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DM n°02 · Lycée général · Seconde générale

Ensembles de nombres, inclusions et écritures trompeuses · Ensembles de nombres · Appartenance et inclusion · Écriture décimale

La véritable identité des nombres

Classer des nombres dans les ensembles usuels, distinguer appartenance et inclusion, justifier que les inclusions sont strictes, découvrir un raisonnement par l’absurde, puis étudier une écriture décimale infinie dont l’apparence est trompeuse.

Temps indicatif
≈ 1 h 30
Chapitres
Ensembles de nombres · Appartenance et inclusion · Écriture décimale

Objectifs

Ce que ce DM fait travailler

  • 01Distinguer l’appartenance d’un nombre à un ensemble et l’inclusion entre deux ensembles
  • 02Déterminer le plus petit ensemble contenant un nombre à partir de sa valeur plutôt que de son écriture
  • 03Justifier des inclusions entre ensembles de nombres et montrer qu’elles sont strictes
  • 04Construire un premier raisonnement par l’absurde à partir d’une situation guidée
  • 05Comprendre qu’une même valeur réelle peut être représentée par des écritures très différentes

Notions

Notions utiles pour ce devoir

Ce problème mobilise notamment les notions suivantes.

  • Calculs simples avec les fractions
  • Puissances de 10
  • Critère de divisibilité par 3
  • Racines carrées usuelles

Méthode

Comment l’utiliser

1. Chercher

Prévoir environ 1 h 30 et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.

2. Rédiger

Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.

3. Comparer

Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.

Énoncé

Le devoir

Un même nombre peut avoir plusieurs écritures et appartenir à plusieurs ensembles. Pour le classer correctement, il faut donc distinguer ce qu'il vaut de la forme sous laquelle il se présente. Les dernières questions conduisent à une écriture décimale infinie dont l'apparence est particulièrement trompeuse.

On utilise les notations usuelles N\mathbb N, Z\mathbb Z, D\mathbb D, Q\mathbb Q et R\mathbb R.

I - Éléments ou ensembles ?

  1. Parmi les affirmations suivantes, recopier celles qui sont vraies et corriger celles qui sont fausses en remplaçant uniquement le symbole lorsque c'est possible.
(a) 5N,(b) 5N,(c) {5}N,(d) {5}N,(e) NZ,(f) NZ,(g) 3D,(h) 2,5Z.\begin{array}{llll} \text{(a) }5\in\mathbb N, & \text{(b) }5\subseteq\mathbb N, & \text{(c) }\{5\}\subseteq\mathbb N, & \text{(d) }\{5\}\in\mathbb N,\\[1mm] \text{(e) }\mathbb N\in\mathbb Z, & \text{(f) }\mathbb N\subseteq\mathbb Z, & \text{(g) }-3\in\mathbb D, & \text{(h) }2{,}5\in\mathbb Z. \end{array}

Notation. ABA\subseteq B signifie que tout élément de AA appartient aussi à BB. Le symbole \subseteq autorise le cas où A=BA=B : il dit seulement que AA est inclus dans BB, sans affirmer que les deux ensembles sont différents.

  1. Ranger N\mathbb N, Z\mathbb Z, D\mathbb D, Q\mathbb Q et R\mathbb R par inclusion croissante. Écrire pour l'instant seulement des symboles \subseteq : on déterminera plus loin si ces inclusions sont strictes.

Un nombre est décimal s'il peut s'écrire a10n\dfrac{a}{10^n} avec aZa\in\mathbb Z et nNn\in\mathbb N. Un nombre est rationnel s'il peut s'écrire ab\dfrac{a}{b} avec aZa\in\mathbb Z et bZ{0}b\in\mathbb Z\setminus\{0\}.

  1. Les définitions précédentes permettent de justifier deux des inclusions de la question 2. Commençons par des exemples.

(a) Écrire 77 puis 4-4 sous la forme a10n\dfrac{a}{10^n} avec aZa\in\mathbb Z et nNn\in\mathbb N. Pourquoi ces deux entiers sont-ils donc aussi des nombres décimaux ?

(b) Soit maintenant mZm\in\mathbb Z. Compléter l'écriture m=10m=\dfrac{\ldots}{10^{\ldots}} de façon à montrer que tout entier est décimal. En déduire une inclusion.

(c) Le nombre 2,352{,}35 peut s'écrire 235100\dfrac{235}{100}. Expliquer pourquoi cette écriture montre aussi que 2,352{,}35 est rationnel.

(d) Plus généralement, si xDx\in\mathbb D, on peut écrire x=a10nx=\dfrac{a}{10^n} avec aZa\in\mathbb Z et nNn\in\mathbb N. Expliquer pourquoi cette écriture est aussi une écriture de xx comme quotient de deux entiers, puis en déduire une seconde inclusion.

II - Une écriture peut en cacher une autre

  1. Pour chacun des six nombres ci-dessous, procéder dans le même ordre.
A=4,00,B=49,C=720,D=58,E=8152,F=186.\begin{array}{lll} A=4{,}00, & B=-\sqrt{49}, & C=\dfrac{7}{20},\\[2mm] D=\dfrac{5}{8}, & E=\dfrac{\sqrt{81}-5}{2}, & F=-\dfrac{18}{6}. \end{array}

(a) Calculer sa valeur exacte lorsque l'écriture peut être simplifiée.

(b) À partir de cette valeur, indiquer tous les ensembles parmi N\mathbb N, Z\mathbb Z, D\mathbb D, Q\mathbb Q, R\mathbb R auxquels il appartient.

(c) Donner enfin le plus petit de ces ensembles qui le contient.

  1. Le nombre 4,004{,}00 est écrit avec une virgule. Expliquer pourquoi son plus petit ensemble n'est pourtant pas D\mathbb D.

III - Les frontières entre les ensembles

Inclusion stricte. On écrit ABA\subsetneq B lorsque ABA\subseteq B mais que AA et BB ne sont pas égaux. Lorsque l'on sait déjà que ABA\subseteq B, il suffit donc, pour montrer que l'inclusion est stricte, de trouver au moins un élément de BB qui n'appartient pas à AA.

  1. Utiliser cette définition pour montrer que les deux premières inclusions de la chaîne sont strictes.

(a) Trouver un nombre appartenant à Z\mathbb Z mais pas à N\mathbb N. Que peut-on en déduire pour N\mathbb N et Z\mathbb Z ?

(b) Trouver un nombre appartenant à D\mathbb D mais pas à Z\mathbb Z. Que peut-on en déduire pour Z\mathbb Z et D\mathbb D ?

  1. On sait que 13Q\dfrac13\in\mathbb Q. Cherchons maintenant s'il peut aussi appartenir à D\mathbb D.

Raisonnement par l'absurde. Nous allons imaginer provisoirement un autre monde dans lequel 13\dfrac13 serait décimal. Il ne s'agit pas d'affirmer que c'est vrai : on suit simplement les conséquences de cette hypothèse. Si ce monde conduit à deux conclusions incompatibles, alors l'hypothèse de départ ne peut pas être vraie.

(a) Dans ce monde provisoire, la définition d'un nombre décimal permet d'écrire 13=a10n\dfrac13=\dfrac{a}{10^n} avec aZa\in\mathbb Z et nNn\in\mathbb N. Multiplier cette égalité de façon à faire disparaître les deux dénominateurs. Quelle égalité obtient-on ?

(b) Que dit cette égalité sur la divisibilité de 10n10^n par 33 ?

(c) 10n10^n s'écrit en base dix comme un 11 suivi de nn zéros. À l'aide du critère de divisibilité par 33, déterminer si 10n10^n est divisible par 33. Comparer avec la réponse précédente.

(d) Les deux conclusions obtenues sont incompatibles. Que faut-il donc conclure sur l'hypothèse 13D\dfrac13\in\mathbb D ? En déduire une inclusion stricte entre D\mathbb D et Q\mathbb Q.

  1. On admet ici que 2\sqrt2 est irrationnel, c'est-à-dire 2Q\sqrt2\notin\mathbb Q. Expliquer pourquoi cela prouve que QR\mathbb Q\subsetneq\mathbb R. Écrire alors la chaîne complète des cinq ensembles avec des inclusions strictes et, pour chaque frontière, donner un nombre appartenant à l'ensemble de droite mais pas à celui de gauche.

IV - Une écriture infinie

Pour tout entier n1n\geq1, on note dnd_n le nombre décimal dont l'écriture comporte exactement nn chiffres 99 après la virgule :

d1=0,9,d2=0,99,d3=0,999,d_1=0{,}9,\qquad d_2=0{,}99,\qquad d_3=0{,}999,\qquad \ldots
  1. Construisons d'abord la formule donnant dnd_n.

(a) Écrire d1d_1, d2d_2 et d3d_3 sous forme de fractions de dénominateurs respectifs 1010, 100100 et 10001000, puis sous la forme 11- une fraction.

(b) À partir de ces trois exemples, proposer une formule donnant dnd_n en fonction de nn.

(c) L'entier formé de nn chiffres 99 vaut 10n110^n-1. Utiliser cette remarque pour démontrer la formule proposée à la question précédente.

  1. Observons maintenant l'écart entre dnd_n et 11.

(a) Calculer 1d11-d_1, 1d21-d_2, 1d31-d_3 et 1d61-d_6. Que représentent ces nombres ?

(b) Quel est le plus petit nombre de chiffres 99 nécessaire pour que l'écart avec 11 soit strictement inférieur à 10310^{-3} ? Même question avec 10610^{-6}.

(c) Plus généralement, soit p1p\geq1. À l'aide de la formule de la question 9, déterminer une condition simple sur nn qui assure 1dn<10p1-d_n<10^{-p}.

(d) En déduire que, si n>pn>p, alors 0<1dn<10p0<1-d_n<10^{-p}. Interpréter cette inégalité lorsque le nombre de chiffres 99 augmente.

Point de rigueur. Une démonstration entièrement rigoureuse de ce passage à une écriture décimale infinie demande de définir précisément ce que signifie poursuivre indéfiniment l'écriture. Cela s'appuie sur la notion de limite, étudiée dans les classes suivantes du lycée, en particulier en Terminale. On admet ici le principe suivant : quelle que soit la précision décimale fixée à l'avance, si toutes les troncatures suffisamment longues sont plus proches d'un réel que cette précision, alors l'écriture infinie désigne ce réel.

  1. Appliquer ce principe aux nombres dnd_n et déterminer la valeur exacte de
0,9990{,}999\ldots
  1. Indiquer tous les ensembles parmi N\mathbb N, Z\mathbb Z, D\mathbb D, Q\mathbb Q, R\mathbb R auxquels appartient 0,9990{,}999\ldots, puis donner son plus petit ensemble. Expliquer en une phrase pourquoi cet exemple montre qu'on ne peut pas classer un nombre d'après son apparence seule.

La valeur d'un nombre détermine ses appartenances ; son écriture n'est qu'une manière de le représenter.

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