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DM n°01 · Lycée général · Terminale · spécialité maths

Du modèle discret au modèle continu · Suites · Fonction exponentielle · Dérivation · Probabilités conditionnelles · Variables aléatoires · Second degré · Algorithmique

Doses répétées

Étudier une quantité soumise à une décroissance exponentielle et à des apports réguliers, passer du modèle discret au modèle continu, puis introduire des oublis aléatoires et faire apparaître le rôle de la moyenne.

Temps indicatif
≈ 3 h 30
Chapitres
Suites · Fonction exponentielle · Dérivation · Probabilités conditionnelles · Variables aléatoires · Second degré · Algorithmique

Objectifs

Ce que ce DM fait travailler

  • 01Modéliser une évolution soumise à des effets répétés et relier description discrète et description continue
  • 02Interpréter une somme géométrique comme accumulation de contributions successives
  • 03Enrichir un modèle déterministe par de l’aléatoire en mobilisant probabilités conditionnelles et variables aléatoires
  • 04Comprendre le rôle de l’espérance comme valeur centrale dans un problème d’erreur quadratique

Notions

Notions utiles pour ce devoir

Ce problème mobilise notamment les notions suivantes.

  • Suites géométriques et sommes
  • Fonction exponentielle et dérivation
  • Probabilités conditionnelles et arbres pondérés
  • Variables aléatoires : espérance, variance et écart type
  • Boucle while en Python

Méthode

Comment l’utiliser

1. Chercher

Prévoir environ 3 h 30 et garder une trace des essais, y compris ceux qui échouent.

2. Rédiger

Écrire une solution justifiée avant d’ouvrir le corrigé, même si certaines questions restent incomplètes.

3. Comparer

Repérer les différences de méthode, de précision et de rédaction plutôt que seulement les résultats.

Énoncé

Le devoir

Ce problème part d'une situation simple : une quantité diminue au cours du temps et reçoit, à des instants réguliers, des apports fixes. Nous allons étudier cette même situation à l'aide de plusieurs modèles, chacun adapté à une question précise : une suite pour suivre les valeurs juste après les apports, une fonction exponentielle pour décrire l'évolution entre deux apports, puis un modèle probabiliste lorsque certains apports peuvent être oubliés. L'un des objectifs du problème est de comprendre comment ces descriptions se complètent : la suite donnera une vue discrète de l'évolution, tandis que l'exponentielle permettra de comprendre d'où vient sa relation de récurrence.

En l'absence de nouvel apport, si la quantité vaut Q0Q_0 à un instant pris comme origine, alors, tt heures plus tard, elle vaut

Q(t)=Q0e−t/10.Q(t)=Q_0e^{-t/10}.

Un apport est programmé toutes les 5 heures. Lorsqu'il a lieu, il ajoute instantanément 40 unités à la quantité alors présente.

Sur les 5 heures qui séparent deux horaires d'apport, la décroissance précédente correspond au coefficient multiplicateur e−5/10=e−1/2e^{-5/10}=e^{-1/2}. On pose donc

q=e−1/2.q=e^{-1/2}.

Autrement dit, entre l'instant immédiatement après un apport et l'instant juste avant l'horaire suivant, la quantité est multipliée par qq.

I — Accumulation : un modèle discret

Dans cette première partie, tous les apports ont lieu. On prend comme origine l'instant où le premier apport vient d'être effectué : la quantité vaut alors 40. Pour n≥0n\ge 0, on note unu_n la quantité présente immédiatement après le (n+1)(n+1)-ième apport. Ainsi,

u0=40.u_0=40.

Pour passer de unu_n à un+1u_{n+1}, on part donc de la quantité présente juste après un apport, on laisse s'écouler 5 heures de décroissance, puis on ajoute les 40 unités de l'apport suivant.

  1. Calculer u1u_1, u2u_2 puis u3u_3. Pour ces calculs, on utilisera l'arrondi à 10−110^{-1} de qq.

Jusqu'à la fin de cette partie, on conservera cette valeur arrondie.

  1. En s'aidant des données de l'énoncé, justifier la relation de récurrence
un+1=qun+40.u_{n+1}=qu_n+40.
  1. On cherche une quantité LL qui resterait inchangée d'un apport au suivant.

(a) Résoudre l'équation

L=qL+40.L=qL+40.

(b) On pose vn=un−Lv_n=u_n-L. Montrer que (vn)(v_n) est géométrique, puis établir

un=L(1−qn+1).u_n=L\left(1-q^{n+1}\right).

(c) Montrer que, pour tout n≥0n\ge 0,

un=40(1+q+⋯+qn).u_n=40\left(1+q+\cdots+q^n\right).

Pour n=3n=3, expliquer ce que représentent concrètement les quatre termes 4040, 40q40q, 40q240q^2 et 40q340q^3. Généraliser cette interprétation à unu_n.

  1. Montrer que un<Lu_n<L pour tout nn, puis que la suite (un)(u_n) est croissante. On admet ici que qnq^n tend vers 00 lorsque 0<q<10<q<1. Déterminer la valeur vers laquelle se rapprochent les quantités immédiatement après les apports.

  2. On note wnw_n la quantité présente immédiatement avant l'apport suivant.

(a) Exprimer wnw_n en fonction de unu_n, puis montrer que

wn=un+1−40.w_n=u_{n+1}-40.

(b) Déterminer les deux valeurs vers lesquelles se rapprochent respectivement les quantités juste après et juste avant un apport.

Le programme suivant reprend le modèle numérique de cette partie. Il cherche le premier rang à partir duquel la quantité unu_n est à moins de ε\varepsilon unité de la valeur d'équilibre LL.

q = 0.6
L = 40/(1-q)

def rang(eps):
    n = 0
    u = 40
    while ........................:
        u = ........................
        n = ........................
    return n

(a) Compléter les trois lignes à trous du programme.

(b) Déterminer, par calculs successifs ou à l'aide de la formule de unu_n, la valeur renvoyée par rang(1).

II — Entre deux apports : le modèle continu

À partir de cette partie, on ne conserve plus l'approximation numérique q=0,6q=0{,}6 utilisée dans la partie I. On revient au modèle initial exact :

q=e−1/2.q=e^{-1/2}.

Les notations unu_n et LL désignent donc ici les valeurs correspondant à ce modèle exact, avec

L=401−q.L=\frac{40}{1-q}.

Pendant les 5 heures qui suivent le (n+1)(n+1)-ième apport, on note

Cn(t)=une−t/10,0≤t≤5.C_n(t)=u_ne^{-t/10},\qquad 0\le t\le 5.
  1. Calculer Cn′(t)C_n'(t) et étudier le sens de variation de CnC_n sur [0;5][0;5]. Retrouver ainsi les quantités maximale et minimale observées pendant cet intervalle.

  2. Vérifier les deux relations

Cn(5)=qunetun+1=Cn(5)+40.C_n(5)=qu_n \qquad\text{et}\qquad u_{n+1}=C_n(5)+40.

Expliquer pourquoi le graphique global de la quantité en fonction du temps est constitué d'arcs exponentiels décroissants séparés par des sauts de 40 unités.

  1. Lorsque le régime est stabilisé, la quantité juste après un apport est proche de LL.

(a) Écrire la fonction qui décrit alors approximativement la quantité durant un intervalle de 5 heures.

(b) Déterminer l'équation de sa tangente au temps t=0t=0.

(c) Utiliser cette tangente pour approcher la quantité une heure après l'apport. Comparer avec la valeur donnée par le modèle exponentiel en exprimant les deux résultats comme des multiples de LL.

III — Deux oublis possibles : probabilités conditionnelles

Dans les trois dernières parties, on adopte de nouveau le modèle numérique simplifié

q=0,6,L=401−0,6=100.q=0{,}6,\qquad L=\frac{40}{1-0{,}6}=100.

À l'instant t=0t=0, un apport vient d'être effectué et la quantité vaut donc 100100. Deux nouveaux apports sont prévus aux instants t=5t=5 h et t=10t=10 h, mais chacun peut être oublié.

On note :

  • AA : « l'apport prévu à t=5t=5 h est effectué », avec P(A)=0,90P(A)=0{,}90 ;
  • BB : « l'apport prévu à t=10t=10 h est effectué ».

On suppose

P(B∣A)=0,95,P(B∣A‾)=0,75.P(B\mid A)=0{,}95, \qquad P(B\mid \overline A)=0{,}75.
  1. Construire l'arbre pondéré correspondant. En déduire les probabilités des quatre événements
A∩B,A∩B‾,A‾∩B,A‾∩B‾.A\cap B,\qquad A\cap\overline B,\qquad \overline A\cap B,\qquad \overline A\cap\overline B.
  1. Calculer P(B)P(B). Les événements AA et BB sont-ils indépendants ? Justifier.

IV — Une quantité aléatoire

On note XX la quantité présente immédiatement après l'horaire t=10t=10 h. Entre deux horaires successifs, la quantité est multipliée par 0,60{,}6 ; lorsqu'un apport est effectué, 40 unités sont ajoutées.

  1. En partant de la quantité 100100 à l'instant t=0t=0, montrer que
A∩B⟹X=100,A∩B‾⟹X=60,A‾∩B⟹X=76,A‾∩B‾⟹X=36.\begin{aligned} A\cap B&\Longrightarrow X=100,\\ A\cap\overline B&\Longrightarrow X=60,\\ \overline A\cap B&\Longrightarrow X=76,\\ \overline A\cap\overline B&\Longrightarrow X=36. \end{aligned}
  1. Donner la loi de XX. Calculer, à 10−210^{-2} près,

(a) son espérance μ=E(X)\mu=E(X) ;

(b) sa variance V(X)V(X) ;

(c) son écart type σ(X)\sigma(X).

Comparer E(X)E(X) à la valeur 100100 correspondant aux deux apports effectués.

V — Pourquoi la moyenne apparaît naturellement

On conserve la notation μ=E(X)\mu=E(X). Si XX prend les valeurs xix_i avec les probabilités pip_i, on note

E(X2)=∑ipixi2.E(X^2)=\sum_i p_ix_i^2.

Pour un réel aa, on définit

F(a)=E((X−a)2)=∑ipi(xi−a)2.F(a)=E\left((X-a)^2\right)=\sum_i p_i(x_i-a)^2.

Cette quantité mesure l'erreur quadratique moyenne commise lorsqu'on résume la valeur aléatoire XX par le nombre fixe aa.

  1. En partant de la loi de XX, montrer que
F(a)=a2−2μa+E(X2).F(a)=a^2-2\mu a+E(X^2).
  1. En repartant de la définition
V(X)=∑ipi(xi−μ)2,V(X)=\sum_i p_i(x_i-\mu)^2,

montrer d'abord que

V(X)=E(X2)−μ2.V(X)=E(X^2)-\mu^2.

En déduire

F(a)=(a−μ)2+V(X).F(a)=(a-\mu)^2+V(X).

Pour quelle valeur de aa l'erreur quadratique moyenne est-elle minimale ? Quelle est alors sa valeur minimale ?

\color{ABRose}\rule{18mm}{1pt}\hspace{2mm}\color{ABRule}\rule{100mm}{0.45pt}

Ce devoir a étudié une même situation à l'aide de plusieurs modèles, chacun répondant à une question différente. La suite (un)(u_n) décrit l'évolution d'un horaire d'apport au suivant ; la fonction exponentielle précise ce qui se passe pendant les 5 heures qui les séparent ; les probabilités permettent ensuite de tenir compte de l'incertitude sur la réalisation des apports. Ces descriptions ne sont donc pas juxtaposées : elles se complètent pour répondre à des questions différentes sur la même situation.

Le dernier résultat donne en plus un sens précis à l'espérance. Si l'on veut remplacer une valeur aléatoire par un seul nombre et que l'on mesure l'erreur par le carré de l'écart, l'espérance est exactement le nombre qui rend l'erreur moyenne la plus petite. Autrement dit, aucun autre nombre fixe ne représente mieux la variable aléatoire pour ce critère. C'est une première explication mathématique du rôle particulier que joue la moyenne lorsqu'on cherche à résumer des données incertaines.

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