Dérivation en Première spécialité : tangente, dérivée et variations
La dérivation relie une variation locale à la pente d’une tangente, puis transforme cette information en outil pour étudier les variations d’une fonction.
Niveau : Première spécialité maths
Du taux de variation au nombre dérivé
Entre deux points d’abscisses a et a+h, le taux de variation de f vaut
hf(a+h)−f(a).
Géométriquement, c’est la pente d’une sécante à la courbe. Lorsque h devient très petit, cette pente approche celle de la tangente au point d’abscisse a. Le nombre obtenu est le nombre dérivéf′(a).
En Première, cette idée est travaillée à la fois par le calcul, le graphique et des interprétations concrètes : vitesse instantanée, coût marginal ou pente locale selon le contexte.
Faire approcher la sécante de la tangente
Faites varier h. Le point A est fixe ; le point B se déplace sur la parabole. La sécante passe par A et B tant que ces points sont distincts.
Courbe y = x²Tangente en ASécante AB
Pour h = 0,8, la pente de la sécante vaut 2 + h = 2,8, car [((1 + h)² − 1) / h] = 2 + h.
Justification pour f(x)=x2 au point a=1. Pour h=0, on obtient
h(1+h)2−1=2+h.
Ce quotient tend vers 2 lorsque h tend vers 0, ce qui prouve que f′(1)=2. À h=0, le quotient lui-même n'est pas défini : c'est sa limite qui donne le nombre dérivé.
Tangente et approximation linéaire
La tangente à la courbe de f au point d’abscisse a a pour équation
y=f(a)+f′(a)(x−a).
Près de a, la courbe et sa tangente sont proches. On peut donc utiliser
f(a+h)≈f(a)+f′(a)h
pour obtenir une approximation simple. Cette formule donne du sens à la dérivée : localement, une fonction dérivable se comporte presque comme une fonction affine.
Calculer une fonction dérivée
Le programme demande de connaître les dérivées de fonctions de référence et d’utiliser les règles pour les sommes, produits, inverses et quotients dans des cas adaptés. Le calcul doit rester lié à la structure de l’expression : il faut reconnaître la règle pertinente avant de l’appliquer.
Par exemple, si f(x)=x3−4x, alors f′(x)=3x2−4. Le signe de cette nouvelle fonction va ensuite renseigner sur les variations de f.
De la dérivée aux variations
Sur un intervalle, une dérivée positive correspond à une fonction croissante et une dérivée négative à une fonction décroissante. Étudier le signe de f′ permet donc de construire un tableau de variations, de repérer des extrémums et de résoudre des problèmes d’optimisation.
Il faut éviter le raccourci « f′(a)=0, donc il y a forcément un maximum ou un minimum ». Une dérivée nulle donne un candidat ; c’est le changement de signe ou l’étude des variations qui permet de conclure.
Ce qui sera approfondi en Terminale
La Première installe la dérivation locale, les fonctions dérivées usuelles et leur lien avec les variations. La Terminale ajoute notamment la dérivée des fonctions composées, la dérivée seconde et la convexité. Bien maîtriser tangente, règles de calcul et tableaux de signes est donc la base avant ces prolongements.
Pour mettre la notion en pratique
Des DM qui réutilisent cette notion
Des problèmes où cette notion intervient dans un raisonnement plus long, parfois à un niveau ultérieur.
Agrégation interne · ≈ 4 h 30
Méthode de Newton : convergence locale et contre-exemples
Un problème progressif de préparation à l’agrégation interne : à partir de la géométrie des tangentes pour x² − 2, on construit la méthode de Newton, on établit des critères de convergence et des estimations d’erreur, puis on analyse par des contre-exemples la portée exacte des résultats obtenus.
Convergences simple et uniforme des suites de fonctions
Une même famille de fonctions permet de comparer convergence point par point et contrôle uniforme, puis d’étudier ce que l’uniformité autorise pour la continuité, l’intégration et la dérivation. Le problème mène enfin au critère de Cauchy uniforme et à la convergence uniforme sur tout compact.
Étudier une quantité soumise à une décroissance exponentielle et à des apports réguliers, passer du modèle discret au modèle continu, puis introduire des oublis aléatoires et faire apparaître le rôle de la moyenne.
Une fonction continue partout et dérivable nulle part
Construire pas à pas la fonction de Takagi et démontrer, avec des outils accessibles en Terminale spécialité, qu’elle est continue en tout réel mais dérivable en aucun point.
Une dimension fractale détecte l’infinité des nombres premiers
Un DM de L3 inspiré de la preuve de Kota Saito : les étudiants construisent la dimension supérieure de boîte, démontrent son comportement sous produit, calculent la dimension de l’ensemble {1/n}, puis transforment la factorisation des entiers en contradiction géométrique pour prouver l’infinité des nombres premiers. Un prolongement facultatif généralise le calcul à {n^{-α}}.
Un ensemble peut-il être grand sans contenir aucun intervalle ?
Un problème de L3 de théorie de la mesure qui part de l'ensemble triadique de Cantor, calcule sa mesure nulle tout en établissant sa non-dénombrabilité, puis épaissit la construction jusqu'à un Cantor gras de mesure 1/2 et à des fermés d'intérieur vide de mesure prescrite. La dernière partie construit la fonction de Cantor comme limite uniforme de fonctions continues croissantes et montre, sans outil avancé d'intégration, qu'elle est non constante tout en vérifiant F'=0 presque partout.