Devoir maison de mathématiques · Euclide, nombres de Fermat et facteurs premiers distincts
Prouver l’infinité des nombres premiers : forcer de nouveaux facteurs
Deux mécanismes pour prouver l’infinité des nombres premiers : la construction d’Euclide, puis les nombres de Fermat, leur coprimalité deux à deux et l’abstraction vers toute suite infinie d’entiers deux à deux premiers entre eux.
Objectifs
Ce que ce DM fait travailler
- Rédiger rigoureusement la démonstration d’Euclide sans supposer que le nombre construit est premier
- Établir une identité sur les nombres de Fermat et en déduire leur coprimalité deux à deux
- Exploiter des congruences pour montrer qu’un nombre de Fermat peut être composé
- Démontrer qu’une suite infinie d’entiers supérieurs à 1 deux à deux premiers entre eux force l’existence d’une infinité de nombres premiers
Notions
Notions utiles pour ce devoir
Ce problème mobilise notamment les notions suivantes.
- Divisibilité et nombres premiers
- PGCD et entiers premiers entre eux
- Congruences
- Raisonnement par récurrence
Méthode
Comment l’utiliser
Prévoir environ 2 h 30 et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.
Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.
Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.
Pour aller avec ce devoir
Énoncé
Le devoir
On sait depuis l'Antiquité qu'il existe une infinité de nombres premiers. Pourtant, les démonstrations ne consistent pas nécessairement à savoir produire explicitement le « nombre premier suivant ». Ce problème étudie deux mécanismes permettant de forcer l'apparition de facteurs premiers qui n'avaient encore jamais été rencontrés.
On pourra utiliser sans démonstration le résultat suivant : tout entier strictement supérieur à possède au moins un diviseur premier.
I — Sortir d'une liste finie
- Supposons, par l'absurde, qu'il n'existe qu'un nombre fini de nombres premiers, que l'on note . On pose
Attention : n'est pas nécessairement premier.
(a) Montrer que et, pour tout , déterminer le reste de la division de par .
(b) Justifier que possède un diviseur premier . Montrer que n'appartient pas à la liste .
(c) Conclure.
La construction précédente ne fabrique donc pas nécessairement un nombre premier : elle fabrique un entier dont au moins un facteur premier ne peut appartenir à la liste de départ. Par exemple,
Nous allons maintenant chercher à répéter ce phénomène au sein d'une même famille d'entiers.
II — Des nombres qui ne partagent pas leurs facteurs premiers
Pour tout entier , on définit le -ième nombre de Fermat par
- Calculer . Pour , on pose
Calculer , puis conjecturer une relation générale entre et .
-
Démontrer la relation conjecturée à la question précédente pour tout entier .
-
Soient et deux entiers tels que .
(a) À l'aide de la question précédente, montrer que .
(b) En déduire que et sont premiers entre eux.
La propriété précédente ne signifie absolument pas que tous les nombres de Fermat sont premiers. Le premier contre-exemple apparaît déjà pour .
- On remarque que
En exploitant ces deux égalités et en travaillant modulo , montrer que n'est pas premier.
Ainsi, ce ne sont pas les nombres eux-mêmes qui doivent être premiers. Ce qui compte est que leurs facteurs premiers ne puissent pas se retrouver dans deux termes différents.
III — Le mécanisme général
- Soit , et soient des entiers strictement supérieurs à , deux à deux premiers entre eux. Démontrer que le produit
possède au moins diviseurs premiers distincts.
- On considère maintenant une suite infinie d'entiers tels que pour tout , et dont les termes sont deux à deux premiers entre eux. Démontrer qu'il existe nécessairement une infinité de nombres premiers. Appliquer ce résultat à la suite des nombres de Fermat.
Bilan
La preuve d'Euclide et la construction fondée sur les nombres de Fermat ne cherchent pas à énumérer les nombres premiers. Dans la première, un entier auxiliaire force l'apparition d'un facteur premier absent d'une liste finie donnée. Dans la seconde, une famille entière d'entiers est construite de façon que deux termes distincts ne puissent partager aucun facteur premier. Dans les deux cas, c'est une contrainte de divisibilité qui oblige sans cesse de nouveaux nombres premiers à apparaître.
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