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DM n°01 · CPGE scientifiques · PSI

Comparaisons par paires, projection orthogonale et cycles · Algèbre linéaire · Espaces euclidiens · Matrices · Projections orthogonales

Classements et cycles cachés

À partir de comparaisons deux à deux, ce DM de PSI construit une matrice d’incidence, recherche le meilleur score global par orthogonalité, puis sépare les cycles portés par des triangles de ceux qui leur échappent.

Temps indicatif
≈ 3 h
Chapitres
Algèbre linéaire · Espaces euclidiens · Matrices · Projections orthogonales

Objectifs

Ce que ce DM fait travailler

  • 01Traduire des données de comparaison en objets d’algèbre linéaire
  • 02Utiliser une décomposition orthogonale pour séparer une composante compatible d’une composante de cycle
  • 03Vérifier qu’un modèle ne dépend pas de choix arbitraires de représentation ou d’orientation
  • 04Interpréter dans le problème initial les sous-espaces obtenus et ce qu’ils mesurent

Notions

Notions utiles pour ce devoir

Ce problème mobilise notamment les notions suivantes.

  • Espaces vectoriels de dimension finie, noyau, image et rang
  • Matrices, transposée et produit scalaire canonique
  • Orthogonalité et projection orthogonale
  • Aucune connaissance préalable de théorie des graphes

Méthode

Comment l’utiliser

1. Chercher

Prévoir environ 3 h et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.

2. Rédiger

Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.

3. Comparer

Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.

Énoncé

Le devoir

Comparer des objets deux à deux ne conduit pas toujours à un classement cohérent : on peut préférer AA à BB, BB à CC, puis CC à AA. On cherche ici à distinguer ce qui peut être expliqué par des scores globaux de ce qui subsiste sous forme de cycles.

On appelle graphe fini simple non orienté un couple G=(V,E)G=(V,E) où

V={1,…,n}V=\{1,\ldots,n\}

et où EE est un ensemble de paires {i,j}\{i,j\} de sommets distincts. Deux sommets ii et jj sont adjacents lorsque {i,j}∈E\{i,j\}\in E. Une arête {i,j}\{i,j\} est dite incidente aux sommets ii et jj. Le degré d’un sommet est le nombre d’arêtes qui lui sont incidentes.

Un chemin est une suite de sommets (v0,…,vk)(v_0,\ldots,v_k) telle que {vr−1,vr}∈E\{v_{r-1},v_r\}\in E pour tout rr. Le graphe est connexe lorsque deux sommets quelconques peuvent être reliés par un chemin. Un cycle est un chemin fermé (v0,…,vk)(v_0,\ldots,v_k) avec k⩾3k\geqslant3, dans lequel v0,…,vk−1v_0,\ldots,v_{k-1} sont distincts et vk=v0v_k=v_0. Un cycle de longueur 33 est appelé un triangle.

On considère désormais un graphe fini simple connexe G=(V,E)G=(V,E) à nn sommets et mm arêtes. On fixe un ordre des arêtes. Pour chaque arête {i,j}\{i,j\}, on choisit arbitrairement un sens, noté i→ji\to j ou j→ij\to i ; ce choix ne fait que fixer des signes.

On note B∈Mn,m(R)B\in\mathcal M_{n,m}(\mathbb R) la matrice d’incidence définie ainsi : si l’arête ee est orientée de ii vers jj, sa colonne dans BB contient −1-1 en ligne ii, +1+1 en ligne jj et 00 ailleurs. Les coordonnées d’un vecteur de Rn\mathbb R^n sont indexées par les sommets et celles d’un vecteur de Rm\mathbb R^m par les arêtes.

I — Incidence et orthogonalité

  1. Soit ee une arête orientée de ii vers jj.

(a) Pour p∈Rnp\in\mathbb R^n, exprimer la coordonnée (B⊤p)e(B^\top p)_e en fonction de pip_i et pjp_j.

(b) Pour x∈Rmx\in\mathbb R^m, exprimer (Bx)i(Bx)_i à l’aide des coordonnées de xx portées par les arêtes incidentes au sommet ii.

  1. Déterminer ker⁡(B⊤)\ker(B^\top). En déduire le rang de BB puis la dimension de ker⁡B\ker B.

  2. Établir la décomposition orthogonale

Rm=Im⁡(B⊤)⊕⊥ker⁡B.\mathbb R^m=\operatorname{Im}(B^\top)\mathbin{\overset\perp\oplus}\ker B.

En déduire que, pour tout x∈Rmx\in\mathbb R^m, il existe un unique couple (g,c)(g,c) tel que

x=g+c,g∈Im⁡(B⊤),c∈ker⁡B.x=g+c, \qquad g\in\operatorname{Im}(B^\top), \qquad c\in\ker B.

Si g=B⊤pg=B^\top p, caractériser tous les vecteurs pp qui donnent le même vecteur gg.

II — Duels et meilleur score global

On dispose maintenant d’un vecteur y∈Rmy\in\mathbb R^m de comparaisons deux à deux. Si l’arête ee est orientée de ii vers jj, la quantité ye>0y_e>0 signifie que la comparaison avantage jj par rapport à ii ; la valeur absolue ∣ye∣|y_e| mesure l’intensité de cette comparaison.

Un système de scores p∈Rnp\in\mathbb R^n prédit sur l’arête i→ji\to j la différence pj−pip_j-p_i, c’est-à-dire la coordonnée correspondante de B⊤pB^\top p. On cherche donc à rendre

∥y−B⊤p∥2\|y-B^\top p\|^2

aussi petite que possible. Ajouter une même constante à tous les scores ne change aucune différence pj−pip_j-p_i ; la condition p1+⋯+pn=0p_1+\cdots+p_n=0 permettra de fixer cette liberté.

  1. Caractériser tous les minimisateurs de l’application
p⟼∥y−B⊤p∥2.p\longmapsto \|y-B^\top p\|^2.

En déduire qu’il existe un unique minimisateur vérifiant

p1+⋯+pn=0.p_1+\cdots+p_n=0.
  1. On pose
L=BB⊤.L=BB^\top.

Montrer que LL est symétrique et que p⊤Lp⩾0p^\top Lp\geqslant0 pour tout p∈Rnp\in\mathbb R^n. Déterminer ker⁡L\ker L et exprimer les coefficients de LL directement à partir du graphe.

  1. On inverse l’orientation d’une seule arête ee et, pour représenter les mêmes données, on remplace simultanément yey_e par −ye-y_e. Montrer que le minimisateur de somme nulle et la valeur minimale de ∥y−B⊤p∥\|y-B^\top p\| ne dépendent pas du choix initial des orientations.

III — Un exemple complet à quatre objets

On appelle graphe complet à quatre sommets, noté K4K_4, le graphe dont toute paire de sommets distincts forme une arête. On oriente chaque arête du plus petit indice vers le plus grand. Dans l’ordre

12, 13, 14, 23, 24, 34,12,\ 13,\ 14,\ 23,\ 24,\ 34,

on observe

y=(3,3,6,3,4,2)⊤.y=(3,3,6,3,4,2)^\top.
  1. Construire la matrice BB, puis déterminer le score pp de somme nulle qui minimise ∥y−B⊤p∥2\|y-B^\top p\|^2. Calculer l’écart
c=y−B⊤pc=y-B^\top p

ainsi que le rapport

∥c∥2∥y∥2.\frac{\|c\|^2}{\|y\|^2}.

Décrire les arêtes sur lesquelles cc est non nul et interpréter les signes obtenus dans le contexte des comparaisons.

IV — Triangles et cycles qui leur échappent

On revient au graphe général GG. On sélectionne qq triangles T1,…,TqT_1,\ldots,T_q et, pour chacun d’eux, on choisit un sens de parcours.

À chaque triangle TkT_k, on associe un vecteur ck∈Rmc_k\in\mathbb R^m : sur une arête du triangle il vaut +1+1 si le sens de parcours coïncide avec l’orientation choisie de l’arête, −1-1 dans le cas contraire, et il vaut 00 sur les autres arêtes. On rassemble ces vecteurs en colonnes dans

C=(c1⋯cq)∈Mm,q(R).C=\begin{pmatrix}c_1&\cdots&c_q\end{pmatrix}\in\mathcal M_{m,q}(\mathbb R).
  1. Montrer que BC=0BC=0. En posant
H=ker⁡B∩ker⁡(C⊤),H=\ker B\cap\ker(C^\top),

établir la décomposition orthogonale

Rm=Im⁡(B⊤)⊕⊥Im⁡C⊕⊥H.\mathbb R^m =\operatorname{Im}(B^\top) \mathbin{\overset\perp\oplus}\operatorname{Im}C \mathbin{\overset\perp\oplus}H.

En déduire une expression de dim⁡H\dim H en fonction de mm, nn et rg⁡C\operatorname{rg}C.

  1. Revenons à K4K_4. On sélectionne les quatre triangles 123123, 124124, 134134, 234234. Pour un triangle ijkijk avec i<j<ki<j<k, on choisit le sens
i→j→k→i.i\to j\to k\to i.

Déterminer rg⁡C\operatorname{rg}C et l’espace HH. Situer le vecteur cc de la question 7 dans la décomposition de la question 8.

  1. Considérons le graphe formé uniquement par les quatre arêtes du cycle
1−2−3−4−1,1-2-3-4-1,

sans diagonale. On les ordonne 12,23,34,1412,23,34,14 et on les oriente du plus petit indice vers le plus grand. Aucun triangle n’étant sélectionné, on prend Im⁡C={0}\operatorname{Im}C=\{0\}.

Déterminer HH et en exhiber un générateur explicite. Comparer ce résultat avec celui de la question 9.

  1. Pour un vecteur de comparaisons quelconque y∈Rmy\in\mathbb R^m, montrer qu’il existe une unique décomposition
y=g+t+h,y=g+t+h,

avec

g∈Im⁡(B⊤),t∈Im⁡C,h∈H.g\in\operatorname{Im}(B^\top), \qquad t\in\operatorname{Im}C, \qquad h\in H.

Si l’on impose g=B⊤pg=B^\top p avec p1+⋯+pn=0p_1+\cdots+p_n=0, que peut-on dire de pp ? Si l’on écrit t=Cαt=C\alpha avec α∈Rq\alpha\in\mathbb R^q, à quelle condition sur CC le vecteur α\alpha est-il unique ?

Interpréter finalement les trois composantes dans le problème de classement à partir de comparaisons deux à deux.

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