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Corrigé détaillé · MPSI / MP2I

Pourquoi les translations font-elles apparaître les fréquences ? · Nombres complexes · Groupes cycliques · Sommes finies · Transformée de Fourier discrète · Principe d’incertitude discret

Des rotations aux fréquences : Fourier sur un groupe cyclique

Après avoir cherché le sujet, comparez votre démarche avec cette correction et repérez les écarts de méthode, de précision ou de rédaction.

La construction part d'une question de symétrie. La structure de groupe organise les rotations ; les fonctions z↦zkz\mapsto z^k sont imposées par la recherche du comportement le plus simple possible sous translation ; la somme géométrique permet ensuite de les séparer. La formule d'inversion reconstruit toute fonction à partir des coefficients ainsi obtenus, puis l'identité de Parseval conduit à un principe d'incertitude exact sur les supports.

I — Un polygone qui est aussi un groupe

(a) Si ωj=ωℓ\omega^j=\omega^\ell avec 0≤j,ℓ≤n−10\leq j,\ell\leq n-1, alors ωj−ℓ=1\omega^{j-\ell}=1, donc

e2iπ(j−ℓ)/n=1.e^{2i\pi(j-\ell)/n}=1.

Ainsi (j−ℓ)/n∈Z(j-\ell)/n\in\mathbb Z, c'est-à-dire n∣(j−ℓ)n\mid(j-\ell). Comme ∣j−ℓ∣<n|j-\ell|<n, on obtient j=ℓj=\ell : les nn nombres affichés sont distincts.

Réciproquement, si zn=1z^n=1, alors ∣z∣n=1|z|^n=1, donc ∣z∣=1|z|=1 et z=eiθz=e^{i\theta} pour un réel θ\theta. La relation einθ=1e^{in\theta}=1 donne nθ∈2πZn\theta\in2\pi\mathbb Z, d'où z=e2iπj/n=ωjz=e^{2i\pi j/n}=\omega^j pour un entier jj, que l'on peut réduire modulo nn dans {0,…,n−1}\{0,\ldots,n-1\}.

(b) Pour j,ℓ∈{0,…,n−1}j,\ell\in\{0,\ldots,n-1\},

ωjωℓ=ωj+ℓ∈Un\omega^j\omega^\ell=\omega^{j+\ell}\in\mathbb U_n

après réduction de l'exposant modulo nn, et

(ωj)−1=ω−j∈Un.(\omega^j)^{-1}=\omega^{-j}\in\mathbb U_n.

L'associativité vient de la multiplication complexe, 1∈Un1\in\mathbb U_n est neutre, et chaque élément possède un inverse dans Un\mathbb U_n. Ainsi (Un,×)(\mathbb U_n,\times) est un groupe fini.

Enfin, par définition,

Un={ωj ; 0≤j≤n−1}.\mathbb U_n=\{\omega^j\,;\,0\leq j\leq n-1\}.

Tous ses éléments sont donc des puissances de ω\omega : le groupe est cyclique et ω\omega est un générateur.

Éclairage. L'application z↦ωzz\mapsto\omega z est la rotation d'angle 2π/n2\pi/n. La loi de groupe ne constitue donc pas un habillage : elle encode la composition des rotations du polygone.

II — Translater une fonction, c'est faire tourner son motif

(a) Pour z∈Unz\in\mathbb U_n,

(τaτbf)(z)=(τbf)(a−1z)=f(b−1a−1z)=f((ab)−1z)=(τabf)(z).(\tau_a\tau_bf)(z)=(\tau_bf)(a^{-1}z)=f(b^{-1}a^{-1}z)=f((ab)^{-1}z)=(\tau_{ab}f)(z).

Donc τaτb=τab\tau_a\tau_b=\tau_{ab}.

De plus, τ1f=f\tau_1f=f, donc τ1\tau_1 est l'identité. Enfin,

τaτa−1=τ1,\tau_a\tau_{a^{-1}}=\tau_1,

si bien que τa\tau_a est bijective et que son inverse est τa−1\tau_{a^{-1}}.

(b) Par récurrence à partir de τaτb=τab\tau_a\tau_b=\tau_{ab},

(τω)j=τωj.(\tau_\omega)^j=\tau_{\omega^j}.

Par ailleurs,

(τωf)(ωz)=f(ω−1ωz)=f(z).(\tau_\omega f)(\omega z)=f(\omega^{-1}\omega z)=f(z).

La valeur portée par le sommet zz avant la translation se retrouve donc au sommet ωz\omega z après translation : le motif a été déplacé d'un cran. Comme tout a∈Una\in\mathbb U_n s'écrit a=ωja=\omega^j, toute translation τa\tau_a est obtenue en répétant cette translation élémentaire.

III — Les fonctions les plus simples sous rotation

(a) Si λ=0\lambda=0, l'égalité τωf=0\tau_\omega f=0 et la bijectivité de τω\tau_\omega imposeraient f=0f=0, contradiction. Donc λ≠0\lambda\neq0.

Si f(1)=0f(1)=0, alors la relation

f(ωj−1)=λf(ωj)f(\omega^{j-1})=\lambda f(\omega^j)

propagerait la valeur nulle à tous les sommets, donc encore f=0f=0. Ainsi f(1)≠0f(1)\neq0.

La même relation donne

f(ωj)=λ−1f(ωj−1),f(\omega^j)=\lambda^{-1}f(\omega^{j-1}),

et une récurrence fournit

f(ωj)=λ−jf(1).f(\omega^j)=\lambda^{-j}f(1).

(b) La question 2 donne

τωn=τωn=τ1=Id⁡.\tau_\omega^n=\tau_{\omega^n}=\tau_1=\operatorname{Id}.

En appliquant cette identité à ff et en utilisant τωf=λf\tau_\omega f=\lambda f,

f=τωnf=λnf.f=\tau_\omega^nf=\lambda^nf.

Comme f≢0f\not\equiv0, on obtient λn=1\lambda^n=1. Il existe donc un unique k∈{0,…,n−1}k\in\{0,\ldots,n-1\} tel que

λ=ω−k.\lambda=\omega^{-k}.

Alors, pour z=ωjz=\omega^j,

f(z)=λ−jf(1)=ωkjf(1)=f(1)zk.f(z)=\lambda^{-j}f(1)=\omega^{kj}f(1)=f(1)z^k.

Avec c=f(1)≠0c=f(1)\neq0,

f(z)=czk.\boxed{f(z)=cz^k.}

(c) Pour a,z∈Una,z\in\mathbb U_n,

(τamk)(z)=mk(a−1z)=(a−1z)k=a−kzk=a−kmk(z).(\tau_am_k)(z)=m_k(a^{-1}z)=(a^{-1}z)^k=a^{-k}z^k=a^{-k}m_k(z).

Ainsi,

τamk=a−kmk.\boxed{\tau_am_k=a^{-k}m_k.}

Par conséquent, τa\tau_a transforme tout multiple cmkcm_k en ca−kmkca^{-k}m_k, qui appartient encore à la droite Cmk\mathbb C m_k. Sur cette droite, toute la translation est donc résumée par le seul scalaire a−ka^{-k}. C'est le contenu mathématique précis de l'expression « mode adapté aux translations ».

IV — Séparer les modes par une somme géométrique

  1. Si n∣rn\mid r, alors ωr=1\omega^r=1 et chaque terme vaut 11, donc
Sr=n.S_r=n.

Si n∤rn\nmid r, alors ωr≠1\omega^r\neq1. La somme géométrique donne

Sr=1−(ωr)n1−ωr=1−(ωn)r1−ωr=0.S_r=\frac{1-(\omega^r)^n}{1-\omega^r} =\frac{1-(\omega^n)^r}{1-\omega^r}=0.

Ainsi

Sr={n,n∣r,0,n∤r.\boxed{S_r=\begin{cases} n,&n\mid r,\\ 0,&n\nmid r. \end{cases}}

(a) Comme ∣z∣=1|z|=1, on a z‾=z−1\overline z=z^{-1}. Ainsi

mk(z)mℓ(z)‾=zkz−ℓ=zk−ℓ.m_k(z)\overline{m_\ell(z)}=z^kz^{-\ell}=z^{k-\ell}.

En écrivant z=ωjz=\omega^j,

∑z∈Unmk(z)mℓ(z)‾=∑j=0n−1ωj(k−ℓ).\sum_{z\in\mathbb U_n}m_k(z)\overline{m_\ell(z)} =\sum_{j=0}^{n-1}\omega^{j(k-\ell)}.

La question 4 donne nn si n∣(k−ℓ)n\mid(k-\ell) et 00 sinon. Comme k,ℓ∈{0,…,n−1}k,\ell\in\{0,\ldots,n-1\}, la première condition équivaut à k=ℓk=\ell.

(b) Supposons

∑k=0n−1ckmk(z)=0\sum_{k=0}^{n-1}c_km_k(z)=0

pour tout z∈Unz\in\mathbb U_n. Fixons ℓ\ell, multiplions par mℓ(z)‾\overline{m_\ell(z)} puis sommons sur zz :

0=∑k=0n−1ck∑z∈Unmk(z)mℓ(z)‾=ncℓ.0= \sum_{k=0}^{n-1}c_k \sum_{z\in\mathbb U_n}m_k(z)\overline{m_\ell(z)} =nc_\ell.

Donc cℓ=0c_\ell=0. Ceci vaut pour tout ℓ\ell, donc tous les coefficients sont nuls.

Éclairage. Si l'on pose ⟨f,g⟩=∑z∈Unf(z)g(z)‾\langle f,g\rangle=\sum_{z\in\mathbb U_n}f(z)\overline{g(z)}, la question 5(a) s'écrit ⟨mk,mℓ⟩=nδkℓ\langle m_k,m_\ell\rangle=n\delta_{k\ell}. C'est précisément la structure que le produit scalaire permet de systématiser : les modes sont orthogonaux.

V — Faire apparaître la transformée de Fourier

(a) Pour r,k∈{0,…,n−1}r,k\in\{0,\ldots,n-1\},

mr^(k)=∑z∈Unzrz−k=∑z∈Unzr−k.\widehat{m_r}(k)=\sum_{z\in\mathbb U_n}z^rz^{-k} =\sum_{z\in\mathbb U_n}z^{r-k}.

La question 4 donne donc

mr^(k)={n,r=k,0,r≠k.\boxed{\widehat{m_r}(k)=\begin{cases} n,&r=k,\\ 0,&r\neq k. \end{cases}}

(b) Pour z∈Unz\in\mathbb U_n,

1n∑k=0n−1f^(k)zk=1n∑k=0n−1∑y∈Unf(y)y−kzk.\frac1n\sum_{k=0}^{n-1}\widehat f(k)z^k =\frac1n\sum_{k=0}^{n-1}\sum_{y\in\mathbb U_n}f(y)y^{-k}z^k.

Les sommes étant finies, on peut les permuter :

1n∑y∈Unf(y)∑k=0n−1(zy)k.\frac1n\sum_{y\in\mathbb U_n}f(y) \sum_{k=0}^{n-1}\left(\frac zy\right)^k.

Or z/y∈Unz/y\in\mathbb U_n. D'après la question 4, la somme intérieure vaut nn si z/y=1z/y=1, c'est-à-dire si y=zy=z, et 00 sinon. Il ne reste donc que f(z)f(z) :

f(z)=1n∑k=0n−1f^(k)zk.\boxed{f(z)=\frac1n\sum_{k=0}^{n-1}\widehat f(k)z^k.}

(c) La formule d'inversion s'écrit

f=∑k=0n−1f^(k)n mk.f=\sum_{k=0}^{n-1}\frac{\widehat f(k)}n\,m_k.

Elle fournit l'existence d'une décomposition. L'unicité vient de la question 5(b). Le coefficient de mkm_k est donc exactement f^(k)/n\widehat f(k)/n.

Éclairage. La transformée n'a pas été introduite comme une formule arbitraire : elle mesure les composantes de ff selon les modes distingués par les translations. C'est à ce stade que l'indice kk prend le rôle d'un indice de fréquence.

VI — Les translations après transformée de Fourier

  1. Par définition,
τaf^(k)=∑z∈Unf(a−1z)z−k.\widehat{\tau_af}(k)=\sum_{z\in\mathbb U_n}f(a^{-1}z)z^{-k}.

La multiplication par a−1a^{-1} permute Un\mathbb U_n. Posons y=a−1zy=a^{-1}z, donc z=ayz=ay. Alors

τaf^(k)=∑y∈Unf(y)(ay)−k=a−k∑y∈Unf(y)y−k.\widehat{\tau_af}(k) =\sum_{y\in\mathbb U_n}f(y)(ay)^{-k} =a^{-k}\sum_{y\in\mathbb U_n}f(y)y^{-k}.

Ainsi

τaf^(k)=a−kf^(k).\boxed{\widehat{\tau_af}(k)=a^{-k}\widehat f(k).}

Dans les valeurs de ff, τa\tau_a permute les sommets ; dans les coefficients de Fourier, chaque fréquence est seulement multipliée par un facteur propre. Les fréquences ne se mélangent pas.

VII — Une identité de conservation

  1. On développe
∣f^(k)∣2=(∑z∈Unf(z)z−k)(∑y∈Unf(y)‾ yk),|\widehat f(k)|^2 =\left(\sum_{z\in\mathbb U_n}f(z)z^{-k}\right) \left(\sum_{y\in\mathbb U_n}\overline{f(y)}\,y^k\right),

car y−k‾=yk\overline{y^{-k}}=y^k pour ∣y∣=1|y|=1. En sommant sur kk puis en permutant les sommes finies,

∑k=0n−1∣f^(k)∣2=∑z,y∈Unf(z)f(y)‾∑k=0n−1(yz)k.\sum_{k=0}^{n-1}|\widehat f(k)|^2 =\sum_{z,y\in\mathbb U_n}f(z)\overline{f(y)} \sum_{k=0}^{n-1}\left(\frac yz\right)^k.

La question 4 annule la somme intérieure lorsque y≠zy\neq z et lui donne la valeur nn lorsque y=zy=z. Donc

∑k=0n−1∣f^(k)∣2=n∑z∈Un∣f(z)∣2.\boxed{\sum_{k=0}^{n-1}|\widehat f(k)|^2 =n\sum_{z\in\mathbb U_n}|f(z)|^2.}

C'est l'identité de Parseval pour la normalisation choisie.

Éclairage. Avec une transformée normalisée par 1/n1/\sqrt n, le facteur nn disparaîtrait : la transformation préserverait exactement la somme des carrés des modules. Le vocabulaire de norme et de produit scalaire donnera plus tard une formulation compacte de cette conservation.

VIII — Peut-on être concentré des deux côtés ?

(a) On part de

12∑i=1m∑j=1m(xi−xj)2≥0.\frac12\sum_{i=1}^m\sum_{j=1}^m(x_i-x_j)^2\geq0.

En développant,

12∑i,j(xi−xj)2=m∑j=1mxj2−(∑j=1mxj)2.\frac12\sum_{i,j}(x_i-x_j)^2 =m\sum_{j=1}^m x_j^2- \left(\sum_{j=1}^m x_j\right)^2.

D'où

(∑j=1mxj)2≤m∑j=1mxj2.\boxed{\left(\sum_{j=1}^m x_j\right)^2\leq m\sum_{j=1}^m x_j^2.}

Il s'agit aussi de Cauchy-Schwarz appliquée aux vecteurs (x1,…,xm)(x_1,\ldots,x_m) et (1,…,1)(1,\ldots,1).

(b) Comme ff est nulle hors de SS,

∣f^(k)∣=∣∑z∈Sf(z)z−k∣≤∑z∈S∣f(z)∣.|\widehat f(k)| =\left|\sum_{z\in S}f(z)z^{-k}\right| \leq\sum_{z\in S}|f(z)|.

La question 9(a), appliquée aux ∣S∣|S| nombres ∣f(z)∣|f(z)|, donne

(∑z∈S∣f(z)∣)2≤∣S∣∑z∈S∣f(z)∣2.\left(\sum_{z\in S}|f(z)|\right)^2 \leq |S|\sum_{z\in S}|f(z)|^2.

Ainsi

∣f^(k)∣2≤∣S∣∑z∈Un∣f(z)∣2.\boxed{|\widehat f(k)|^2\leq |S|\sum_{z\in\mathbb U_n}|f(z)|^2.}

(c) Puisque f^(k)=0\widehat f(k)=0 pour k∉Tk\notin T,

∑k=0n−1∣f^(k)∣2=∑k∈T∣f^(k)∣2.\sum_{k=0}^{n-1}|\widehat f(k)|^2 =\sum_{k\in T}|\widehat f(k)|^2.

La question 9(b), appliquée à chacun des ∣T∣|T| indices, donne

∑k∈T∣f^(k)∣2≤∣T∣ ∣S∣∑z∈Un∣f(z)∣2.\sum_{k\in T}|\widehat f(k)|^2 \leq |T|\,|S|\sum_{z\in\mathbb U_n}|f(z)|^2.

Or, par la question 8,

∑k=0n−1∣f^(k)∣2=n∑z∈Un∣f(z)∣2.\sum_{k=0}^{n-1}|\widehat f(k)|^2 =n\sum_{z\in\mathbb U_n}|f(z)|^2.

Comme f≢0f\not\equiv0, la somme ∑∣f(z)∣2\sum|f(z)|^2 est strictement positive. On peut donc simplifier :

∣S∣ ∣T∣≥n.\boxed{|S|\,|T|\geq n.}

Cette inégalité appartient à une famille de principes d'incertitude de Fourier formulés en termes de concentration ; des versions continues et discrètes ont notamment été étudiées en traitement du signal.

(d) Si ∣S∣=p|S|=p, alors p∣T∣≥np|T|\geq n, donc

∣T∣≥⌈np⌉.|T|\geq\left\lceil\frac np\right\rceil.

Symétriquement, si ∣T∣=q|T|=q, alors

∣S∣≥⌈nq⌉.|S|\geq\left\lceil\frac nq\right\rceil.

Ainsi une forte localisation exacte sur les sommets impose un étalement du support fréquentiel, et réciproquement. En particulier, p=1p=1 force ∣T∣=n|T|=n, tandis que q=1q=1 force ∣S∣=n|S|=n.

  1. Soit z0∈Unz_0\in\mathbb U_n et considérons f=1{z0}f=\mathbf1_{\{z_0\}}. Alors ∣supp⁡f∣=1|\operatorname{supp}f|=1 et
f^(k)=z0−k≠0\widehat f(k)=z_0^{-k}\neq0

pour tout kk, donc ∣supp⁡f^∣=n|\operatorname{supp}\widehat f|=n. Le produit vaut nn.

Pour une fonction constante non nulle f(z)=cf(z)=c, le support de ff a taille nn et

f^(k)=c∑z∈Unz−k.\widehat f(k)=c\sum_{z\in\mathbb U_n}z^{-k}.

La question 4 donne f^(0)=cn≠0\widehat f(0)=cn\neq0 et f^(k)=0\widehat f(k)=0 pour k≠0k\neq0. Le support fréquentiel a taille 11, et le produit vaut encore nn.

(a) Si ωaj=ωaℓ\omega^{aj}=\omega^{a\ell} avec 0≤j,ℓ≤b−10\leq j,\ell\leq b-1, alors n=abn=ab divise a(j−ℓ)a(j-\ell), donc b∣(j−ℓ)b\mid(j-\ell). Or ∣j−ℓ∣<b|j-\ell|<b, donc j=ℓj=\ell. Les bb éléments affichés sont distincts :

∣H∣=b.|H|=b.

(b) Comme f=1Hf=\mathbf1_H,

f^(k)=∑j=0b−1(ωaj)−k=∑j=0b−1(ω−ak)j.\widehat f(k)=\sum_{j=0}^{b-1}(\omega^{aj})^{-k} =\sum_{j=0}^{b-1}(\omega^{-ak})^j.

Or

ωa=e2iπ/b.\omega^a=e^{2i\pi/b}.

Si b∣kb\mid k, alors ω−ak=1\omega^{-ak}=1 et la somme vaut bb. Sinon, ω−ak\omega^{-ak} est une racine bb-ième de l'unité différente de 11, et la somme géométrique vaut 00. Donc

f^(k)={b,b∣k,0,b∤k.\boxed{\widehat f(k)=\begin{cases} b,&b\mid k,\\ 0,&b\nmid k. \end{cases}}

(c) ∣supp⁡f∣=∣H∣=b|\operatorname{supp}f|=|H|=b. Dans {0,…,ab−1}\{0,\ldots,ab-1\}, les multiples de bb sont

0,b,2b,…,(a−1)b,0,b,2b,\ldots,(a-1)b,

soit exactement aa indices. Ainsi

∣supp⁡f^∣=a,∣supp⁡f∣ ∣supp⁡f^∣=ab=n.|\operatorname{supp}\widehat f|=a, \qquad |\operatorname{supp}f|\,|\operatorname{supp}\widehat f|=ab=n.

L'inégalité est donc optimale, y compris pour des configurations intermédiaires entre « un seul sommet / toutes les fréquences » et « tous les sommets / une seule fréquence ».

Synthèse. La transformée de Fourier discrète n'a pas été postulée : les translations du groupe cyclique ont fait apparaître les fonctions zkz^k ; leur orthogonalité a fourni les coefficients ; l'inversion a montré qu'ils décrivent toute fonction ; Parseval a relié les deux descriptions ; le principe d'incertitude a enfin mesuré l'impossibilité de les rendre simultanément très localisées.

Ouverture. Dans la mécanique quantique continue, les représentations en position et en impulsion d'un état sont reliées par une transformée de Fourier. Le principe d'incertitude formulé par Heisenberg en 1927 exprime lui aussi une incompatibilité de localisation, mais il ne faut pas confondre les résultats : l'inégalité démontrée ici porte sur le nombre de composantes exactement non nulles dans un modèle fini ; les relations position-impulsion usuelles portent notamment sur des dispersions. Des relations d'incertitude spécifiquement adaptées à la transformée de Fourier discrète existent également en dimension finie.

Sources

[SOURCE] Joseph Fourier — Théorie analytique de la chaleur (1822). Lien direct [SOURCE] D. L. Donoho et P. B. Stark — Uncertainty Principles and Signal Recovery (1989). Lien direct [SOURCE] Werner Heisenberg — Über den anschaulichen Inhalt der quantentheoretischen Kinematik und Mechanik (1927). Lien direct [SOURCE] S. Massar et P. Spindel — Uncertainty Relation for the Discrete Fourier Transform (2008). Lien direct