DM n°03 · Université · L3
Mesure de Lebesgue, Borel–Cantelli et exposant d’irrationalité · Limsup d’ensembles · Mesure de Lebesgue · Borel–Cantelli · Approximation diophantienne
Jusqu’à quelle précision peut-on approcher un réel par des fractions ?
Un problème de L3 qui mesure la précision d’une approximation rationnelle par la comparaison entre l’erreur |x-p/q| et les puissances q^{-τ}. Après une preuve élémentaire du premier lemme de Borel–Cantelli et une estimation de mesure des voisinages rationnels, un argument de Dirichlet par principe des tiroirs conduit au seuil 2 : tout irrationnel atteint l’erreur 1/q² une infinité de fois, tandis que presque tout réel n’atteint aucun exposant strictement supérieur une infinité de fois. Le problème aboutit à μ(x)=2 presque partout et s’ouvre sur les nombres de Liouville.
- Temps indicatif
- ≈ 3 h à 3 h 30
- Chapitres
- Limsup d’ensembles · Mesure de Lebesgue · Borel–Cantelli · Approximation diophantienne
Objectifs
Ce que ce DM fait travailler
- 01Interpréter un limsup d’ensembles comme un événement se produisant une infinité de fois
- 02Déduire un ensemble négligeable d’une sommabilité de mesures par Borel–Cantelli
- 03Estimer la mesure d’ensembles définis par des voisinages rationnels
- 04Articuler une propriété valable pour tout irrationnel avec une propriété valable presque partout
- 05Maîtriser les quantificateurs dans la définition d’un exposant d’approximation
Notions
Notions utiles pour ce devoir
Ce problème mobilise notamment les notions suivantes.
- Boréliens de la droite réelle et mesure de Lebesgue
- Sous-additivité dénombrable d’une mesure
- Continuité croissante et décroissante des mesures
- Ensembles négligeables et propriété vraie presque partout
- Séries numériques usuelles à termes positifs
Méthode
Comment l’utiliser
Prévoir environ 3 h à 3 h 30 et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.
Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.
Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.
Énoncé
Le devoir
Pour une fraction qui approche un réel , l’erreur est . Mais une petite erreur n’a de sens qu’en tenant compte du dénominateur : lorsque grandit, on peut naturellement espérer gagner en précision. Nous comparerons donc l’erreur à des puissances . Plus est grand, plus la condition est exigeante. La question est alors précise : quels exposants peuvent être atteints une infinité de fois, et que se passe-t-il pour presque tout réel au sens de la mesure de Lebesgue ?
Dans tout le problème, désigne la mesure de Lebesgue. On pourra utiliser les propriétés usuelles des mesures : monotonie, sous-additivité dénombrable et continuité croissante ou décroissante lorsqu’elle s’applique.
I — Appartenir à une infinité d’ensembles
Soit une suite de parties mesurables d’un espace mesuré . On définit
(a) Montrer que si et seulement si appartient à une infinité d’ensembles .
(b) En posant
étudier le sens de variation de la suite et identifier son intersection.
- Supposons que
Montrer que
On veillera à justifier précisément l’emploi de la continuité décroissante de la mesure.
IDÉECe résultat est la première partie du lemme de Borel–Cantelli. Il ne demande aucune hypothèse d’indépendance entre les ensembles.
II — Mesurer les approximations à l’échelle
Pour et , on pose
(a) Montrer que est un borélien de .
(b) Montrer que, si l’intervalle
rencontre , alors .
(c) En déduire que
(a) Déterminer les valeurs de pour lesquelles la série
converge.
(b) Pour , on note
Montrer que .
(c) Déduire que, pour tout fixé, pour presque tout , il n’existe qu’un nombre fini de couples tels que
III — L’exposant apparaît pour tout irrationnel
Pour , on note sa partie fractionnaire.
- Soient et un entier. En considérant les nombres
et une partition de en intervalles de même longueur, montrer qu’il existe des entiers et tels que
En déduire
- On suppose désormais irrationnel.
(a) Pour , on pose
Montrer que .
(b) En choisissant convenablement dans la question 5, montrer que, pour tout , il existe une approximation telle que
(c) En déduire que tout irrationnel possède une infinité d’approximations rationnelles satisfaisant
IV — Mesurer la qualité d’approximation d’un irrationnel
Pour un irrationnel , on définit son exposant d’irrationalité par
avec la convention qu’un supremum non borné vaut .
(a) Montrer que pour tout irrationnel .
(b) Si un irrationnel admet une infinité d’approximations avec un exposant , montrer qu’il en admet aussi une infinité avec tout exposant vérifiant .
- Pour , on pose
(a) Montrer que est négligeable.
(b) Soit irrationnel. Montrer que l’hypothèse conduit à une contradiction.
(c) Conclure que
pour presque tout .
IDÉELe passage par la suite dénombrable d’exposants est essentiel : une union non dénombrable d’ensembles négligeables n’est pas nécessairement négligeable.
(a) Montrer que, pour tout entier et tout irrationnel ,
(b) En déduire finalement que
Ouverture facultative — Des nombres exceptionnellement bien approchés
On appelle nombre de Liouville tout irrationnel tel que, pour tout entier , l’inégalité
admet une infinité de solutions .
(a) Montrer que l’ensemble des nombres de Liouville est de mesure nulle.
(b) On pose
Montrer que est un nombre de Liouville.
(c) Montrer que, si est un nombre de Liouville et , alors est encore un nombre de Liouville. En déduire que l’ensemble des nombres de Liouville est dense dans .
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