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DM n°07 · Agrégation de mathématiques · Agrégation interne

Des changements de coordonnées aux invariants, à la loi d’inertie et à la classification complète des coniques réelles · Changements de coordonnées et coniques · Matrices symétriques et réduction orthogonale · Formes quadratiques et méthode de Gauss · Loi d’inertie de Sylvester · Classification des coniques réelles · Invariants affines et matrice homogénéisée

Formes quadratiques, réduction et classification des coniques

À partir d’une famille de coniques dont les axes ne sont pas toujours visibles dans le repère initial, le problème fait émerger les matrices symétriques, la congruence, la réduction des formes quadratiques et la loi d’inertie de Sylvester. Ces outils sont ensuite combinés aux termes affines et à une matrice homogénéisée pour classifier toutes les coniques réelles, y compris les cas dégénérés.

Temps indicatif
≈ 5 h
Chapitres
Changements de coordonnées et coniques · Matrices symétriques et réduction orthogonale · Formes quadratiques et méthode de Gauss · Loi d’inertie de Sylvester · Classification des coniques réelles · Invariants affines et matrice homogénéisée

Objectifs

Ce que ce DM fait travailler

  • 01Passer d’une équation cartésienne du second degré à une lecture géométrique par translations et rotations
  • 02Comprendre la congruence des matrices symétriques et distinguer ce qu’elle conserve de la similitude orthogonale
  • 03Réduire une forme quadratique réelle et utiliser la loi d’inertie de Sylvester pour identifier ses invariants
  • 04Classifier les coniques propres et dégénérées à partir du rang, de la signature et des termes affines
  • 05Construire un arbre de décision invariant pour une équation quadratique générale du plan

Notions

Notions utiles pour ce devoir

Ce problème mobilise notamment les notions suivantes.

  • Calcul algébrique et équations du second degré
  • Géométrie repérée et changements de coordonnées simples
  • Matrices 2 × 2, déterminant et valeurs propres
  • Notions élémentaires d’espace vectoriel et de produit scalaire

Méthode

Comment l’utiliser

1. Chercher

Prévoir environ 5 h et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.

2. Rédiger

Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.

3. Comparer

Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.

Énoncé

Le devoir

Dans une équation du second degré, un terme en xyxy peut masquer les directions privilégiées de la courbe, tandis que les termes de degré 11 déplacent son centre ou son sommet. On part de changements de coordonnées élémentaires pour faire émerger progressivement le langage des matrices symétriques et des formes quadratiques, puis l'utiliser pour classifier rigoureusement les coniques, y compris les cas dégénérés.

Pour (λ,μ)R2(\lambda,\mu)\in\mathbb R^2, on considère la courbe

Cλ,μ:x2+2λxy+y2+2x+2y+μ=0.\mathcal C_{\lambda,\mu}:\qquad x^2+2\lambda xy+y^2+2x+2y+\mu=0.

I — Changer d'axes avant de changer de langage

Un premier cas sans terme croisé

  1. Déterminer, suivant la valeur de μ\mu, la nature de l'ensemble C0,μ\mathcal C_{0,\mu}. On précisera, lorsqu'il y a lieu, son centre et son rayon.

Deux valeurs singulières du paramètre

  1. (a) On pose s=x+ys=x+y. Ramener l'équation de C1,μ\mathcal C_{1,\mu} à une équation portant uniquement sur ss, puis déterminer, suivant μ\mu, l'ensemble des points (x,y)(x,y) qui la satisfont. Identifier géométriquement les différents cas obtenus. (b) Pour λ=1\lambda=-1, on considère le changement de coordonnées
u=x+y2,v=x+y2.u=\frac{x+y}{\sqrt2},\qquad v=\frac{-x+y}{\sqrt2}.

Montrer que les vecteurs

eu=12(1,1),ev=12(1,1)e_u=\frac1{\sqrt2}(1,1),\qquad e_v=\frac1{\sqrt2}(-1,1)

forment une base orthonormée directe et que u,vu,v sont les coordonnées du point dans le repère associé. Préciser l'angle de rotation de ce repère par rapport au repère initial. Dans ces coordonnées, réécrire l'équation de C1,μ\mathcal C_{-1,\mu} sous la forme canonique d'une parabole. En déduire son sommet, la direction de son axe et son sens d'ouverture.

Une ellipse dont les axes ne sont pas ceux du repère

  1. Utiliser le changement de coordonnées de la question 2(b) pour transformer l'équation de C1/2,0\mathcal C_{1/2,0}. La ramener à une équation de la forme
(uu0)2a2+(vv0)2b2=1,a,b>0,\frac{(u-u_0)^2}{a^2}+\frac{(v-v_0)^2}{b^2}=1,\qquad a,b>0,

puis en déduire, dans le repère initial, son centre, les directions de ses axes et les longueurs de ses demi-axes.

Peut-on toujours faire disparaître xyxy ?

On considère

q(x,y)=Ax2+Bxy+Cy2,q(x,y)=Ax^2+Bxy+Cy^2,

A,B,CRA,B,C\in\mathbb R, non tous nuls.

  1. (a) On effectue une translation x=X+hx=X+h, y=Y+ky=Y+k. Montrer que la partie homogène de degré 22 de q(X+h,Y+k)q(X+h,Y+k) est encore
AX2+BXY+CY2.AX^2+BXY+CY^2.

En déduire qu'une translation ne peut faire disparaître un terme croisé non nul. (b) On effectue le changement orthogonal

x=ucosθvsinθ,y=usinθ+vcosθ.x=u\cos\theta-v\sin\theta,\qquad y=u\sin\theta+v\cos\theta.

Montrer que le coefficient de uvuv dans la nouvelle expression de qq vaut

(CA)sin(2θ)+Bcos(2θ).(C-A)\sin(2\theta)+B\cos(2\theta).

(c) Montrer qu'il existe toujours un angle θ\theta pour lequel ce coefficient est nul. Préciser les choix possibles lorsque A=CA=C. Lorsque ACA\ne C, montrer que l'on peut choisir θ\theta tel que

tan(2θ)=BAC.\tan(2\theta)=\frac{B}{A-C}.

IDÉELe calcul précédent fonctionne, mais il ne fait pas encore apparaître ce qui est préservé lorsque l'on change de coordonnées.

II — La matrice de la partie quadratique

Une écriture qui mémorise le terme croisé

On pose

S=(AB/2B/2C),X=(xy).S=\begin{pmatrix}A&B/2\\B/2&C\end{pmatrix},\qquad X=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}.
  1. (a) Vérifier que q(x,y)=XTSXq(x,y)=X^TSX. Expliquer pourquoi SS est l'unique matrice symétrique possédant cette propriété. (b) Si X=PYX=PY, où PGL2(R)P\in GL_2(\mathbb R), montrer que la matrice de qq dans les nouvelles coordonnées est
S=PTSP.S'=P^TSP.

Deux matrices reliées de cette manière sont dites congruentes. (c) Supposons PP orthogonale. Montrer que la relation précédente se réécrit

S=P1SP.S'=P^{-1}SP.

En déduire pourquoi diagonaliser orthogonalement SS revient exactement à trouver des axes orthonormés faisant disparaître le terme croisé.

Pourquoi une matrice symétrique se réduit-elle orthogonalement en dimension 22 ?

  1. (a) Calculer le polynôme caractéristique de SS et montrer que son discriminant vaut
(AC)2+B2.(A-C)^2+B^2.

En déduire que les valeurs propres de SS sont réelles. (b) Montrer que deux vecteurs propres associés à deux valeurs propres distinctes sont orthogonaux. (c) Montrer que, si SS possède une valeur propre double, alors SS est une matrice scalaire. (d) En déduire que toute matrice symétrique réelle d'ordre 22 possède une base orthonormée de vecteurs propres. (e) Montrer que cette base peut être orientée de sorte que sa matrice de passage soit une rotation. Retrouver ainsi, sans nouveau développement algébrique, l'existence de l'angle θ\theta de la question 4.

Ce que voit le discriminant

  1. (a) À partir de la relation S=PTSPS'=P^TSP, établir
detS=(detP)2detS.\det S'=(\det P)^2\det S.

En déduire que le rang de SS ainsi que le signe de detS\det S sont invariants par changement linéaire inversible de coordonnées. (b) Relier le discriminant classique

Δq=B24AC\Delta_q=B^2-4AC

au déterminant de SS. (c) Lorsque q0q\ne0, montrer que

Δq<0q est deˊfinie positive ou deˊfinie neˊgative,\Delta_q<0\Rightarrow q\text{ est définie positive ou définie négative}, Δq>0q est indeˊfinie,\Delta_q>0\Rightarrow q\text{ est indéfinie}, Δq=0rangS=1.\Delta_q=0\Rightarrow \operatorname{rang}S=1.

(d) Donner des équations ayant exactement la même partie quadratique mais définissant respectivement une ellipse, un point et l'ensemble vide. Donner de même trois équations de partie quadratique de rang 11 définissant une parabole, deux droites parallèles et l'ensemble vide.

IDÉELa partie quadratique détermine une grande partie de la géométrie, mais elle ne suffit pas à elle seule.

III — Formes quadratiques, réduction et signature

Soit désormais EE un espace vectoriel réel de dimension finie. Une forme quadratique sur EE est une application q:ERq:E\to\mathbb R pour laquelle il existe une forme bilinéaire symétrique φ\varphi telle que

q(x)=φ(x,x).q(x)=\varphi(x,x).

Retrouver la forme bilinéaire

  1. (a) Montrer que nécessairement
φ(x,y)=12(q(x+y)q(x)q(y)).\varphi(x,y)=\frac12\bigl(q(x+y)-q(x)-q(y)\bigr).

En déduire l'unicité de φ\varphi. (b) Dans une base B\mathcal B de EE, montrer que qq s'écrit

q(XB)=XBTSBXBq(X_{\mathcal B})=X_{\mathcal B}^T S_{\mathcal B}X_{\mathcal B}

avec SBS_{\mathcal B} symétrique. Si XB=PXBX_{\mathcal B}=PX_{\mathcal B'} pour les colonnes de coordonnées d'un même vecteur dans deux bases B\mathcal B et B\mathcal B', montrer que

SB=PTSBP.S_{\mathcal B'}=P^T S_{\mathcal B}P.

(c) On appelle radical de qq l'espace

Rad(q)={xE:yE, φ(x,y)=0}.\operatorname{Rad}(q)=\{x\in E:\forall y\in E,\ \varphi(x,y)=0\}.

Montrer que

dimRad(q)=dimErang(SB),\dim\operatorname{Rad}(q)=\dim E-\operatorname{rang}(S_{\mathcal B}),

puis en déduire que le rang de SBS_{\mathcal B} ne dépend pas de la base. On l’appelle le rang de qq.

La méthode de Gauss

On pourra utiliser les deux mécanismes suivants :

ax12+x1L+R=a(x1+L2a)2+RL24a,a0,ax_1^2+x_1L+R=a\left(x_1+\frac{L}{2a}\right)^2+R-\frac{L^2}{4a},\qquad a\ne0,

et

xy=14((x+y)2(xy)2).xy=\frac14\bigl((x+y)^2-(x-y)^2\bigr).
  1. (a) Montrer, par récurrence sur la dimension, que toute forme quadratique réelle peut être transformée par un changement linéaire inversible de coordonnées en
λ1u12++λrur2,λi0.\lambda_1u_1^2+\cdots+\lambda_ru_r^2,\qquad \lambda_i\ne0.

(b) Trouver un changement linéaire inversible de coordonnées qui transforme

q0(x,y,z)=2xy+2xz+2yzq_0(x,y,z)=2xy+2xz+2yz

en une forme diagonale, et donner explicitement cette forme.

Loi d'inertie

À partir d'une réduction diagonale, montrer qu'un changement d'échelle des coordonnées permet d'écrire

q=u12++up+2v12vp2,q=u_1^2+\cdots+u_{p_+}^2-v_1^2-\cdots-v_{p_-}^2,

les autres coordonnées éventuelles n'intervenant pas. On appelle signature de qq le couple (p+,p)(p_+,p_-).

(a) Montrer que p+p_+ est la dimension maximale d'un sous-espace de EE sur lequel la restriction de qq est définie positive. Donner l'énoncé analogue pour pp_-. (b) En déduire que p+p_+ et pp_- ne dépendent pas de la réduction choisie. C'est la loi d'inertie de Sylvester. (c) Montrer que

rang(q)=p++p.\operatorname{rang}(q)=p_++p_-.

En déduire que, sur un même espace vectoriel réel de dimension finie, deux formes quadratiques sont congruentes si et seulement si elles ont la même signature. (d) Déterminer la signature de q0q_0. (e) Les deux formes x2+4y2x^2+4y^2 et x2+y2x^2+y^2 sont-elles congruentes ? Peuvent-elles être transformées l'une en l'autre par un changement orthogonal de coordonnées ? En déduire quelles informations un changement linéaire inversible conserve et quelles informations un changement orthogonal conserve en plus. Relier cette distinction aux classifications affine et euclidienne des coniques.

IV — Le rôle des termes affines

On considère maintenant

f(X)=XTSX+2TX+γ,f(X)=X^TSX+2\ell^TX+\gamma,

SS2(R)S\in\mathcal S_2(\mathbb R) est non nulle et R2\ell\in\mathbb R^2.

Translation et centre

(a) Pour X=Y+hX=Y+h, établir

f(Y+h)=YTSY+2(Sh+)TY+hTSh+2Th+γ.f(Y+h)=Y^TSY+2(Sh+\ell)^TY+h^TSh+2\ell^Th+\gamma.

(b) On appelle centre de l'équation un point hh tel que

f(h+Y)=f(hY)pour tout YR2.f(h+Y)=f(h-Y)\qquad\text{pour tout }Y\in\mathbb R^2.

Montrer que cette condition équivaut à Sh+=0Sh+\ell=0. (c) En déduire que, lorsque SS est inversible, il existe un unique centre,

h=S1.h=-S^{-1}\ell.

Le cas où la partie quadratique est de rang 22

On suppose SS inversible et on pose

ρ=TS1γ.\rho=\ell^TS^{-1}\ell-\gamma.

(a) Montrer qu'après translation au centre l'équation f(X)=0f(X)=0 devient

YTSY=ρ.Y^TSY=\rho.

(b) Supposons que la forme quadratique YYTSYY\mapsto Y^TSY soit définie, c'est-à-dire définie positive ou définie négative. Soit ε{1,1}\varepsilon\in\{-1,1\} choisi de sorte que εS\varepsilon S soit définie positive. Montrer que le centre est l'unique point où εf\varepsilon f atteint son minimum, puis classifier l'ensemble f(X)=0f(X)=0 suivant le signe de ερ\varepsilon\rho. (c) Supposons SS indéfinie. Classifier f(X)=0f(X)=0 suivant que ρ\rho est nul ou non nul. Interpréter géométriquement, lorsque ρ=0\rho=0, les vecteurs non nuls YY tels que YTSY=0Y^TSY=0.

Le cas où la partie quadratique est de rang 11

Après changement orthogonal de coordonnées, on peut écrire

S=(σ000),σ0,S=\begin{pmatrix}\sigma&0\\0&0\end{pmatrix},\qquad \sigma\ne0,

et l'équation sous la forme

σu2+2βu+2ηv+δ=0.\sigma u^2+2\beta u+2\eta v+\delta=0.
  1. Distinguer les cas η0\eta\ne0 et η=0\eta=0. Dans chacun d'eux, ramener l'équation par des translations à une forme canonique et identifier l'ensemble obtenu ; dans le cas η=0\eta=0, on fera intervenir le signe de β2σδ\beta^2-\sigma\delta. Traduire enfin, sans faire référence à la base choisie, la condition qui caractérise le cas d'une parabole propre, à l'aide de kerS\ker S ou de ImS\operatorname{Im}S.

V — Une matrice qui tient compte de toute l'équation

Homogénéiser l'équation

À

f(X)=XTSX+2TX+γf(X)=X^TSX+2\ell^TX+\gamma

on associe

Mf=(STγ).\mathcal M_f=\begin{pmatrix}S&\ell\\\ell^T&\gamma\end{pmatrix}.

(a) Montrer que

f(X)=(XT1)Mf(X1).f(X)=\begin{pmatrix}X^T&1\end{pmatrix}\mathcal M_f\begin{pmatrix}X\\1\end{pmatrix}.

(b) Pour le changement affine

X=PY+h,PGL2(R),X=PY+h,\qquad P\in GL_2(\mathbb R),

on définit g(Y)=f(PY+h)g(Y)=f(PY+h) et

H=(Ph01).H=\begin{pmatrix}P&h\\0&1\end{pmatrix}.

Montrer que

Mg=HTMfH.\mathcal M_g=H^T\mathcal M_fH.

(c) En déduire que le rang de Mf\mathcal M_f et la propriété detMf=0\det\mathcal M_f=0 sont invariants par changement affine inversible de coordonnées.

Ce que détecte le déterminant homogène

(a) Lorsque SS est inversible, montrer que

detMf=detS(γTS1)=detSρ.\det\mathcal M_f=\det S\bigl(\gamma-\ell^TS^{-1}\ell\bigr)=-\det S\,\rho.

(b) Dans les coordonnées de la question 13, montrer que

detMf=ση2.\det\mathcal M_f=-\sigma\eta^2.

(c) Interpréter, dans les cas rangS=2\operatorname{rang}S=2 puis rangS=1\operatorname{rang}S=1, ce que les conditions detMf=0\det\mathcal M_f=0 ou detMf0\det\mathcal M_f\ne0 permettent de lire dans la classification obtenue aux questions 12 et 13. La condition detMf0\det\mathcal M_f\ne0 garantit-elle l'existence de points réels ? Justifier.

VI — Classification complète d'une famille

Les deux matrices de Cλ,μ\mathcal C_{\lambda,\mu}

  1. Montrer que
Sλ=(1λλ1)S_\lambda=\begin{pmatrix}1&\lambda\\\lambda&1\end{pmatrix}

admet pour vecteurs propres

12(11),12(11),\frac1{\sqrt2}\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix},\qquad \frac1{\sqrt2}\begin{pmatrix}-1\\1\end{pmatrix},

avec pour valeurs propres respectives 1+λ1+\lambda et 1λ1-\lambda. Calculer detSλ\det S_\lambda, Δq\Delta_q, puis detMλ,μ\det\mathcal M_{\lambda,\mu}

Mλ,μ=(1λ1λ1111μ).\mathcal M_{\lambda,\mu}= \begin{pmatrix} 1&\lambda&1\\ \lambda&1&1\\ 1&1&\mu \end{pmatrix}.

Classification dans le plan des paramètres

  1. Classifier entièrement Cλ,μ\mathcal C_{\lambda,\mu} pour tous les couples (λ,μ)R2(\lambda,\mu)\in\mathbb R^2. Décrire dans le plan des paramètres les lieux où changent
rangSλ,signatureSλ,rangMλ,μ,\operatorname{rang}S_\lambda,\qquad \operatorname{signature}S_\lambda,\qquad \operatorname{rang}\mathcal M_{\lambda,\mu},

puis dresser une classification faisant apparaître précisément les régions ou frontières correspondant à une ellipse, une hyperbole, une parabole, un point, l'ensemble vide, deux droites sécantes, deux droites parallèles ou une droite double. Expliquer notamment pourquoi λ=1\lambda=-1 et λ=1\lambda=1 ont le même discriminant quadratique nul mais des comportements géométriques très différents.

Retour à l'équation générale

  1. Soit
Ax2+Bxy+Cy2+Dx+Ey+F=0,Ax^2+Bxy+Cy^2+Dx+Ey+F=0,

avec (A,B,C)(0,0,0)(A,B,C)\ne(0,0,0). Construire un arbre de décision permettant de classifier cette équation à partir de

S=(AB/2B/2C),=12(DE),S=\begin{pmatrix}A&B/2\\B/2&C\end{pmatrix},\qquad \ell=\frac12\begin{pmatrix}D\\E\end{pmatrix},

et

M=(AB/2D/2B/2CE/2D/2E/2F).\mathcal M=\begin{pmatrix} A&B/2&D/2\\ B/2&C&E/2\\ D/2&E/2&F \end{pmatrix}.

L'arbre distinguera notamment les cas rangS=2\operatorname{rang}S=2 et rangS=1\operatorname{rang}S=1 et indiquera, dans chaque branche, les critères nécessaires pour identifier la conique ou le cas dégénéré. Distinguer enfin ce qui est préservé par une translation, par un changement orthogonal de repère et par un changement affine inversible de coordonnées.

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