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CPGE scientifiquesPCSI≈ 2 h 30

Devoir maison de mathématiques · Marche aléatoire sur le cube : symétries et temps d’atteinte

Une marche aléatoire dans un cube

Sur les huit sommets d’un cube, un marcheur choisit à chaque étape l’une des trois arêtes issues de sa position. Les symétries réduisent pourtant le problème à quatre distances : cette compression permet d’obtenir une loi exacte aux instants impairs puis, par un raisonnement sur le premier pas, le temps moyen pour atteindre le sommet opposé.

Géométrie dans l’espaceProbabilités conditionnellesVariables aléatoires et espéranceSuites et récurrencesDénombrement et symétries

Objectifs

Ce que ce DM fait travailler

  • Modéliser les sommets et les arêtes d’un cube avec des coordonnées
  • Réduire un problème à huit sommets à quatre états grâce aux symétries du cube
  • Établir et résoudre une récurrence pour une probabilité de position après n étapes
  • Construire des équations de temps moyen par un raisonnement sur le premier pas
  • Déterminer exactement le temps moyen nécessaire pour atteindre le sommet opposé

Avant de commencer

Prérequis utiles

Il n’est pas nécessaire de tout maîtriser parfaitement, mais ces notions doivent être déjà connues pour que le devoir reste un travail de raisonnement plutôt qu’un rattrapage de cours.

  • Coordonnées et distances dans l’espace
  • Probabilités conditionnelles et formule des probabilités totales
  • Variables aléatoires discrètes et espérance
  • Suites géométriques et relations de récurrence simples
  • Dénombrement élémentaire

Méthode

Comment l’utiliser

1. Chercher

Prévoir environ 2 h 30 et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.

2. Rédiger

Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.

3. Comparer

Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.

Pour aller avec ce devoir

Énoncé en ligne

Le problème, directement en HTML

Le contenu ci-dessous reprend le sujet du devoir. La version PDF reste disponible pour l’impression et le travail hors ligne ; le corrigé reste séparé pour préserver une vraie phase de recherche.

Un marcheur se déplace uniquement sur les sommets d’un cube. À chaque étape, il choisit au hasard l’une des trois arêtes issues du sommet où il se trouve, chacune avec la probabilité 1/31/3, indépendamment des choix précédents, puis rejoint l’autre extrémité de cette arête.

On place le cube dans un repère orthonormé : ses sommets ont pour coordonnées les triplets (x,y,z)(x,y,z) avec x,y,z{0,1}x,y,z\in\{0,1\}. Le marcheur part du sommet

O=(0,0,0)O=(0,0,0)

et l’on s’intéresse au sommet opposé

S=(1,1,1).S=(1,1,1).

On note XnX_n le sommet occupé après nn étapes, avec X0=OX_0=O. Aucune théorie des chaînes de Markov ou des graphes n’est supposée : tout ce qui sera utilisé sera construit à partir du cube, des probabilités conditionnelles et des suites.

I — Huit sommets, mais seulement quatre distances

  1. Soit V=(x,y,z)V=(x,y,z) un sommet du cube.

(a) Justifier que deux sommets sont reliés par une arête si et seulement si leurs coordonnées diffèrent exactement en une position. En déduire qu’à chaque étape le marcheur choisit l’une des trois coordonnées et remplace 00 par 11, ou 11 par 00.

(b) On note δ(V)\delta(V) le nombre minimal d’arêtes à parcourir pour aller de OO à VV. Montrer que

δ(V)=x+y+z.\delta(V)=x+y+z.

(c) Montrer que la distance euclidienne OVOV vérifie

OV=δ(V).OV=\sqrt{\delta(V)}.

Ainsi, la distance en nombre d’arêtes à OO découpe aussi les sommets du cube en couches géométriques autour de OO.

  1. Pour k{0,1,2,3}k\in\{0,1,2,3\}, on pose
Ck={V sommet du cubeδ(V)=k}.\mathcal C_k=\{V\text{ sommet du cube}\mid \delta(V)=k\}.

(a) Déterminer explicitement les quatre ensembles C0,C1,C2,C3\mathcal C_0,\mathcal C_1,\mathcal C_2,\mathcal C_3 et leurs nombres d’éléments.

(b) Une permutation des trois coordonnées (x,y,z)(x,y,z) laisse le cube inchangé et fixe OO ainsi que SS. Montrer que, pour chaque kk, deux sommets quelconques de Ck\mathcal C_k se déduisent l’un de l’autre par une telle permutation.

(c) Expliquer pourquoi, pour étudier la marche relativement à OO et à SS, les sommets d’une même couche peuvent être traités de la même façon. C’est le premier gain de symétrie : les huit sommets vont pouvoir être regroupés en quatre états.

  1. On pose désormais
Dn=δ(Xn).D_n=\delta(X_n).

Supposons que Dn=kD_n=k.

(a) Montrer que le sommet XnX_n possède exactement kk coordonnées égales à 11 et 3k3-k coordonnées égales à 00.

(b) En déduire les probabilités conditionnelles

P(Dn+1=k1Dn=k)=k3,\mathbb P(D_{n+1}=k-1\mid D_n=k)=\frac{k}{3},

et

P(Dn+1=k+1Dn=k)=3k3.\mathbb P(D_{n+1}=k+1\mid D_n=k)=\frac{3-k}{3}.

(c) Écrire explicitement les transitions possibles depuis chacun des quatre niveaux 0,1,2,30,1,2,3, avec leurs probabilités.

II — Où est le marcheur après nn étapes ?

  1. La variable DnD_n ne peut prendre que les valeurs 0,1,2,30,1,2,3.

(a) Montrer qu’à chaque étape sa valeur augmente ou diminue de 11. En déduire que DnD_n a toujours la même parité que nn.

(b) Déterminer la loi de D2D_2, puis celle de D3D_3. En déduire

P(X3=S)=29.\mathbb P(X_3=S)=\frac{2}{9}.

(c) Retrouver cette probabilité par un raisonnement de dénombrement : parmi les 333^3 suites possibles de trois choix de coordonnées, combien conduisent de OO à SS ?

  1. Pour k0k\geqslant0, on définit
qk=P(X2k+1=S).q_k=\mathbb P(X_{2k+1}=S).

À un instant impair, la parité montre que le marcheur se trouve nécessairement dans C1\mathcal C_1 ou dans C3={S}\mathcal C_3=\{S\}.

(a) Si le marcheur est dans C1\mathcal C_1, calculer la probabilité qu’il soit dans C3\mathcal C_3 deux étapes plus tard.

(b) S’il est dans C3\mathcal C_3, calculer la probabilité qu’il soit à nouveau dans C3\mathcal C_3 deux étapes plus tard.

(c) À l’aide de la formule des probabilités totales, établir la relation de récurrence

qk+1=29+19qk.q_{k+1}=\frac{2}{9}+\frac{1}{9}q_k.

Déterminer aussi q0q_0.

  1. La récurrence précédente contient déjà toute l’évolution aux instants impairs.

(a) Montrer que la suite définie par

vk=qk14v_k=q_k-\frac14

est géométrique, puis en déduire que, pour tout k0k\geqslant0,

qk=14(119k).q_k=\frac14\left(1-\frac{1}{9^k}\right).

(b) Donner une formule de P(Xn=S)\mathbb P(X_n=S) valable pour tout entier n0n\geqslant0, en distinguant selon la parité de nn.

(c) Vérifier en particulier la valeur obtenue pour n=3n=3, calculer P(X5=S)\mathbb P(X_5=S), puis déterminer la limite de P(X2k+1=S)\mathbb P(X_{2k+1}=S) lorsque kk tend vers l’infini.

(d) Aux instants impairs, les quatre sommets accessibles sont les trois sommets de C1\mathcal C_1 et le sommet SS. Utiliser la symétrie pour interpréter la limite précédente. La suite complète (P(Xn=S))\bigl(\mathbb P(X_n=S)\bigr) converge-t-elle lorsque nn tend vers l’infini ?

III — Être au sommet opposé, ou l’atteindre pour la première fois

  1. On note TT le nombre d’étapes nécessaires pour atteindre SS pour la première fois :
T=min{n0Xn=S}.T=\min\{n\geqslant0\mid X_n=S\}.

(a) Montrer que T3T\geqslant3 et que TT est nécessairement impair.

(b) Expliquer pourquoi P(T=3)=2/9\mathbb P(T=3)=2/9, mais pourquoi, pour un instant ultérieur, la probabilité P(Xn=S)\mathbb P(X_n=S) ne représente pas en général la probabilité d’atteindre SS pour la première fois à l’instant nn.

(c) Si le marcheur se trouve dans Ck\mathcal C_k, montrer qu’il existe un chemin de longueur 3k3-k qui conduit directement à SS. En déduire que, quel que soit un sommet de départ différent de SS, la probabilité d’atteindre SS au cours des trois prochaines étapes est au moins 1/271/27.

Dans la suite, on admettra que cette observation suffit à garantir que le nombre moyen d’étapes avant d’atteindre SS est fini.

  1. Pour k{0,1,2,3}k\in\{0,1,2,3\}, on note mkm_k le nombre moyen d’étapes supplémentaires nécessaires pour atteindre SS lorsque le marcheur se trouve dans un sommet de Ck\mathcal C_k. La question 2 justifie que ce nombre ne dépend que de kk, et non du sommet précis de la couche.

(a) Justifier que m3=0m_3=0. En examinant uniquement le premier pas effectué depuis chacune des couches C0,C1,C2\mathcal C_0,\mathcal C_1,\mathcal C_2, établir

m0=1+m1,m_0=1+m_1, m1=1+13m0+23m2,m_1=1+\frac13m_0+\frac23m_2,

et

m2=1+23m1.m_2=1+\frac23m_1.

Dans chaque égalité, expliquer le rôle du terme 11.

(b) Résoudre ce système et déterminer m0,m1,m2m_0,m_1,m_2.

(c) En déduire la valeur exacte de E(T)\mathbb E(T) lorsque le marcheur part de OO.

Le cube possède huit sommets, mais ses symétries ont ramené toute la marche à quatre couches. La parité a encore réduit l’étude à deux états aux instants impairs, puis les mêmes quatre couches ont suffi pour calculer un temps moyen de première atteinte. La géométrie n’était donc pas un décor : c’est elle qui a rendu les probabilités calculables exactement.

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