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Corrigé détaillé · L3

Mesure de Lebesgue, Borel–Cantelli et exposant d’irrationalité · Limsup d’ensembles · Mesure de Lebesgue · Borel–Cantelli · Approximation diophantienne

Jusqu’à quelle précision peut-on approcher un réel par des fractions ?

Après avoir cherché le sujet, comparez votre démarche avec cette correction et repérez les écarts de méthode, de précision ou de rédaction.

I — Appartenir à une infinité d’ensembles

(a) Par définition,

x∈lim sup⁡An  ⟺  ∀N≥1,x∈⋃n≥NAn.x\in\limsup A_n \iff \forall N\ge1,\quad x\in\bigcup_{n\ge N}A_n.

Cela équivaut à

∀N≥1,∃n≥N tel que x∈An.\forall N\ge1,\quad \exists n\ge N\text{ tel que }x\in A_n.

Autrement dit, les indices nn tels que x∈Anx\in A_n ne sont pas bornés. Il y en a donc une infinité. Réciproquement, si xx appartient à une infinité de AnA_n, alors, pour tout NN, l’un de ces indices est supérieur ou égal à NN, donc x∈⋃n≥NAnx\in\bigcup_{n\ge N}A_n. Ainsi

x∈lim sup⁡An  ⟺  x appartient aˋ une infiniteˊ de An.\boxed{x\in\limsup A_n\iff x\text{ appartient à une infinité de }A_n.}

(b) On a

BN=⋃n≥NAn.B_N=\bigcup_{n\ge N}A_n.

Quand NN augmente, on retire éventuellement des ensembles de l’union, donc

BN+1⊂BN.B_{N+1}\subset B_N.

La suite (BN)(B_N) est décroissante et

⋂N≥1BN=⋂N≥1⋃n≥NAn=lim sup⁡An.\bigcap_{N\ge1}B_N = \bigcap_{N\ge1}\bigcup_{n\ge N}A_n = \limsup A_n.
  1. Chaque BNB_N est mesurable comme union dénombrable d’ensembles mesurables. Par sous-additivité dénombrable,
ν(BN)=ν ⁣(⋃n≥NAn)≤∑n≥Nν(An).\nu(B_N) =\nu\!\left(\bigcup_{n\ge N}A_n\right) \le\sum_{n\ge N}\nu(A_n).

L’hypothèse

∑n=1∞ν(An)<+∞\sum_{n=1}^{\infty}\nu(A_n)<+\infty

implique en particulier

ν(B1)≤∑n=1∞ν(An)<+∞.\nu(B_1)\le\sum_{n=1}^{\infty}\nu(A_n)<+\infty.

La suite (BN)(B_N) étant décroissante et le premier terme ayant une mesure finie, la continuité décroissante s’applique :

ν ⁣(lim sup⁡An)=ν ⁣(⋂N≥1BN)=lim⁡N→∞ν(BN).\nu\!\left(\limsup A_n\right) = \nu\!\left(\bigcap_{N\ge1}B_N\right) = \lim_{N\to\infty}\nu(B_N).

Or

0≤ν(BN)≤∑n≥Nν(An),0\le\nu(B_N)\le\sum_{n\ge N}\nu(A_n),

et le reste d’une série convergente à termes positifs tend vers 00. Par encadrement,

ν(lim sup⁡An)=0.\boxed{\nu(\limsup A_n)=0.}

II — Mesurer les approximations à l’échelle q−τq^{-\tau}

(a) Pour p∈Zp\in\mathbb Z, posons

Ip,q(τ)=(pq−q−τ,pq+q−τ).I_{p,q}(\tau) = \left(\frac pq-q^{-\tau},\frac pq+q^{-\tau}\right).

Alors

Eq(τ)=[0,1]∩⋃p∈ZIp,q(τ).E_q(\tau) =[0,1]\cap\bigcup_{p\in\mathbb Z}I_{p,q}(\tau).

Chaque Ip,q(τ)I_{p,q}(\tau) est ouvert, l’union est dénombrable, donc elle est borélienne. Son intersection avec [0,1][0,1] est encore borélienne. Ainsi Eq(τ)E_q(\tau) est un borélien.

(b) Supposons que Ip,q(τ)I_{p,q}(\tau) rencontre [0,1][0,1]. Il existe donc x∈[0,1]x\in[0,1] tel que

∣x−pq∣<q−τ.\left|x-\frac pq\right|<q^{-\tau}.

Comme q≥2q\ge2 et τ>0\tau>0, on a q−τ<1q^{-\tau}<1. Par conséquent

−1<pq<2,-1<\frac pq<2,

d’où, a fortiori,

−q≤p≤2q.\boxed{-q\le p\le2q.}

(c) Seuls les entiers p∈{−q,−q+1,…,2q}p\in\{-q,-q+1,\ldots,2q\} peuvent intervenir. Ils sont au nombre de 3q+13q+1. Chaque intervalle Ip,q(τ)I_{p,q}(\tau) a longueur 2q−τ2q^{-\tau}. Par sous-additivité,

λ(Eq(τ))≤(3q+1) 2q−τ.\lambda(E_q(\tau)) \le (3q+1)\,2q^{-\tau}.

Comme q≥1q\ge1,

2(3q+1)≤8q,2(3q+1)\le8q,

donc

λ(Eq(τ))≤2(3q+1)q−τ≤8q1−τ.\boxed{\lambda(E_q(\tau))\le2(3q+1)q^{-\tau}\le8q^{1-\tau}.}

(a) La série s’écrit

∑q=2∞1qτ−1.\sum_{q=2}^{\infty}\frac1{q^{\tau-1}}.

C’est une série de Riemann. Elle converge exactement lorsque

τ−1>1,\tau-1>1,

c’est-à-dire lorsque

τ>2.\boxed{\tau>2.}

(b) Fixons τ>2\tau>2. D’après la question 3,

∑q=2∞λ(Eq(τ))≤8∑q=2∞q1−τ<+∞.\sum_{q=2}^{\infty}\lambda(E_q(\tau)) \le8\sum_{q=2}^{\infty}q^{1-\tau}<+\infty.

La première partie du lemme de Borel–Cantelli, démontrée à la question 2, donne

λ ⁣(lim sup⁡q→∞Eq(τ))=0.\lambda\!\left(\limsup_{q\to\infty}E_q(\tau)\right)=0.

Or appartenir à ce limsup signifie appartenir à Eq(τ)E_q(\tau) pour une infinité de dénominateurs qq. Pour un qq fixé, il n’y a qu’un nombre fini d’entiers pp susceptibles de vérifier l’inégalité pour un x∈[0,1]x\in[0,1]. Ainsi

lim sup⁡q→∞Eq(τ)=Wτ.\limsup_{q\to\infty}E_q(\tau)=W_\tau.

Par conséquent

λ(Wτ)=0.\boxed{\lambda(W_\tau)=0.}

(c) Fixons τ>2\tau>2. Comme λ(Wτ)=0\lambda(W_\tau)=0, pour presque tout x∈[0,1]x\in[0,1] on a x∉Wτx\notin W_\tau. Par définition de WτW_\tau, cela signifie qu’il n’existe qu’un nombre fini de couples (p,q)∈Z×N∗(p,q)\in\mathbb Z\times\mathbb N^* tels que

∣x−pq∣<q−τ.\left|x-\frac pq\right|<q^{-\tau}.

Ainsi, pour tout τ>2\tau>2 fixé, cette inégalité n’a qu’un nombre fini de solutions pour presque tout x∈[0,1]x\in[0,1].

L’ordre des quantificateurs est important : à ce stade, l’ensemble exceptionnel peut dépendre de τ\tau. La partie IV construira un même ensemble négligeable permettant de traiter simultanément tous les exposants strictement supérieurs à 22.

III — L’exposant 22 apparaît pour tout irrationnel

  1. Partageons [0,1)[0,1) en les NN intervalles
[kN,k+1N),k=0,…,N−1.\left[\frac{k}{N},\frac{k+1}{N}\right), \qquad k=0,\ldots,N-1.

Les N+1N+1 parties fractionnaires

{0x},{x},…,{Nx}\{0x\},\{x\},\ldots,\{Nx\}

sont réparties dans seulement NN intervalles. Par le principe des tiroirs, deux d’entre elles, disons {rx}\{rx\} et {sx}\{sx\} avec 0≤r<s≤N0\le r<s\le N, appartiennent au même intervalle. Elles vérifient donc

∣{sx}−{rx}∣<1N.|\{sx\}-\{rx\}|<\frac1N.

Écrivons

sx=⌊sx⌋+{sx},rx=⌊rx⌋+{rx}.sx=\lfloor sx\rfloor+\{sx\}, \qquad rx=\lfloor rx\rfloor+\{rx\}.

En posant

q=s−retp=⌊sx⌋−⌊rx⌋,q=s-r \qquad\text{et}\qquad p=\lfloor sx\rfloor-\lfloor rx\rfloor,

on obtient 1≤q≤N1\le q\le N et

∣qx−p∣=∣{sx}−{rx}∣<1N.|qx-p| =|\{sx\}-\{rx\}| <\frac1N.

En divisant par q>0q>0,

∣x−pq∣<1qN.\left|x-\frac pq\right| <\frac1{qN}.

Comme q≤Nq\le N,

1qN≤1q2.\frac1{qN}\le\frac1{q^2}.

Ainsi

∣x−pq∣<1qN≤1q2.\boxed{\left|x-\frac pq\right|<\frac1{qN}\le\frac1{q^2}.}

(a) Pour chaque q∈{1,…,Q}q\in\{1,\ldots,Q\}, le nombre qxqx est irrationnel, donc n’est pas entier. Sa distance à Z\mathbb Z est atteinte par un entier le plus proche et elle est strictement positive :

min⁡p∈Z∣qx−p∣>0.\min_{p\in\mathbb Z}|qx-p|>0.

On prend ensuite le minimum d’un nombre fini de nombres strictement positifs. Il reste strictement positif :

δQ>0.\boxed{\delta_Q>0.}

(b) Fixons Q≥1Q\ge1. Choisissons un entier NN tel que

N>Qet1N<δQ.N>Q \qquad\text{et}\qquad \frac1N<\delta_Q.

La question 5 fournit des entiers p,qp,q avec 1≤q≤N1\le q\le N et

∣qx−p∣<1N<δQ.|qx-p|<\frac1N<\delta_Q.

Si l’on avait q≤Qq\le Q, la définition de δQ\delta_Q imposerait au contraire

∣qx−p∣≥δQ,|qx-p|\ge\delta_Q,

ce qui est impossible. Donc q>Qq>Q. La question 5 donne aussi

∣x−pq∣<1q2.\boxed{\left|x-\frac pq\right|<\frac1{q^2}.}

(c) La question précédente permet, pour chaque QQ, de trouver une telle approximation avec q>Qq>Q. Les dénominateurs obtenus sont donc non bornés ; il y a en particulier une infinité d’approximations rationnelles distinctes vérifiant

∣x−pq∣<1q2.\boxed{\left|x-\frac pq\right|<\frac1{q^2}.}

IV — Mesurer la qualité d’approximation d’un irrationnel

(a) La question 6 montre que l’exposant 22 appartient à l’ensemble dont on prend le supremum dans la définition de μ(x)\mu(x). Ainsi, pour tout irrationnel xx,

μ(x)≥2.\boxed{\mu(x)\ge2.}

(b) Supposons qu’il existe une infinité de couples (p,q)(p,q) tels que

∣x−pq∣<q−τ.\left|x-\frac pq\right|<q^{-\tau}.

Si 0<s<τ0<s<\tau, alors, pour tout q≥1q\ge1,

q−τ≤q−s.q^{-\tau}\le q^{-s}.

Les mêmes couples satisfont donc

∣x−pq∣<q−s.\left|x-\frac pq\right|<q^{-s}.

Il y en a encore une infinité.

(a) Pour chaque m≥1m\ge1, on a 2+1/m>22+1/m>2. La question 4 donne donc

λ(Fm)=λ(W2+1/m)=0.\lambda(F_m)=\lambda(W_{2+1/m})=0.

Une union dénombrable d’ensembles négligeables est négligeable, car

λ(F)≤∑m=1∞λ(Fm)=0.\lambda(F) \le\sum_{m=1}^{\infty}\lambda(F_m)=0.

Ainsi

λ(F)=0.\boxed{\lambda(F)=0.}

(b) Soit x∈[0,1]∖Fx\in[0,1]\setminus F irrationnel et supposons μ(x)>2\mu(x)>2. Par définition du supremum, l’ensemble des exposants admissibles ne peut pas être contenu dans (0,2](0,2] ; il existe donc un exposant τ>2\tau>2 pour lequel

∣x−pq∣<q−τ\left|x-\frac pq\right|<q^{-\tau}

admet une infinité de solutions.

Choisissons mm assez grand pour que

2+1m<τ.2+\frac1m<\tau.

D’après la question 7(b), xx possède alors une infinité d’approximations d’exposant 2+1/m2+1/m. Ainsi

x∈W2+1/m=Fm⊂F,x\in W_{2+1/m}=F_m\subset F,

ce qui contredit x∉Fx\notin F. Par conséquent

μ(x)≤2.\boxed{\mu(x)\le2.}

(c) Pour tout irrationnel x∈[0,1]∖Fx\in[0,1]\setminus F, les questions 7(a) et 8(b) donnent

2≤μ(x)≤2,2\le\mu(x)\le2,

donc μ(x)=2\mu(x)=2.

Il reste seulement à tenir compte des rationnels. L’ensemble Q∩[0,1]\mathbb Q\cap[0,1] est dénombrable, donc négligeable. L’ensemble exceptionnel

F∪(Q∩[0,1])F\cup(\mathbb Q\cap[0,1])

est donc négligeable. Ainsi

μ(x)=2pour presque tout x∈[0,1].\boxed{\mu(x)=2\quad\text{pour presque tout }x\in[0,1].}

La définition de μ\mu n’a pas besoin d’être étendue aux rationnels pour obtenir cet énoncé presque partout.

(a) Soit k∈Zk\in\mathbb Z. Pour tous p∈Zp\in\mathbb Z et q≥1q\ge1,

∣(x+k)−pq∣=∣x−p−kqq∣.\left|(x+k)-\frac pq\right| = \left|x-\frac{p-kq}{q}\right|.

L’application p↦p−kqp\mapsto p-kq est une bijection de Z\mathbb Z pour chaque qq. Les exposants pour lesquels il existe une infinité d’approximations sont donc exactement les mêmes pour xx et x+kx+k. Ainsi

μ(x+k)=μ(x).\boxed{\mu(x+k)=\mu(x).}

(b) Pour k∈Zk\in\mathbb Z, notons NkN_k l’ensemble exceptionnel dans [k,k+1][k,k+1]. Par translation entière et par la question précédente, NkN_k est le translaté d’un ensemble négligeable de [0,1][0,1] ; il est donc négligeable. Or

R=⋃k∈Z[k,k+1].\mathbb R=\bigcup_{k\in\mathbb Z}[k,k+1].

L’ensemble de tous les réels exceptionnels est contenu dans l’union dénombrable des NkN_k, donc il est négligeable. Finalement,

μ(x)=2pour presque tout reˊel x.\boxed{\mu(x)=2\quad\text{pour presque tout réel }x.}

Ouverture facultative — Des nombres exceptionnellement bien approchés

(a) Un nombre de Liouville possède en particulier une infinité d’approximations vérifiant

0<∣x−pq∣<q−3.0<\left|x-\frac pq\right|<q^{-3}.

Si k=⌊x⌋k=\lfloor x\rfloor, le calcul de la question 9(a) donne x−k∈W3x-k\in W_3, donc x∈k+W3x\in k+W_3. L’ensemble des nombres de Liouville est ainsi contenu dans ⋃k∈Z(k+W3)\bigcup_{k\in\mathbb Z}(k+W_3), qui est négligeable par invariance par translation de la mesure de Lebesgue et stabilité par réunion dénombrable. Il est donc de mesure nulle.

(b) Posons

LN=∑j=1N10−j!.L_N=\sum_{j=1}^{N}10^{-j!}.

C’est un rationnel que l’on peut écrire

LN=pNqN,qN=10N!,L_N=\frac{p_N}{q_N}, \qquad q_N=10^{N!},

sans exiger que cette écriture soit irréductible. De plus,

0<L−LN=∑j=N+1∞10−j!.0<L-L_N=\sum_{j=N+1}^{\infty}10^{-j!}.

Pour N≥1N\ge1, les exposants (N+1)!,(N+2)!,…(N+1)!, (N+2)!,\ldots croissent au moins d’une unité à chaque terme, donc

L−LN<2 10−(N+1)!.L-L_N <2\,10^{-(N+1)!}.

Fixons un entier n≥1n\ge1. Pour NN assez grand, par exemple N≥nN\ge n, on a

2 10−(N+1)!<10−nN!=qN−n.2\,10^{-(N+1)!} <10^{-nN!} =q_N^{-n}.

Ainsi, pour tout nn, les troncatures LNL_N fournissent, pour une infinité de NN, des approximations rationnelles telles que

0<∣L−pNqN∣<qN−n.0<\left|L-\frac{p_N}{q_N}\right|<q_N^{-n}.

Le nombre LL est irrationnel puisque son développement décimal comporte des chiffres 11 à des positions arbitrairement éloignées, séparés par des blocs de zéros de longueur non bornée, donc n’est pas périodique à partir d’un certain rang. Par conséquent

L est un nombre de Liouville.\boxed{L\text{ est un nombre de Liouville}.}

(c) Écrivons r=a/br=a/b avec a∈Za\in\mathbb Z et b≥1b\ge1. Fixons n≥1n\ge1. Comme xx est de Liouville, il possède, pour des exposants arbitrairement grands, des approximations rationnelles. En particulier, on peut choisir une approximation p/qp/q telle que

q>bnet0<∣x−pq∣<q−(n+1).q>b^n \qquad\text{et}\qquad 0<\left|x-\frac pq\right|<q^{-(n+1)}.

On peut imposer q>bnq>b^n car ces dénominateurs sont non bornés : s’ils étaient tous inférieurs à un entier QQ, il n’y aurait que finitement de valeurs de qq et, pour chacune, seulement un nombre fini de numérateurs pp possibles, contradiction.

Alors

pq+ab=bp+aqbq\frac pq+\frac ab=\frac{bp+aq}{bq}

et

0<∣x+r−bp+aqbq∣<q−(n+1).0<\left|x+r-\frac{bp+aq}{bq}\right| <q^{-(n+1)}.

Puisque q>bnq>b^n,

q−(n+1)<b−nq−n=(bq)−n.q^{-(n+1)}<b^{-n}q^{-n}=(bq)^{-n}.

On obtient donc des approximations d’exposant nn de x+rx+r. En répétant l’argument avec des dénominateurs arbitrairement grands, il y en a une infinité. Ainsi x+rx+r est encore un nombre de Liouville.

Comme LL est de Liouville, tous les nombres

L+r,r∈Q,L+r,\qquad r\in\mathbb Q,

sont de Liouville. Or L+QL+\mathbb Q est dense dans R\mathbb R puisque Q\mathbb Q l’est. L’ensemble des nombres de Liouville est donc dense dans R\mathbb R et de mesure nulle.