deux droites sécantes ;
si λ=−1 : parabole propre pour tout μ ;
si λ=1 et μ<1 : deux droites parallèles distinctes ;
si λ=1 et μ=1 : une droite double ;
si λ=1 et μ>1 : ensemble vide.
Pour λ=−1,
kerS−1=Vect(1,1),ℓ=(1,1)∈/ImS−1.
Le terme affine possède donc une composante non nulle dans la direction du noyau : d'après la question 13, on obtient une parabole propre.
Pour λ=1,
kerS1=Vect(−1,1),ℓ=(1,1)∈ImS1.
Il existe alors une translation qui annule les termes linéaires ; l'équation se réduit à
(x+y+1)2=1−μ.
On retrouve ainsi les trois cas : deux droites parallèles distinctes, une droite double ou l'ensemble vide. Ainsi Δq=0 signifie ici que la partie quadratique est de rang 1 ; cela ne suffit pas à conclure que la conique est une parabole.
Pour
Ax2+Bxy+Cy2+Dx+Ey+F=0,
on pose
S=(AB/2B/2C),ℓ=21(DE),Δq=B2−4AC=−4detS.
Comme (A,B,C)=(0,0,0), on a rangS∈{1,2}.
Si rangS=2, le centre est unique : h=−S−1ℓ. On calcule
ρ=ℓTS−1ℓ−F.
Si S est définie, on choisit ε∈{−1,1} tel que εS soit définie positive : ερ>0 donne une ellipse propre, ρ=0 un point et ερ<0 l'ensemble vide. Si S est indéfinie, ρ=0 donne une hyperbole propre et ρ=0 deux droites sécantes.
Si rangS=1, la question 15 donne un premier critère invariant : detM=0 équivaut à ℓ∈/ImS et caractérise une parabole propre. Si detM=0, alors ℓ∈ImS ; une translation convenable annule les termes linéaires et, après réduction orthogonale, l'équation devient U2=c. Selon que c>0, c=0 ou c<0, on obtient deux droites parallèles, une droite double ou l'ensemble vide. Dans des coordonnées où l'équation est σu2+2βu+δ=0, le signe de c est celui de β2−σδ.
La matrice homogénéisée
M=AB/2D/2B/2CE/2D/2E/2F
apporte un contrôle invariant supplémentaire : son rang et la propriété detM=0 sont conservés par tout changement affine inversible.
Une translation laisse S inchangée. Un changement orthogonal transforme S par similitude orthogonale : son spectre, les longueurs et les angles sont préservés. Sous un changement affine inversible X=PY+h, la partie quadratique devient PTSP : le rang et la signature sont préservés, mais pas en général les valeurs propres ni les longueurs. La matrice homogénéisée est elle aussi transformée par congruence ; son rang et la propriété detM=0 sont invariants.